Le commentateur de Sport en France, diffuseur des play-offs de la NWSL version 2025, le dit avec appétit : « la NWSL, le meilleur championnat de la planète ! ». Regards ?
Un championnat qui se développe bien.
La diffusion gratuite des play-offs par « Sport en France » offrait une opportunité idéale pour observer ce championnat en pleine expansion. D’autant plus que San Diego Waves aligne quatre joueuses françaises et, qu’à l’aube de 2026, cette ligue passera à 16 franchises égalant ainsi la Liga espagnole en nombre d’équipes.
Deux nouvelles venues renforceront le tableau : Denver City (Colorado) et Boston Legacy (Massachusetts). À comparer aux formats des championnats anglais, français et italiens (12 équipes), tandis que l’Allemagne vient tout juste de passer à 14 pour la saison 2025-2026.
Une gouvernance féminine assumée
Les Américaines ont fait le pari audacieux de confier la direction de leur ligue à des femmes. Un choix qui porte ses fruits, tant sur le plan organisationnel que symbolique.
On se souvient des Anges de Los Angeles, créés et dirigée par des femmes. Jessica Berman est à la tête de la NWSL, accompagnée par la CEO Sarah Jones Simmer, pour exemples.
Des tribunes pleines, des fans adultes
Si le championnat américain n’est pas encore le meilleur -en concurrence avec les ligues espagnole et anglaise-, il gagne en intensité.
Les quarts de finale se sont joués devant 15 000 à 30 000 spectateurs, adultes, payants, passionnés.
On a vu des fans enflammés, tambours battants, capos vociférants, dignes d’un club moyen de Ligue 1. L’ambiance est là, vibrante, mature.
En France, le public reste souvent familial, adolescent, et ne se déplace en masse que pour les finales.
Un football « box to box »
Les joueuses sont des athlètes autant que des techniciennes. Le style est résolument « box to box », bien éloigné du jeu européen, plus friand de possession latérale et de variations de rythme.
Parmi les huit meilleures équipes de la saison, deux intentions dominent :
- Récupérer le ballon ou empêcher l’adversaire de progresser.
- Aller vite, très vite, vers l’avant.
La finalité est claire : marquer. Peu importe le nombre d’occasions ou les gestes manqués. La vitesse prime sur la finesse quand en Europe, on travaille intensément sur la construction, supposée amener à marquer.
La French Connection à San Diego Waves
San Diego Waves, franchise née en 2021, aligne quatre titulaires françaises :
- Perle Morroni (28 ans) : latérale gauche impressionnante en quart de finale. Défensivement proche de Selma Bacha, elle mérite une place dans les 23 de l’équipe de France. Sur le but encaissé, elle est prise à défaut sur un centre au second poteau, face à une adversaire plus grande. Une erreur partagée (voir ci-après)
- Kenza Dali : omniprésente au milieu, elle touche tous les ballons, alterne entre récupération et projection. En pleine forme physique et technique. On comprend son indignation face à sa non-sélection par Laurent Bonadei bien qu’elle ait tendance à jouer sur les côtés, oubliant le centre de l’attaque.
- Laurina Fazer : encore un peu tendre dans les duels puissants, mais précieuse en relayeuse. Elle intercepte avec finesse, mais manque de vitesse dans le contre-pressing.
- Delphine Cascarino : entreprenante, elle tente beaucoup (dribbles, centres, frappes), mais son match de quart fut entaché de déchet. Son talent est indéniable, mais on attend qu’elle l’affirme match après match. Son explosion de colère contre l’arbitre assistante — pour une main non sifflée — témoigne de son implication. Elle se retourne brusquement, trépigne sur place d’énervements et explose de colère. Une scène rare en Ligue 1.
San Diego éliminé par Portland Thorns
San Diego a frôlé l’excellence par séquences : des séries de passes puissantes, directes, abouties. Mais trop focalisées sur la qualité du jeu, elles ont oublié l’essentiel : marquer. Un seul tir dangereux, sur la barre, signé d’une milieu défensive à plus de 30 mètres ! C’est trop peu.
Portland Thorns, solide, a résisté à l’orage. Le but décisif, en prolongation (94′), est venu d’un duo concentré sur cet objectif :
- Olivia Moultrie, gauchère, avance à petits pas de conduite de balle, sur le flanc gauche, finit par entrer dans la surface, limitant ainsi la défense de Kenza Dali, suppléante de la jeune suédoise Lundkvist, excellente ce soir-là, mais pas encore revenue de son action offensive.
- Elle enclenche, pénètre sur la gauche sans chercher le duel avec Dali, qui oublie de fermer l’angle faute d’inquiétude, s’offrant une vision large sans risque d’être contrée, pour centrer deuxième poteau.
- Reilyn Turner, bien placée au second poteau, conclut de la tête. (1-0)
La gardienne Kailen Sheridan reste quasiment figée sur ses appuis, alors qu’un simple déplacement aurait suffi à mieux fermer son angle. Morroni, trop focalisée sur le ballon, ne voit pas Turner dans son dos, bien plus grande. Une absence de coordination fatale. La gardienne internationale canadienne aurait dû avoir un œil plus périphérique, trop hypnotisée par le centre oubliant qu’un centre ne vaut, qu’e pour avoir qu’à la condition d’avoir une réceptionneuse.
Thorns s’impose grâce à deux joueuses déterminées à marquer.
San Diego, séduisant dans les passes mais stérile dans les occasions, a joué « à la française » face à un état d’esprit américain.
Une « neuf » qui manque
San Diego souffre d’un manque de poids devant. Il leur faudrait une vraie numéro 9… à condition qu’elle soit servie.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Les 1/4 de finale.
- Orlando Pride (2-0) Reign Seattle
- Washington Spirit (1-1, tab) Racing Louisville
- Current Kansas Cuty (0-1) Gotham NJ-NY
- Thorns de Portland (1-0) San Diego Waves