Le troisième acte de la Women’s Champions League a livré son verdict avec des fortunes diverses pour les clubs français : l’Olympique Lyonnais affirme sa domination habituelle, le Paris FC continue son baptême du feu formateur, tandis que le Paris Saint-Germain est plongé dans la pénombre européenne (16e sur 18).
Le malaise Parisien : quand le « Jeu » ne mène nulle part
Le constat est brutal : le PSG joue au football, alors que Manchester United fait un match.
Cette défaite face aux Red Devils est la troisième consécutive en Europe (après Wolfsburg et le Real Madrid), laissant le club avec un zéro pointé et une 16e place sur 18. Une situation qui les condamne à une autre réalité sur les trois prochaines confrontations (Bayern Munich, OH Leuven, Benfica).
Et, plus le temps avance, à un exploit pour espérer se hisser dans les douze. Par exemple, très rapidement, le 30 novembre, face au Bayern Munich.
Le malaise est palpable, jusque dans les réactions. L’expression de dégoût affichée par Griedge M’Bock et Jackie Groenen après les questions légitimes de la « femme du terrain » de l’Equipe TV (diffuseur de Manchester United-PSG) sur la prestation parisienne en dit long sur le décalage : les joueuses se concentrent-elles sur des points que les observateurs, eux, ne voient pas ? Et surtout, ont-elles raison ?
Le paradoxe des statistiques et la réalité du terrain
Devant l’écran, la domination de Manchester United, surtout en seconde période, a été criante. Une emprise totale des Anglaises, validée par un but dévastateur de Rölfo (58′, 2-1) après avoir fait circuler le ballon à leur guise.
Pourtant, les statistiques officielles de l’UEFA dressent un portrait trompeur : 57% de possession pour le PSG, 34 attaques à 23, 8 corners à 2.
Le fond du problème : Les Parisiennes touchent la balle, se la passent, mais sans jamais créer de finalité dangereuse. À l’inverse, les Anglaises ont fait preuve d’une efficacité dans les zones créatives et leur main mise est bien plus significative. Le second but en est l’illustration quand le premier de Melvine Malard, est le fruit, certes d’une erreur de Griedge M’Bock, mais surtout d’un talent de la réunionnaise qui explose en Angleterre. (1-0, 31′).
La réalité
Collectivement, les Parisiennes n’ont jamais été capables de contester cette emprise, ne la reprenant que lorsque les Anglaises ont décidé de faire le dos rond pour mieux contrer.
Au final, les joueuses du PSG n’arrivent pas à imposer leurs intentions et leur jeu face aux adversaires européens, sauf quand l’initiative leur est gentiment laissée. Et même dans ces moments, les occasions se font rares. Le superbe but de Carmona (45’+3, 1-1) ou les deux tirs sur le poteau sont des opportunités plus individuelles (Echigini, Ebayilin) et non le fruit d’une construction collective maîtrisée.
Le danger est que le PSG ne s’affole pas de cette situation, nourrissant l’illusion de posséder le match sur ces quelques fulgurances, à l’instar d’une rencontre d’Arkema première Ligue.
C’est l’erreur fatale. Au niveau européen, les adversaires ont la capacité de laisser l’orage passer, de faire le dos rond, puis de frapper avec efficacité pour marquer et gagner la rencontre.
Une question de budget et de cohérence
La question se pose alors, et elle est légitime : Comment, et pourquoi, une section avec un budget légèrement inférieur à celui des Lionnes, peut-elle afficher une faiblesse collective si criante sur le plan européen ?
Entre des jeunes joueuses nombreuses peu coûteuses, un nouveau coach peu exigeant sur le plan financier, un record de transfert féminin (Grace Geyoro), et des rumeurs de contact confirmé par Alexia (FC Barcelone, meilleure joueuse FIFA et Ballon d’or 2021 et 2022) qui demandait un certain budget, on est en droit de se demander : à quoi ont été utilisées les lignes budgétaires et où sont-elles passées ?
William Commegrain Lesfeminines.fr
Les,résultats de la 3e journée. Les quatre premiers vont directement en 1/4. Du 5e au 12e, elles passent par des 1/8e. De la 13e à la 18e place, les équipes sont éliminées.
| Match & Score | Buts et Buteuses | Résumé Synthétique et classement à la 3e journée. |
| AS Roma (0) – (1) Valerenga | Valerenga : Brekken (40′) | Surprise : Les Norvégiennes de Valerenga (12e) créent la surprise en allant chercher une victoire précieuse à Rome en fin de match. La Roma (17e) est en difficulté. |
| St Polten (0) – (6) Chelsea FC | Chelsea : Kaptein (13′), Macario (44′, 53′ (p), Kerr (75′, 90’+2), Ebert (86′, Csc) | Démonstration : Festival offensif de Chelsea (4e) qui écrase l’équipe autrichienne (18e et dernière). Sam Kerr et Macario signent chacune un doublé. Match sans appel. |
| OL Lyonnes (3) – (1) VfL Wolfsburg | OL : A. Hegerberg (25′, 30′), W. Renard (72′ sp) Wolfsburg : Beerensteyn (80′) | Affirmation : Un match entre géants. L’OL (2e) prend l’ascendant grâce à un doublé d’Ada Hegerberg et un penalty de Wendie Renard, conservant son 100% de victoires. Wolfsburg (6e) |
| Real Madrid (1) – (1) Paris FC | Real : Weir (90’+8) PFC : Azzaro (41′ (p)) | Apprentissage réussi : Le Paris FC (14e) aux portes de l’exploit, se fait rejoindre à l’extérieur, en toute fin de match. Real Madrid (5e). |
| Bayern Munich (3) – (2) Arsenal FC | Bayern : Alara (67′), Harder (80′), Viggosdottir (86′) Arsenal : Fox (5′), Mariona (23′) | Duel serré : Un match à rebondissements entre deux équipes prétendantes. Le Bayern (8e), mené, finit par s’imposer à domicile en fin de partie, infligeant à Arsenal (11e) sa deuxième défaite. |
| FC Barcelone (3) – (0) OH Leuven | Barça : Alexia Putellas (45’+1 (p), Everaerts (56′ csc), Peredes (67′) | Domination : Victoire tranquille mais maîtrisée du tenant du titre (1er) face aux Belges, surprenantes 9e. Les cadres assurent l’essentiel, le Barça reste au sommet. |
| SL Benfica (1) – (1) FC Twente | Benfica : Martin-Prieto (62′) Twente : Groenewegen (69′) | Partage : Twente (13e) continue de surprendre en égalisant très rapidement au Portugal (15e). Un point qui n’arrange aucune des deux équipes. |
| Atletico de Madrid (1) – (2) Juventus Turin | Atlético : Sarriegi (39′) Juve : Stolen Godo (45’+4), Bonansea (56′) | Efficacité : La Juventus (7e) crée l’exploit à Madrid (10e). |
| Manchester United (2) – (1) Paris SG | Man U : M. Malard (31′), F. Rolfö (58′) PSG : O. Carmona (45’+3) | Crise ouverte : Le PSG (16e) subit sa troisième défaite en trois matchs malgré une possession stérile. Manchester United (5e) maîtrise son sujet et enfonce Paris dans la zone des turbulences. |