Pia Sundhage quitte la Nati : une décision de fidélité plus que de stratégie.

Dans un football féminin en pleine structuration, où les trajectoires se croisent entre ambition sportive et cohérence humaine, le départ de Pia Sundhage de la sélection suisse résonne comme un acte de loyauté. Une fidélité rare, presque désuète, à l’heure des contrats à objectifs et des restructurations techniques.

Une fin précipitée, mais assumée

L’Association Suisse de Football (ASF) a annoncé le 3 novembre 2025 la fin immédiate de la collaboration avec Pia Sundhage, alors que son contrat courait jusqu’à décembre. Officiellement, il s’agit de « donner de nouvelles impulsions » et de lancer la stratégie 2026–2030.

Officieusement, la sélectionneuse suédoise de 65 ans avait posé une condition à sa prolongation : que ses adjoints Lilie Persson et Anders Johansson soient reconduits à plein temps.

Or, Lilie Persson n’a pas été renouvelée. Et Pia Sundhage a choisi de partir. Pas en silence, mais avec dignité. « J’aurais aimé poursuivre ce voyage. Je suis surprise par la décision de l’ASF, mais je la respecte ».

La fidélité comme ligne de conduite

Pia Sundhage n’a pas seulement dirigé des équipes, elle a incarné une vision.

Une Histoire de réputation et de respect du pays des championnes du monde américaines, débuté avec le gain des JO 2008 et 2012 sous la bannière étoilée et qu’Hope Solo (gardienne des USA) a pu ressentir, quand elle a été bannie de la sélection américaine après avoir insulté la sélection suédoise, sous les ordres de Pia Sundhage, les qualifiant de « Couards » aux JO de 2016 lors des 1/4 de finale, les éliminant d’une compétition qu’elles avaient toujours gagné.

Un respect donné aux USA, en Suède venue comme une sauveuse pour l’Euro 2013, au Brésil et dans tous les médias européens. Pourtant son équipe est souvent défensive. Si Caroline Seger, milieu de terrain défensif, a touché les 240 sélections suédoises, elle le doit à Pia Sundhage.

En fait, elle ne dissocie pas le sportif de l’humain.

Refuser de continuer sans son adjointe, c’est refuser de trahir un pacte. C’est dire que le football féminin, même à haut niveau, peut encore être un lieu de valeurs. C’est aussi rappeler que derrière les bancs, il y a des histoires de vie, des complicités, des fidélités qui ne se négocient pas.

Elle part sans avoir tout réussi mais en plaçant la Suisse et ses fans dans une dynamique positive.

La Suisse est potentiellement fracturée entre une langue allemande, française et italienne. Pour autant, lors de l’Euro 2025, seul le rouge de la Nati se voyait. Plus fort, même il illuminait le stade des exploits des suissesses qui ont pratiqué un football enchanteur, volontaire, percutant et offensif.

Arrivée en janvier 2024, Pia Sundhage a traversé les critiques avec 10 défaites et quatre nuls, pour mener la Suisse jusqu’aux quarts de finale de l’Euro à domicile et un bilan total de onze victoires.

Elle laisse une équipe structurée, un staff marqué par la cohérence, et une fédération qui devra désormais assumer ses choix stratégiques : mettre un coach issu de la formation barcelonaise, Rafel Navarro, coach adjoint pendant six ans des féminines championnes d’Europe.

Le départ de Sundhage n’est pas un échec. C’est un rappel : dans le football féminin, la fidélité peut encore être un moteur de décision.