Laurent Bonadei a surpris son monde en plaçant Sandy Baltimore, latérale gauche alors que Perle Morroni avait été appelée dans ce groupe, habituée au poste à San Diego, 27 ans. Elle présentait les garanties pour tenir la place que Selma Bacha avait laissé sur blessure. Second choix, celui de mettre, latérale droite, la jeune lyonnaise, Alice Sombath, qui habituellement joue défenseure centrale, positionnée à gauche.

Dans les faits, Sandy Baltimore, excellente à Chelsea dans ce poste quand Sonia Bompastor lui demande, a mangé l’herbe du stade Auguste Delaune de Reims, face à sa coéquipière de club, la suédoise Johanna Rytting Kaneryd, excellente. Alice Sombath n’a jamais dédoublé avec Delphine Cascarino, pour percer à droite.

Pauline Peyraud Magnin n’est pas la meilleure gardienne du monde mais elle est toujours présente quand s’annonce le combat. Ce qu’elle a fait dans ce match qui le demandait. Alice Sombath n’est pas une joueuse de couloir quand le jeu du très haut niveau le demande. Elle ne s’est pas fait violence pour le faire et a tenu son poste droit comme on joue en défense centrale. Bloquer l’adversaire quand il y a le feu. Est-ce suffisant ? La paire centrale Griedge MBock et Maëlle Lakrar est une paire qui analyse le jeu adverse mais ne peut rien quand cela va vite ou trop vite. Ils leur manquent ce petit plus qui rend la France inviolable. A droite, Sandy Baltimore a passé une mauvaise soirée, comme Perle Morroni, entrée, ne commençant à reprendre ses esprits qu’après l’égalisation suédoise.

Dans cette configuration et sur ce match, les Bleues défensives n’ont jamais dépassé leurs fonctions.

Au milieu, Sakina Karchaoui a joué un rôle de 8 plutôt que de 10. Meilleure joueuse de la rencontre, elle a énormément défendu, activé la première transition, remonté les ballons et s’est plus perdue dans ces tentatives de 10, soit pour être trop basse, soit pour des transversales en jeu long, lues par l’adversaire.

Je pense qu’on touche à son vrai rôle, qui ne la fait monter que d’un cran, puisque latérale gauche pendant de nombreuses années. De toute manière, elle a du mal en dix, faute de marquer (5 buts seulement à son crédit). Il faut cependant qu’elle trouve une excellente animation offensive, qu’on a pas vu. A voir, si Anaële Le Moguédec ou Clara Mateo, ne pourraient pas être celles-là.

Grace Geyoro est souvent transparente dans les rencontres internationales. Cela a été le cas, elle ne semble pas vouloir prendre une dimension plus importante malgré ses 105 sélections au compteur. Une attitude qu’on peut comprendre d’Oriane Jean-François, 19 sélections, mais qui restera un problème si, dans ces grands matches, alors que joueuse de Chelsea, prétendante au titre européen et meilleur club anglais, on ne voit pas plus de présence sur le terrain.

Le milieu a manqué de moteurs.

Sur le plan offensif, Laurent Bonadei a fait le choix de Melvine Malard au lieu de Clara Mateo. Certains le discuteront mais la réussite européenne de la première avec Manchester lui donnait une priorité dans un match international face au 3e mondial. Sauf qu’à ce niveau, la jeune française a manqué de placements et de courses pour poser des problèmes à des suédoises, tactiquement au point. Elle est donc passée inaperçue sur le plan offensif. Ce qui n’est pas le cas de Kadidiatou Diani, au physique impressionnant, sauf que la française, la plus expérimentée des onze sur le terrain (120 sélections), n’est pas spécialement une buteuse. On l’a vu dans ses tentatives qu’il lui manquait l’instinct du tueur. Delphine Cascarino comme Sandy Baltimore ont fait l’objet d’une analyse technique qui a fait le tour de la planète football. Se mettre dans sa course, devant elle quand elle part en duel, et la ralentir du plus possible. Terminus, la formule 1 devient une Renault 5 électrique, belle à voir jouer mais avec un impact bien plus faible. Et comme à droite, les balles françaises viennent aussi souvent que le 31 décembre d’une année à une autre. L’ex lyonnaise, devient de plus en plus calme, au fil du temps.

A mon sens, il faut un meilleur équilibre dynamique au milieu. Ou alors tenter le 4-4-2 d’Hidalgo avec trois milieux de terrain offensifs et un gros défensif.

C’est donc le lot d’une équipe limitée mais perfectible face à une Suède dont la 22, Elma Junttila Nelhage est appelée à faire très mal en défense. Anna Sandberg, latérale est limitée mais montre que les suédoises savent appliquer des consignes, ce qui est une qualité. Kosovare Asllani s’est incroyablement améliorée et à 36 ans, joue juste et précis. Johanna Rytting Kaneryd peut être de la folie à droite.