J’espère qu’au sortir de la douche des joueuses du Paris FC, quand le calme intérieur a été apaisé par l’eau réconfortante qui lave les grandes déceptions, personne n’a oublié les quelques mots de Clara Mateo, capitaine et femme de coeur des couleurs de performance du club.

Assise, mentalement épuisé des efforts fournis, ayant déjà oubliée cette dernière tête qu’elle a fini au sol, pour une dernière lutte inutile, mais ne comprenant pourquoi, ce pont qu’elles auraient pu construire, vers une deuxième finale consécutive, n’a pas pris malgré leur énergie et envie commune.

Bâtisseuse, elle sait qu’elle se pose la question. Pourquoi, le Paris FC, même à onze contre dix, pendant 45 minutes (rouge sur Griedge M’Bock à la 49′) ; pire face à une équipe réduite à neuf (exclusion de Graziani à la 90’+1) pendant pas loin de dix minutes, n’a pas pu revenir au score d’un Paris Saint Germain décimée au fil des minutes, mais pourtant vainqueur depuis la 55′, sur un pénalty de Lechter (2-1) pour une faute sur Sakina Karchaoui (55′)

Pourtant, elles ont mené. En intention quand elle prend cette balle à Griedge M’Bock, capitaine de l’équipe de Fance quand même, et qu’elle lui met les trois mètres de différence qui feront que sa balle, forte, sera coupée par Elisa De Almeida, autre internationale française, pour finir dans les buts parisiens en tant que csc, alors que sa partenaire, l’intenable N’Dongala, mange le poteau de bonheur, certaine de la mettre au fond si la parisienne n’y était pas (0-1, 3′).

Elle se refait le fil des émotions de la rencontre. Et au tableau de l’arbre des causes à construire, elle voit que ce match s’est joué essentiellement sur des erreurs.

L’erreur de Griedge M’Bock face à elle. Son erreur quand N’Dongala la sollicite. Constatée légèrement hors jeu alors que le diablotin parisien la met ensuite au fond des filets pour un (0-2) inattendu. L’erreur peut-être de la VAR sur ce coup là, qui en fera une autre en sollicitant l’arbitre central pour transformer un carton jaune en rouge, à l’attention de Griedge M’Bock alors que même la joueuse du Paris FC, semble dire qu’il n’y a pas faute de la parisienne. L’autre erreur de la VAR qui donne lead au PSG, sur un pénalty qui semble en dehors de la surface, et plutôt dans la demi-lune (2-1).

L’erreur de sa gardienne, Mylène Chavas, sortant comme une ballerine d’opéra peut le faire, quand les sorties suivantes seront bien plus physiques et assurées. Mais, trop tard, le Paris SG avait égalisé (1-1, Ebayillin, 20′).

Les erreurs de lecture des deux gardiennes sur les transversales longues au second poteau qu’elles n’arrivent pas à maîtriser. Et l’erreur des joueuses, maintenant professionnelles et attendues comme telles, qui ne mettent pas ce ballon au fond. Liaigre pour ses couleurs, Echegueni et le poteau pour le PSG.

L’erreur incroyable de Le Moguedec, sa partenaire, dans son duel avec Mary Earps qui a depuis un certain temps, rangée au placard, son titre de meilleure gardienne FIFA en 2022. Enfin, elle pense à l’erreur de son autre partenaire, Picard, qui tente un dribble court face à Sakina Karchaoui, dont on sait que sur un mètre de jeu, la parisienne, est quasiment impassable.

Elle voit tout cela. Elle voit l’énergie développée par les joueuses. Elle voit la qualité de prestation du Paris Saint Germain et elle sait, car on n’arrête pas de lui dire, que depuis 2017 – ce qui n’est pas si loin-, jamais le Paris FC n’a gagné dans le jeu contre le Paris Saint Germain. Soit 21 rencontres.

Alors elle se dit, qu’à 27 ans, elle n’a pas envie d’attendre 2035 pour que cela arrive. Qu’elle ne veut pas comme Gaetane Thiney, se dire « ca viendra ! ». Elle n’est pas de cette génération qui s’est contentée de ce sportif demi-teinte quand l’argent qui commençait à couler, captait toutes les intentions exceptionnelles qui forment les objectifs des SHN.

Alors quand Gaetane Thiney, sa directrice sportive, passe pour la voir. SImplement, calmement, mais avec fermeté, elle lui dit : « plus jamais cela ! ».

L’ex-joueuse, devenue directrice sportive, est du même tonneau que la fille de l’Ouest. Elle fait semblant de ne pas entendre. Elle ne veut pas entendre mais en fait, elle aussi, elle se dit qu’elle n’aurait pas aimé avaler cette couleuvre et faire des sourires et des rires, sur la phrase de Mandela : « quand je ne gagne pas, j’apprends ».

Les jeunes de maintenant sont dans l’immédiat.

Derrière plus jamais cela, il y a, « fait quelque chose pour qu’on ait de meilleures joueuses ». Car c’est sûr que ce n’est pas l’envie qui a manqué. Juste le niveau de savoir marquer à onze contre dix, de savoir écraser à onze contre neuf. « Prends le risque de nous faire mal. De jouer de nos faiblesses pour qu’on s’améliore. Tente, même si c’est risqué. Mais plus jamais cela. 21 matches sans victoire, demain 24, puis 30. ET jusqu’à quand ? »

Ca c’est Ndongala qui le crie dans son corps. La fille est une bombe. Pas une petite. Une énorme bombe. Fine comme un oiseau, aussi rapide que Kanjinga et prête à lui rentrer dedans malgré ses vingts kilos en moins. Alors son corps parle. « Plus jamais cela ! »

D’autant que « papa LVMH » est venu voir la rencontre. C’est un grand. Il a un regard d’aigle méchant. Déjà, quand le coach masculin a été sorti, il était là pour accueillir le nouveau, Kambouaré avec le Président Ferracci. Là, il est là pour une défaite explicable, expliquée en rond, sûr, mais inconcevable dans l’esprit de cet homme qui, quand il sourit, fait un effort !

Il y a du Aulas dans ce dirigeant. Il va vite comprendre qu’il a plus de chances de gagner une Coupe d’Europe avec les filles qu’avec les gars. D’autant qu’ils vont en rajouter une au féminin.

Cela m’étonnerait que cela reste encore « on apprend » pendant longtemps.

En reprenant sa voiture, détendu et laissant les roues suivre cette ligne droite, il a refait le film à sa sauce. Au final, en fermant la portière, arrivé chez lui. Ce qu’il avait en tête était simple. Les deux équipes ont fait un super match mais le Paris Saint Germain gagne depuis trop longtemps.

Scénario totalement romancé, deux jours après avoir vu ce très beau match en différé.

Le Paris Saint Germain rencontrera l’Olympique Lyonnais vainqueur (6-0) de Strasbourg dans l’autre demi-finale.