C’est impossible pour le Paris FC
Le bilan des oppositions entre les deux clubs est loin d’être à l’avantage du nouveau club de Ligue 1, le Paris FC, ayant obtenu la montée la veille, avec l’ambition de devenir Champion de Ligue 2 (66 pts), dans la dernière journée, due à une défaite de Lorient (68 pts) à Ajaccio (2-1). Terre corse de Pierre Ferracci, que le Paris Fc jouera en dernier match quand Lorient s’opposera à Martigues.
Un bilan famélique, trop diététique
Une seule victoire depuis 2012, date de la professionnalisation des parisiennes. On est proche de l’anorexie face au club de la capitale. Un gain en 2013 sous les couleurs de Juvisy quand le club était, en même temps, un challenger sérieux de l’Olympique Lyonnais et que Farid Benstiti, bâtisseur du PSG féminin façon Qatar, s’était donné comme objectif de réduire à néant cette équipe d’amateur qui lui posait problèmes quand il coachait l’OL.
Un Paris, revenu sur le devant de la scène, qui compte sur peu de doigts ses internationales ! Clara Mateo pour l’équipe de France, jouant souvent des pointes de matches, meilleure buteuse en championnat (18 buts), meilleure joueuse 2025 par la Lffp, avec un bilan de 33 sélections pour phare éclairant, avec les jeunes Lou Bogaert (20 ans, 2 sélections), Melween N’Dongala (20 ans, 0 sélections) et Kessya Bussy (23 ans, 6 sélections) comme récentes accompagnatrices.
Sur le plan international, Kaja Korosec (milieu défensif slovène) et Chiamaka Nnadozie (gardienne, Nigéria) complètent l’armada qui n’a rien de comparable avec le Paris Saint Germain dont 99% du onze de départ est fait d’internationales expérimentées : Mary Earps (Angleterre), Elisa De Almeida (France, 41 sélections), Paulina Dudek (Pologne), Griedge M’Bock (France, 89 sélections)), Jackie Groenen (Pays-Bas), Sakina Karchaoui (France, 85 sélections), Grace Geyoro (France, 95 sélections), Marie-Antoinette Katoto (France, 51 sélections) et Merveille Kanjinga (Congo) sans compter Korbin Albert (USA), Romée Leuchter (Pays-Bas), Crystal Dunn (USA, Or olympique et championne du monde), Eva Gaetino (USA), etc ..
L’équipe du Paris Fc peut rendre l‘impossible, possible !
Une opportunité rare et exceptionnelle
Chacune des joueuses du Paris FC sait qu’elle ne retrouvera pas l’opportunité de jouer une finale de Coupe de France avant longtemps et surtout avec certitude. L’histoire du club leur a montré que la dernière jouée l’a été en 2005 ! Elles n’ont donc aucun doute sur l’investissement qu’elles doivent donner pour ne pas regretter, d’autant que la seule jouée en 2005 a été gagnée face à l’Olympique Lyonnais aux tirs au but (5-4).
Le regret, le poison du souvenir qui ne s’oublie qu’avec le gain de la réussite.
S’il y a bien une équipe qui sait ce que regretter est, il s’agit sans nul doute du Paris FC. A chaque fois éliminé pour des détails. Même à domicile, pour une 1/2 finale contre l’équipe dernière du championnat, Lille, en 2020. Tout le temps condamné à la troisième place de la saison. Au mieux et plus bas, au pire.
Un poison dont elle ont tout le temps entendu l’écho. De la plus jeune ou récente au club à la plus ancienne. Elles, qui n’ont jamais eu la chance d’avoir un titre tant en club qu’en Equipe de France dans une team faite d’un grand nombre de françaises (3 étrangères sur un peu moins de 26 joueuses.
Elles ont été trop souvent éliminées.
Elles ne voudront pas regretter.
« Les unes au service des autres ».
