Interview de Gerd Weidemann à Wolfsburg pour Lesfeminines.fr

PARTIE 1 : les DEBUTS de Kessya Bussy

Tout a commencé avec mon papa, parce que je suis l’aînée de la famille et mon père n’a que des filles. Du coup il fallait bien que quelqu’un qui fasse du football avec lui. Et donc j’ai commencé le foot avec lui, car il le pratiquait. Je l’ai accompagné à ses séances d’entrainement et à ses matchs, c’est là que j’ai eu le premier contact avec le football.

C’était avec mon papa, à Saint-Jean-de-Braye à côté d’Orléans, juste à côté, pour son match à lui et moi j’étais sur le côté. Je tapais le ballon contre les barrières, c’est comme ça que tout a commencé.

Derrière ça, mes parents voulaient m’inscrire dans un sport en général et il y avait un ami de ma classe qui m’a dit qu ‘il y avait une équipe féminine qui avait commencé juste à côté à Orléans et donc mes parents m’ont inscrite.

J’ai fait mes deux premières années à l’age de mes 7 et 8 ans avec les filles et après j’ai basculé à Orléans chez les garçons au SMOC Saint-Jean-de-Braye et là j’ai fait pendant 7 ans du foot avec les garçons, ça s’est super bien passé.

Je n’ai jamais eu de problèmes avec les garçons. D’avoir été rejetée ou d’avoir été mal vue, parce que j’étais super intégrée. C’était comme des frères pour moi et de véritables amis.

Kessya Bussy sur le fait d’avoir joué avec des garçons.

C’est là que j’ai progressé, j’ai pris plaisir et j’ai vraiment passé de très bons moments avec le football et avec mon père parce que mon père est aussi venu dans le stade. Il conduisait le bus pour nous emmener aux matchs, il faisait tous les déplacements. Tout a commencé à Saint-Jean-de-Braye à côté d’Orléans, avec des filles, puis après avec des gars, je suis retourné auprès avec des filles à l’US Orléans.

Du coup j’ai été détectée pour entrer dans un Pôle Espoir à Tours à une heure de route d’Orléans. J’y suis restée toutes mes années de lycée et qu’avec des filles.

C’étaient les meilleures joueuses sur quatre régions confondues, et c’est là que j’ai découvert l’Équipe de France U-16.

J’ai donc fait l’Equipe de France U-16, U-17, U-18, U-19, tout en étant à l’US Orléans en club. En jouant avec US Orléans, j’ai joué contre le Stade de Reims qui, pendant le match, m’a détectée et « m’a volé » à Orléans l’année après.

Orléans était en 3e division et on a fait la montée en deuxième division qu’avec des jeunes, des filles de mon âge. On avait 18 ans toutes. On a réussi avec une bande de copines à monter en division deux, ce qui était extraordinaire pour le club, c’était jamais arrivé. Donc on était super-contentes de ça, c’était en 2018, la saison 2018/2019.

Du coup mon premier contrat professionnel a été avec le Stade de Reims. Là je suis vraiment devenue professionnelle à l’age de 19 ans.

PARTIE 2 : Le rêve des Grands devient celui de Kessya

Partie d’un rêve d’adolescente, qui est le rêve de toutes et tous. Celui de vivre simplement, d’avoir son corps et sa tête qui respirent ensemble. Avec le Stade de Reims et le professionnalisme, Kessya s’est mise à rêver le rêve des Grands. Celui qui commence le matin à 7h00 et se finit à 20h00. Le rêve d’un travail valorisant.

Ecrire une histoire, son histoire pour qu’elle reste dans son cœur mais aussi dans la tête des gens et de l’équipe de France.

Je pense qu’en fait même quand j’étais petite je ne m’étais jamais dit que voulais devenir footballeuse professionnelle.

Cela n’existait pas d’ailleurs, quand j’étais petite il y avait des footballeuses professionnelles, mais ce n’était pas leur métier unique, elles faisaient autre chose. Ce n’était pas forcément diffusé, il n’y avait pas de médias, je n’en n’entendais pas forcément parler C’est au fil des années que j’ai découvert que c’était possible de devenir professionnel.

C’est quand j’ai signé mon contrat professionnel à Reims que c’est passé le premier changement dans ma tête. Je faisais du football pour autre chose qu’un hobby.

Kessya Bussy – sur le début de son professionnalisme.

Je le faisais aussi pour peut-être espérer devenir quelqu’un, pour apporter quelque chose à une équipe, remporter des titres, aider à mettre une étoile sur le coq français, peut-être qui sait un jour ?

