L’enjeu des quarts de finale (14e édition) est énorme puisque le vainqueur prendra son ticket pour le Mondial 2027 au Brésil quand le perdant devra attendre longtemps pour faire briller ses joueuses et son histoire, les JO de 2028 acceptant trois fois moins d’équipes (12 au lieu de 32 au Mondial à venir)
Jamais qualifiée au Mondial pour l’Algérie, présente en 2015 au Canada pour la Côte d’Ivoire.
Deux coaches français
Le premier quart de finale opposant l’Algérie à la Côte d’Ivoire met en opposition deux coaches français ayant fait, tous deux, les beaux jours de l’Olympique Lyonnais, devenu OL Lyonnes depuis le rachat de la section féminine par Michele Kang.
Honneur aux anciens, en la personne de Farid Benstiti, lanceur du football professionnel féminin à l’OL (2004-2010) et au PSG (2012-2016), grand voyageur avec la Russie (2011-2012), la Chine (2017-2019), le club d’OL Reign de Jean-Michel Aulas aux USA (2020-2021), puis la prise en charge maintenant de la sélection algérienne depuis 2022.
Si le français d’origine Kabyle peut revendiquer être à la source du football féminin, son homologue, Reynald Pedros l’a découvert un peu plus tard, avec l’OL en 2017-2019 et la réussite qui va avec (meilleur coach FIFA en 2018) en terme de titres (Ligue des championnes, Championnes de France et vainqueur de la Coupe de France), on peut néanmoins dire de lui que l’essentiel s’est fait avec le Maroc (2021-2023), terminant la CAN 2022 par une finale inattendue que son successeur renouvellera lors de l’édition suivante (finaliste 2024)
Ce quart de finale entre les deux nations aura donc un goût particulier, à la sauce lyonnaise, en confrontant deux expériences différentes.
L’Algérie, armée très français, pour une première historique
Farid Benstiti a fait le choix d’aller chercher des joueuses dans les championnats européens, avec la France particulièrement, puisque 15 joueuses sur les 26 de sa sélection proviennent des divisions françaises. La représentation la plus élevée après celles des 17 joueuses du Cap Vert évoluant au Portugal.
Deux joueuses évoluent en Angleterre dont la capitaine, Marine Dafeur (31 ans), actuellement à Bristol City, mais ayant posé ses valises précédemment à l’EA Guingamp, le Losc et Fleury FC 91. Même à Henin-Beaumont, un des clubs exclusivement féminins du Nord de la France, du début des années 2010.
Autrice d’un superbe coup franc lors de la 3e journée, avec ses 19 sélections au compteur algérien, elle a mis plus de buts (5) pour ses nouvelles couleurs que lors de ses sélections nombreuses dans les équipes de jeunes jusqu’à celle des -23 ans.
Une autre joueuse a un profil particulier. Il s’agit de Lina Boussaha, ex-joueuse du PSG lors de sa formation (2013-2020), partie à Lille et le Havre pour aller, comme les 17 autres joueuses de cette CAN 2026, jouer en Arabie Saoudite depuis 2023. En France, cette joueuse, lors de deux saisons, avaient toujours réussi à marquer des buts surprises, précisément dans les derniers matches qui menaient aux finales, notamment contre des équipes plus fortes.
L’Algérie est le challenger de cette rencontre. Peu habitué à passer la phase de groupe, elle devra trouver les forces mentales de ne pas craquer comme lors de leur rencontre contre le Maroc, perdu sur un but à la 84′, malgré une opposition de tranchée.
Une côte d’Ivoire plus diversifié
Pour cette 14e édition, la Côte d’Ivoire de Reynald Pedros a encaissé beaucoup de buts : quatre pour trois matches. Elle s’est même fait peur face à l’Afrique du Sud, en revenant dans la partie (2-2), menée (0-2) en première mi-temps. Cinq joueuses ont joué l’intégralité des trois matches (270 ‘) dont quatre défenseuses. C’est certainement un des points faibles de la Côte d’Ivoire d’autant que la gardienne a encaissé un but à chaque rencontre.
La force ivoirienne se situe avec AKISSI INES MIKOUAME KONAN (24 ans, Strasbourg), buteuse par trois fois et 1 passe décisive, suivie de la jeune N’SIRA SAFI OUEDRAOGO (18 ans) évoluant au Danemark, jouant là, une pièce importante de sa carrière (2 buts, 3 passes décisives). Elle portera les espoirs d’une nation qui n’a connu les demi-finales qu’en 2014.
Si l’Algérie est très française, la Côte d’Ivoire est très internationale : Danemark, Allemagne avec le Bayern de Munich, STrasbourg, Washington Spirit (USA), Valence (Espagne) et la Turquie (FERNABACH).
Match Samedi à 19h à Casablanca. Le vainqueur sera opposé à un Ghana faible pour l’instant ou au Malawi brillant des sœurs Chawinga.
William Commegrain Lesfeminines.fr