Cascarino s’entraîne pour le 200 mètres olympique.
La métamorphose de la joueuse lyonnaise est impressionnante. Partie de l’Olympique Lyonnais vers San Diego, au championnat d’été (mars-Octobre) des USA, la joueuse en pleine maturité physique (27 ans) a des appuis et des courses qui relèvent quasiment d’un 200 mètres national !
Chronométrée sans souci à un peu plus de 30 kms, elle rajoute à cette vitesse des intentions de jeu qui lui font faire une samba devant ses adversaires, tout en puissance mais surtout en pénétration.
Cette fille court toujours.
Depuis qu’elle achète « sa baguette en anglais » à San Diego (Californie), elle est animée d’une continuelle intention d’aller chercher le ballon dans les pieds adverses, de le récupérer pour le transformer en arme en mangeant les quinze mètres qui font gronder de peur ou de joie le public, pour finir par tirer avec une telle puissance qu’elle pourrait défiler sur les Champs Elysées, un jour du 14 Juillet prochain.
La veille, alors que la France était bousculée par les Pays-Bas, ces dernières, obligées de gagner avec trois buts d’écart sur ce dernier match, menaient (2-1) et n’étant pas loin de donner corps à leur exploit,
Animées d’une croyance forte depuis que les joueuses des Pays-Bas étaient revenues à (2-1) en leur faveur alors qu’elles avaient pris un premier but français de la capitaine des Bleues, Sandie Toletti (0-1, 26′). Capitaine qui avait ouvert ce cadeau, offert par Katoto, le jour de ses trente ans.
Le coeur des bleues -sans vaciller pour autant- subissait le courroux des bataves. Animés par un premier superbe but égalisateur de Victoria Pelova (26′, 1-1) suivi de la chance d’un CSC de Selma Bacha (41′, 2-1).
De quoi rêver, dans ce stade prévu pour la finale, plein des 34.133 spectateurs dont beaucoup étaient oranges, sauf que ce rêve allait à l’encontre des intentions de Delphine Cascarino.
Delphine Cascarino a un autre rêve : celui du Ballon d’Or

Un ballon en Or qui doit être la conséquence de buts et d’intentions, qui marquent les esprits.
Il y a du Trump dans le jeu de la française. De la puissance et de l’efficacité, ce qui est moins évident pour le Président des USA.
A la 61′, elle vient, comme pour un tir de proximité, faire un pressing inattendu sur la milieu de terrain, récupère le ballon, sert Marie-Antoinette Katoto partie pour perforer une défense esseulée. L’ex-parisienne devenue lyonnaise, reçoit le ballon « américain » à la limite du hors jeu et le traduit en but !
Egalisant avec les Pays-Bas (2-2), obligeant ces dernières à re-cravacher pour marquer trois buts, et signant ainsi, sa 40e réalisation comme son second but en trois matches.
Trois minutes plus tard (64′), au même endroit quasiment, à quarante -cinq mètres des buts hollandais, Delphine Cascarino propose une augmentation du score comme Trump le fait avec les tarifs douaniers !
Elle reçoit un ballon de Sakina Karchaoui. Balle au pied, elle enclenche sa vitesse et puissance, laisse de côté sa latérale avec qui elle livrait un beau combat, se retrouve face à Janssen, défenseuse centrale d’expérience, lui fait un « gauche-droite » en avançant et ouvre son pied droit, pour une lucarne salvatrice (2-3).
Les hollandaises viennent de tomber du 1er étage de la Tour Eiffel.
« Quatre minutes avant », dans l’espoir de se qualifier. « Quatre minutes après », en se demandant combien de temps il restait avant de se sauver.
Les hollandaises s’inquiètent sur d’éventuelles majorations de retard ???
Delphine Cascarino, élue meilleure joueuse de la rencontre pour la 2e fois sur trois matches, leur réserve un dernier carton d’invitation. Une attaque terminée par Marie-Antoinette Katoto qui touche les deux montants des buts hollandais pour ressortir, et se diriger, comme un aimant, vers le pied droit de la buteuse française, qui n’oublie pas, avec son doublé (67′, 2-4), de remercier l’Oncle Sam de lui avoir réappris à rêver. D’abord imposer, ensuite rêver.
En six minutes, les hollandaises sont tombées de la Tour Eiffel et commencent à creuser son sol pour s’y camoufler, dans ses temps de guerre, déjà à l’écoute des médias bataves qui ne manqueront pas de relever qu’il s’agit d’une élimination en phase de groupe, une grande première pour les oranges, championne d’Europe 2017 et vice-championne du monde en 2019
Les allemandes, futures adversaires de l’équipe de France pour un quart de finale joué Samedi à venir, ne manqueront pas de noter, que Delphine Cascarino est très dangereuse quand elle démarre aux quarante-cinq mètres de leur camp.
Elle envoie de la puissance dans une cascade d’intentions offensives.
Trump au féminin.
William Commegrain Lesfeminines.fr