Et c’était là le premier changement dans ma tête, c’est quand j’ai signé mon premier contrat professionnel.

J’ai eu mon bac juste avant de signer à Reims. En même temps que j’étais au Pôle espoir et j’ai continué mes études derrière en université/ J’ai fini avec une licence en géographie, donc j’ai obtenu ma licence (Bac +3) dans les trois années à Reims, j’ai fait les deux: le foot et les études.

Et j’ai connu à la fin de ma première saison à Reims, ma première sélection en Équipe de France A.

Mon père a dit la même chose quand j’ai signé à Wolfsburg. Il a dit: « C’est peut-être une histoire commune au final ! »

C’est vrai qu’on a remporté notre premier titre en U-19 contre l’Allemagne. Sophia [Kleinherne, VFL Wolfsburg] ne m’en a pas encore parlé, j’ai quelques co-équipières qui étaient dans l’équipe adverse, on va faire comme si on n’aurait rien vu.

On a gagné contre elles et ma première sélection était contre l’Allemagne. Cela aussi c’était symbolique. En jeune on jouait énormément France – Allemagne et j’ai crée certaines affinités avec certaines filles au fil des années, dont Nicole Anyomi qui joue à Francfort, ou encore Shekiera Martinez qui est partie maintenant à West Ham United.

Ce sont de belles histoires, ça crée de belles choses. Je pense que c’était fait comme ça. Je me vais retrouver ici avec le maillot vert sur la poitrine.

Oui, il y en a eu, parce qu’en arrivant j’étais jeune, et c’est là où j’ai fait mes premières rencontres qui m’ont permis de me développer, de m’épanouir, en tant que joueuse comme Naomie Feller, qui joue actuellement au Real Madrid ou encore des cadres comme Tess David qui joue au RC Lens en première division.

Là-haut j’ai crée des amitiés avec Sonia Ouchène, Lou-Ann Joly qui joue à Leipzig, qui est une grande amie à moi. Reims a vraiment été un bouleversement dans ma vie, j’ai adorée cette étape de ma vie, j’ai grandi, j’ai appris le football, j’ai développé de vrais connexions avec mes coachs et mes partenaires.

C’était très difficile, je n’ai pas fait ma licence en trois ans, je l’ai fait en quatre, j’ai tout coupé, parce que c’était vraiment dur d’avoir le rythme, en plus je n’avais que 19 ans. Donc tout à décider, de tout faire. C’est compliqué d’avoir sa licence, en plus avec le foot, c’était très dur. Mais je suis très contente, je suis fière de l’avoir obtenue.

Je me suis faite une fracture de fatigue. C’était très difficile à encaisser, à digérer parce que je ne comprenais pas forcément pourquoi ?

Kessya Bussy sur sa blessure

La blessure s’est passé ma dernière année à Reims, mais j’ai signé au PFC en même temps, donc c’est dans le même laps de temps,

Je me suis fait une fracture de fatigue au pied juste avant la Coupe du Monde 2023, parce que avant j’ai été très souvent sélectionnée en Équipe de France A avec Corinne Diacre. Après Hervé Renard a repris la sélection, il m’avait appelée et je me suis blessée avant le dernier rassemblement de la Coupe du Monde.

C’était très difficile à encaisser, très dur à digérer aussi, parce que je ne comprenais pas forcément pourquoi ? Cela ne s’est pas passé sous un choc, c’est une fracture de fatigue, donc c’est au fil du temps et c’était très difficile, surtout que j’étais en fin de contrat à Reims, donc il fallait trouver un autre club en étant blessée. Ce n’était pas simple, heureusement j’ai eu le Paris FC qui est venu vers moi qui tout de suite m’a dit que ce n’était pas grave pour eux.

La blessure m’a quand même énormément impacté, la joueuse et la femme, parce que je ne m’y attendais pas et je pense qu’ on n’est jamais préparée à ça dans une carrière, c’était difficile, mais c’est grâce à quoi je suis là aujourd’hui aussi.

Encore une fois, l’histoire est belle, parce qu’on a joué contre Wolfsburg en tour éliminatoire de la Ligue des Champions avec la Paris FC. Ce n’est pas un beau souvenir pour elles, mais moi j’ai adorée l’expérience, j’ai adorée l’ambiance du stade, ça m’a marqué parce qu’en France on n’a pas autant d’attractions autour des matchs féminins.

Jouer au Paris FC m’a permis de découvrir l’échelle européenne, jouer des matches de Ligue des Champions, le haut niveau.

