Le paradoxe Bonadei : homme de terrain à la communication politique.
Le sélectionneur de l’équipe de France féminine, Laurent Bonadei, a une ligne de communication bien rodée : chaque match est difficile, chaque qualification est un combat.
Pourtant, à l’aune du tirage pour la Coupe du monde 2027, cette posture semble en décalage avec les faits.
Avec les Pays-Bas (11e FIFA), la Pologne (26e) et l’Irlande (27e), les Bleues ont hérité d’un groupe abordable, loin des sommets du classement FIFA.
En comparaison, les Bleues occupent la 6e place mondiale, et ont récemment battu les Néerlandaises (5-2) lors de l’Euro 2025 en Suisse. Des néerlandaises éloignées de la période Sarina Wiegman, avec le titre de l’Euro 2017 et la finale de la Coupe du monde 2019.
La Pologne n’a jamais disputé de Coupe du monde, et l’Irlande n’y a participé qu’une fois, en 2023, pour sortir en phase de groupe avec deux défaites (Canada et Australie) et un nul (Nigéria).
Pourtant, Bonadei insiste : « C’est un groupe relevé. L’Irlande est difficile à manœuvrer, la Pologne a de très bonnes joueuses, et les Pays-Bas restent une grande nation ».
Sur le papier, le groupe est loin d’être insurmontable.
Comment se qualifier pour la Coupe du Monde au Brésil ?
Pour l’UEFA, seuls les premiers des quatre groupes de la Ligue A, seront qualifiés directement pour la Coupe du monde 2027, soit quatre places pour onze délivrés à l’UEFA.
Pour les autres, il faudra passer par une phase de barrages en avril 2026
La FIFA va mettre dans un même sac, les trois autres équipes de la Ligue A, les trois premières équipes de la Ligue B (fait d’équipes classées au-delà du Top 20 mondial) et la meilleure équipe de chaque groupe de la Ligue C, faite d’équipes dans le Top 60 mondial.
Les qualifications se feront sur deux tours, pour sortir sept équipes vainqueures.

Les autres groupes sont difficiles
Le groupe qui contient les deux meilleurs ennemis et adversaires européens : l’Espagne (1er FIFA) et l’Angleterre (4e) est un groupe difficile pour sortir un vainqueur. La première est championne du monde en battant l’Angleterre en 2023. La seconde est championne d’Europe en ayant battu l’Espagne en 2025 lors de l’Euro Suisse.
Voilà un groupe difficile.
Comme l’est celui de la Suède (3e FIFA) avec l’Italie (12e FIFA), excellente lors de l’Euro 2025, éliminée en demi-finale alors qu’elle menait l’Angleterre jusqu’à la 90’+5 (1-0), pour finir par perdre dans les prolongations (1-2). D’autant plus que c’est un groupe comprenant le Danemark (14e) mondial, toujours affûtée dans les phases de groupe.
La France (6e) avec les Pays-Bas comme est l’Allemagne (5e) avec une Norvège (13e) éloignées des résultats, ont eu des tirages favorables qui ne pourront être compliquées qu’en cas de contre-performance.
Laurent Bonadei aurait pu mettre un peu de vérité dans ses commentaires. En phase d’ailleurs avec sa politique de jeunesse dans ses sélections : « un tirage qui va nous permettre de mettre en valeur nos jeunes ».
D’autant plus qu’il y a plusieurs parachutes pour les équipes qui se seront pas en tête de leur groupe.
C’est comme en politique, un peu de justesse dans les propos donne plus de crédibilité.
William Commegrain Lesfeminines.fr