Elle savent que tout passera par l’Equipe. Aucune n’ayant envie de croire, qu’à elle seule, elle pourra faire la différence individuelle qui fait l’exploit. Un système qui ne fonctionne victorieusement qu’à la condition où les joueuses en sont les récipiendaires comme les demandeuses.
Là se trouve leur seconde force, pour avoir pratiqué cette maxime tout au long de la saison. Avec réussite pour avoir été la seule équipe à faire deux nuls avec le Paris Saint Germain (1-1 et 0-0) comme deux autres nuls contre l’Olympique Lyonnais (0-0 et 2-2). Des réussites qui demandent un aboutissement total dans le projet de jeu de Sandrine Soubeyrand, à la tête de l’équipe depuis sept ans maintenant. Tout juste élue meilleure coach 2025 par la Ligue professionnelle (LPFF).
Peu donneront la garantie de marquer et en même temps, toutes pourront le faire que ce soit dans le jeu avec Clara Matéo et Kessya Bussy, avec finesse pour Gaetane Thiney, sur coup franc de Théa Greboval ou un tir franc de la jumelle Daphné Corboz ou de Kaja Korojec.
C’est une équipe qui sera sur le terrain. Selon le niveau où elles évolueront ensemble, elles peuvent prétendre à rendre possible, l’impossible.
La performance
Dans la performance collective, on trouve l’aboutissement d’une performance individuelle. Un moment fort où tout fonctionne. La sportive de haut niveau marche sur l’eau, autant car elle en a l’envie que par le fait que l’environnement transforme les obstacles en réussites.
L’équipe du Paris Fc a l’environnement, les ingrédients pour vivre cette sensation. Lesquels ?
- La montée en Ligue 1, la veille, de la section masculine qui les a accueilli en 2017. Une performance incroyable pour un club qui a tutoyé, dans le passé, la descente en N2 et qui a dû se refaire un prénom, un nickname « certifié Paris » dans cette course au second club de la région parisienne, que l’US Créteil détenait, devant le Red Star.
- L’obligation d’être au niveau du géant du Luxe français avec l’arrivée de la société familiale patrimoniale de la famille Arnault (propriétaire de LVMH) au capital du club, assurant un avenir à ces deux niveaux de compétition, pour la section masculine comme féminine.
- L’avant-dernier match de Gaetane Thiney (39 ans), 163 sélections en équipe de France, 53 buts, 17 années au club et jamais blessée. Ses statistiques (footofeminin) indiquent seulement quatre saisons (2008, 2012, 2020 et 2022) sur les vingt-cinq de sa carrière où elle a joué moins de 20 matches sur 22 par saison. Une présence indéfectible justifiant qu’elle connaisse chaque morceau d’herbe et d’histoires de ce club et du football féminin dont Sofoot nous apprend qu’elle suit un cursus de Management à l’UEFA avec pour thèse à présenter sur l’évolution du football féminin.
- Elle aura très envie de lever les bras avec la Coupe, elle qui ne l’a que très rarement fait, en club comme en Equipe de France.
- Enfin, dans l’histoire récente, les matches nuls bien plus nombreux contre le Paris Saint Germain (cinq dans les quatre dernières saisons) montrant que l’équipe de Paris est revenue très proche de celle que l’histoire présente comme son ainée, le PSG. Une aînée du passé, peut-être ?
Pour toutes ses raisons et celles de l’inconnue d’un match, le Paris FC peut rendre possible, l’impossible.
William Commegrain Lesfeminines.fr
En direct sur France 4 – 15h00.
Les performances récentes avec les matches nuls.
- 2021-2022 : championnat aller (défaite 4-0) / Championnat retour (0-0)
- 2022-2023 : championnat aller (défaite 1-0) / championnat retour (0-0)
- 2023-2024 : championnat aller (défaite 1-2)/ championnat retour (1-1)
- play-off 2023-2024 : match nul (2-2) défaite tirs aux but
- CDF 2023-2024 : 1/2F match nul (3-3), défaite tirs aux but.