Kessya Bussy, sur le fait d’avoir été recruté par Wolfsburg

Ce qui m’avait marqué aussi: le niveau des joueuses, c’était impressionnant de voir Poppi, (Alexandra Popp), Sveni, [Svenja Huth], autant de joueuses qu’on voit normalement qu’à la Mannschaft ou évoluer en Ligue des Champions et là je les rencontrais, c’était incroyable.

Et le Paris FC m’a permis de découvrir tout ça que je n’avais pas vécu avant, une échelle européenne, jouer des matchs de Ligue des Champions, le haut du tableau.

Récemment on a gagné la Coupe de France contre le Paris Saint Germain et au fil des mois j’ai réussi à prendre une dimension dans l’équipe et je pense c’est ce qui m’a permis de signer ici, la confiance de marquer beaucoup de buts.

L’année dernière j’ai fait une grosse saison, j’ai fini dans le top 4 des meilleures buteuses, top 3 des meilleures passeuses, dans le onze type de la saison. Pour moi c’était inimaginable, alors qu’un an avant j’étais blessée. Je ne pensais même pas à en arriver là et de voir que cela a pris cette tournure, que j’ai réussi à évoluer sous ces couleurs, je suis très fière de cela.

J’étais très contente de ça, et de voir que cela aboutit à une signature à Wolfsburg en plus. Un si grand club, cela représente aussi autant, j’étais vraiment contente et je remercie encore le Paris FC pour tout cela.

PARTIE 3 : Kessya Bussy – Wolfsburg et l’Allemagne

Partir pour grandir. Les yeux grands ouverts sur un monde de bruits et de fans qui l’a interpellé, Kessya Bussy profite de sa jeune vie d’adulte pour se lancer le défi de l’intégration, de la maîtrise de projets de jeu nouveaux et innovants pour agrandir son portefeuille de compétences et vivre les émotions que son talent lui propose.

Déjà le club a été super avec moi. Dans l’accueil j’ai rarement connu ça, c’est comme une petite famille. On m’a tout de suite accueilli les bras ouverts, toutes les filles dès le début m’ont dit quand j’ai un problème il ne fallait pas que j’hésite à venir les voir. On habite toutes quasiment à côté, cinq, six minutes les unes des autres,

Je trouve la ville très moderne et cela donne un nouvel élan, parce qu’à Paris il y a énormément de monde, énormément de touristes. La ville est en train un peu de se reconstruire, il y a beaucoup de travaux, les transports en commun sont longs.

A peine arrivée, les fans qui sont ici m’on déjà donné de l’amour. J’aime cette culture allemande vis-à-vis du sport !

Kessya Bussy – sur l’Allemagne et Wolfsburg

Justement ici je trouve un petit cocon, une petite bulle et ce n’est pas si mal et j’adore la famille de supporter. Les fans qui sont ici, ils m’ont déjà donné de l’amour, alors que je suis là que depuis un mois, je trouve ça extraordinaire.

J’ai été à la boutique et de voir qu’ils vendent déjà des maillots des filles, on peut floquer les maillots des filles, que les filles représentent autant dans le club, je trouve ça incroyable, et c’est ça que je cherchais aussi, cette culture allemande vis-à-vis du sport et vis-à-vis du football féminin surtout et du club. En tout cas j’adore mes premières semaines dans la ville, elles sont bonnes.

On avait des échanges, sur une prolongation, donc de rester au Paris FC, et moi je n’étais pas forcément fermé, j’avais peut-être aussi envie de rester, je ne savais pas encore, mais on n’a pas trouvé d’accord sur le contrat, sur la durée du contrat, et j’avais une option qui pouvait être applicable. Je pensais an vue de ma saison que j’aurais mérité une chose meilleure.

Suite à cela du coup en plus j’avais été au rassemblement de l’Équipe de France juste avant l’Euro et je n’ai pas participé à l’Euro, j’ai été la 24ème joueuse et cela a été très difficile aussi à encaisser.

Suite à cela j’ai voulu peut-être un renouveau, quelque chose de plus pour chercher cette étape qui me manque pour m’installer en Équipe de France et j’ai jugé bon d’aller voir à l’étranger, d’avoir une autre expérience, et de viser un club compétitif en Ligue des Champions, un gros club en championnat.

Quand Wolfsburg m’a envoyé leur offre, et surtout quand j’ai échangé avec le coach et le directeur sportif, ça paraissait comme une évidence de venir ici. Je savais l’histoire du club, les joueuses qui y sont et je savais que ça allait forcément être un pas dans ma progression.

