« Prêtes ! » Les mots que l’accompagnateur nous pose avant le saut en parachute des quatre milles quand on n’a pas dépassé, au mieux, les deux mètres cinquante d’un mur !

Alors les Bleues « sont-elles prêtes » pour entrer dans la véritable compétition que Laurent Bonadei leur a concocté en faisant des choix directs, marqués par les absences de Wendie Renard capitaine emblématique aux 168 sélections et 39 buts, Eugénie Le Sommer recordwomen des sélections (200) et des buts (94) et Kenza Dali (76 sélections et 13 buts) dans cette sélection ?

Une Préparation Impeccable, Un « Oui » Retentissant

Les premières étapes de cet Euro 2025 ont ressemblé à des séances d’entraînement grandeur nature pour les jeunes joueuses françaises.

L’Angleterre (4e mondiale) a été vaincue 2-1, le Pays de Galles (30e mondial) a subi un 4-1, et les Pays-Bas (11e mondial) ont été dominées 5-2 à Bâle.

Ces performances éclatantes, avec un total de onze buts inscrits par huit buteuses différentes, un record pour l’équipe de France dans une compétition majeure, ne laissent planer aucun doute : les Bleues répondent par l’affirmative, un « Prêtes ! » franc et massif. D’autant plus qu’elles ont terrassé l’Angleterre, vainqueur en 2022, et les Pays-Bas, sacrées en 2017.

De plus, elles savent prendre des coups. A l’image d’un passé récent en 2025 où, bousculées (Islande, Angleterre et Pays-Bas), elles ont su revenir au score et gagner (Brésil) ; ce qui n’était jamais le cas auparavant.

L’Allemagne : Un Géant au passé glorieux, mais en quête de rédemption

L’adversaire du soir, l’Allemagne (3e mondiale), représente un tout autre calibre.

Son histoire est lourde de succès, avec huit titres européens, deux couronnes mondiales (2003, 2007) et l’Or aux JO de Rio (2016) qui l’ont souvent positionnée comme la seule rivale européenne des États-Unis.

Ses clubs ont également raflé de nombreux titres européens (Wolfsburg 2, Eintracht Frankfurt/FFC Frankfurt 4, Turbine Potsdam 1).

Pourtant, le dernier sacre européen allemand remonte à 2013. Une victoire arrachée de justesse face à la Norvège, notamment grâce à la gardienne Nadine Angerer, arrêtant deux pénaltys dans le jeu, élue meilleure joueuse européenne et mondiale cette année-là, fait unique pour une défenseure.

Depuis, d’autres puissances ont émergé : l’Olympique Lyonnais (8 titres européens) et le FC Barcelone (4) sur la scène des clubs. L’Espagne, championne du monde en titre, a même dépassé l’Allemagne au classement FIFA, devenant en 2023 , 1ère mondiale couronne reprise à la Suède, meilleure mondiale au 1er semestre.

Une position de seconde que la France a connu en 2024 comme l’Angleterre (2e mondiale en 2024), toutes des concurrentes féroces.

L’Allemagne a même connu une période de creux en 2023, glissant à la 6e place mondiale avant de retrouver des couleurs en 2024 (3e).

La rédemption allemande

L’Allemagne va avoir quelque chose en tête qui ne seront pas des mots du coach.

Cette confrontation n’est pas qu’un match : c’est l’occasion pour la Mannschaft de laver l’affront de la finale perdue en 2022 face à l’Angleterre (2022). Avec la qualification des Lionesses pour la prochaine demi-finale, face à une Italie éloignée au classement FIFA (13e) qui la met favori pour être en finale ; un scénario qui propose une revanche que les Allemandes ne peuvent ignorer, même si cela passe par une victoire face à la France (10e FIFA) et surtout l’Espagne (2e mondial), propriétaire de cette seconde place que l’Allemagne voudrait bien reprendre.

Une victoire face à la France est donc impérative pour maintenir cet espoir.

La véritable question qui dérange : « L’Allemagne est-elle vraiment prête ?« 

Si les Bleues affichent une confiance légitime, la véritable interrogation se tourne vers l’Allemagne. Les performances des Allemandes dans cet Euro ont montré des signes de faiblesse inattendus :

  • Une victoire étriquée 2-0 contre une modeste Pologne, très défensive.
  • Un succès difficile 2-1 face au Danemark.
  • Surtout, une défaite incroyable 4-1 contre la Suède, après un début de match pourtant prometteur.

Ces contre-performances interrogent : l’Allemagne, malgré son palmarès et sa détermination, est-elle réellement prête à affronter une équipe de France obligée à gagner les quarts, épouvantail de son histoire internationale (six éliminations en quart de finale depuis 2013 – Euro, championnats du monde et JO), qu’elles avaient réussi à conjurer en allant en demi-finale européenne sous Corinne Diacre (2022).

L’histoire est pour la Mannschaft, sortant les Bleues en quart à l’Euro 2005, en coupe du monde 2015 au Canada et à l’Euro 2022 pour la demi-finale. L’histoire s’est réécrite en faveur des Bleues avec la victoire française en demi, dans la nouvelle Ligue des Nations 2024 (2-1).

La réponse tombera ce soir, aux alentours de 22h45, ou plus tard en cas de prolongations et de tirs au but.