L’intensité est supérieure, les entraînements sont durs. On s’entraîne plusieurs fois par jour.

Kessya Bussy sur le travail à Wolfsburg

Oui, énormément. J’ai expliqué à mes parents les premières semaines, c’était très difficile de s’adapter parce que ici l’intensité est supérieure, les entraînements sont durs, on s’entraîne plusieurs fois par jour, et ça, je n’en avais pas forcément l’habitude au Paris FC.

On a beaucoup d’intensité sur le terrain, c’est des pressings assez hauts, le projet de jeu est différent, la langue, la culture, cela faisait énormément de choses pour moi à apprendre.

Cela a été dur les premières semaines, mais heureusement les filles étaient là, elles étaient super avec moi, le coach, le staff, tout le monde était très attentif, mais je dirais, c’est différent de la France.

Même on a déjà joué contre Leipzig, hier contre Union Berlin (interview mi-août). Je vois que ce sont des équipes qui montent en championnat ou qui sont sixième ou septième. Je vois leur niveau, à mon sens pour le moment c’est quand même supérieur au championnat français.

Les joueuses de Wolfsburg qui revenaient de l’Euro venaient d’arriver. On a eu une coupure donc on avait fait que deux entraînements ensemble avant de jouer contre Union Berlin.

Quand même cela reste une très, très belle équipe, même si on n’a pas encore crée de connexions suffisantes pour développer quelque chose de bien sur le terrain, qui nous permet de gagner ce match. C’est une très belle équipe (Herta Berlin), et c’est pour ça que je dis une équipe promue dans ce championnat par rapport à la France quand on voit les promues même si elles étaient bonnes l’année passée, ce n’était pas le même niveau.

J’ai eu envie d’une expérience à l’étranger, d’apprendre des autres bien que j’ai eu des propositions de l’Ol et du PSG.

Kessya Bussy sur son envie d’apprendre.

J’ai eu la chance d’avoir ces opportunités là qui se sont offertes à moi, mais j’avais envie de cette expérience à l’étranger, d’apprendre un peu aussi des autres, l’expérience humaine aussi, d’apprendre à parler plus l’anglais, bon l’allemand, je ne garantis rien.

C’est quand même très dur à apprendre, mais j’avais envie de vivre cette expérience à l’étranger, et quand Ralf Kellermann et Stephan [Lerch] m’ont appelé, je les’ai senti convaincu, ambitieux, et j’avais envie de faire partie de ce projet, parce que je connais Lyon, je connais le Paris Saint Germain, je sais comment cela fonctionne.

Il y avait énormément de grandes joueuses, je sais comment Lyon fonctionne, je sais comment Paris fonctionne, j’avais envie de découvrir autre chose. Wolfsburg me semblait être le bon projet pour ça et je suis très contente d’être là.

C’est allemand. Quand on ne comprend pas, on va voir un adjoint qui nous traduit en anglais, mais bon on essaie d’apprendre le vocabulaire football tout ce qui est foot – Dreh Klatsch Tief -, tous les petits mots comme ça, on essaie de les avoir, parce que ça parle principalement allemand sur le terrain. Ça aussi c’est pas évident, pour le cerveau français quand on est habitué à parler en français sur le terrain et quand on est dans l’action les consignes, c’est pas facile.

Mais ici pour toutes les étrangères, les expatriées, on a des cours toutes les semaines. J’ai eu mon deuxième cours, j’ai pas beaucoup de phrases encore, mais de petits mots comme Hallo, Guten Morgen, Wie geht’s? …

Training 10. Juli 2025

Mes objectifs, apporter à l’équipe quand je joue ou quand j’entre. Gagner de la dureté dans les duels, des titres et s’imposer en Equipe de France en gagnant un grand tournoi avec elle.

Kessya Bussy – ses objectifs

J’ai des objectifs individuels, déjà c’est apporter quelque chose à l’équipe, parce que c’est une grosse équipe avec de grandes joueuses, aussi devant. Donc j’aimerais apporter quelque chose en plus, chaque fois que je joue ou entre en jeu.

Pour moi ce qui me manque pour aller en Équipe de France A c’est un peu de dureté dans les duels, de pouvoir continuer à améliorer mes efforts, c’est aussi pour cela que je suis dans le championnat allemand, c’est pour pouvoir montrer que c’est pas forcément parce que je suis fille, que j’ai peut-être moins de gabarit que je peux moins résister à ce championnat là.

Donc j’espère passer un cap là-dessus, progresser dans ce domaine là, et ensuite bien sûr gagner des titres, si c’est possible avec le club. Forcément on a déjà un premier titre fin août qui peut être gagné contre le Bayern avec la Super Coupe d’Allemagne. J’espère ça, gagner des titres, gagner des matchs, marquer des buts et d’ici trois ans, si cela peut m’emmener à l’Équipe de France et réussir à faire un grand tournoi avec ma sélection, ça serait cool.

En 2021 j’ai gagné un prix d’éloquence avec Reims.

C’était en fait le championnat qui a organisé cela, un petit concours entre les joueuses et les clubs pour pouvoir montrer que les footballeuses étaient capables de savoir s’exprimer, qu’elles avaient quelque chose dans le cerveau, que ce n’ètait pas que des joueuses de foot sur le terrain qui tapent le ballon, et j’ai trouvé ça super intéressant !

La démarche est très bonne pour pouvoir nous permettre de voir autre chose que du foot au quotidien. Donc je me suis beaucoup investi dans le projet, j’ai adoré, je me suis même développé une qualité là-dedans. J’aime beaucoup et je pense derrière que je ferai un métier qui est lié à ça, à l’éloquence.

Ce concours m’a permis de prendre conscience que j’étais capable de faire aussi autre chose que de la géographie et le football et donc j’ai eu la chance de remporter ce titre. En plus j’étais super jeune et j’ai fini deuxième de la compétition, c’était une super expérience que j’ai vécu avec mon ami en plus. Si c’était à refaire, je referais; ici en allemand cela serait compliqué, mais …

Il y avait neuf joueuses qui nous ont rejoint seulement deux jours avant le match contre Union Berlin et on est douze nouvelles joueuses en tout, c’est quand même beaucoup pour une équipe.

Avant-hier on a fait une photo des nouvelles joueuses, on était plus que les anciennes. C’est aussi beaucoup de mécanismes à prendre en considération, pour moi le championnat est nouveau, la langue est nouvelle, le projet est nouveau, les partenaires sont nouveaux, le poste aussi est nouveau, parce que ce n’est pas la même façon de jouer comme au Paris FC, donc d’une façon j’ai tout à réapprendre, cela prendra un peu de temps, je suis patiente avec ça aussi.

Oui, sauf quand j’ai joué avec les garçons, quand j’avais dix, onze ans, là j’ai joué milieu de terrain, mais j’ai toujours été attaquante, gauche ou droite, je peux jouer des deux côtés, j’ai une petite préference côté droit, mais je peux aussi jouer à gauche comme j’ai joué au Paris FC pendant deux ans.

Avec le pied gauche je me débrouille, mais c’est pas aussi bien que le pied droit forcément, mais je suis capable de centrer, de tirer avec mon pied gauche aussi.

Au Paris FC j’étais attaquante mais à gauche, l’attaquante de droite était gauchère, donc on était en pied inversé, donc on n’usait pas beaucoup de centres, mais on usait énormément de tirs du coup en grand surface, ou de centres dans le dos de la défense, c’était un peu le projet de jeu.

Et là le projet de jeu est un peu différent, il faut beaucoup plus centrer, aller sur les coins de surface vers la ligne de six mètres, c’est plein de petits mécanismes à réapprendre parce que pendant deux ans j’ai joué d’une façon et là il faut switcher le cerveau pour jouer d’une autre façon, c’est ça qui est un peu délicat pour moi.

Elle m’a dit que cela allait être difficile au début, mais que l’Allemagne est une nation football, que cela respire le football, que les fans étaient incroyables, et que c’est sûr que j’allais progresser.

Donc elle m’a dit de foncer, d’être consciente que les premiers mois vont être difficiles. C’est toujours difficile pour les étrangères de venir ici, parce qu’il faut prendre le pli, il faut prendre ses marques, elle m’a dit qu’elle avait adoré son expérience, qu’il fallait que j’en vive une similaire.

Hier, le Bayern de Munich a remporté la Super Coupe face au Vfl Wolfsburg (4-2, Eriksson (18e), Damnjacovic (25e), Schuller (72e), Stanway (78e-P) / Endemann (57e), Minge 88′-P) comme l’an dernier.

Kessya Bussy est entrée à la 84′ en remplacement de Huth

VfL Wolfsburg: Johannes – Wedemeyer (73‘ Bjelde), Dijkstra, Minge, Levels – Lattwein (64‘ Kielland), Peddemors (84‘ Vallotto) – Endemann (64‘ Zicai), Popp, Huth (84‘ Bussy) – Beerensteyn

Subs: Tufekovic (GK), Küver, Pujols, S. Freier