Si un jour Selma Bacha porte le capitanat de l’Equipe de France, comment sera cette équipe des Bleues ? Une force nucléaire qui respire seulement dans le camp adverse comme une nécessité physique ! Poussant cette balle le plus possible devant, pour qu’elle soit si près des buts adverses que les autres, celles qu’elle ne voit pas, les adversaires, se demandent si l’orage ou plus, la tornade française, aura une fin ?
Certaines qu’après 90 minutes de jeu et quelles minutes de plus, elle s’arrêtera. Seulement à ce moment, pas avant. Aux trois coups de sifflet de l’arbitre, les mains tendues vers le centre du terrain.
Alors, seulement à ce moment là, elles pourront respirer. Pas avant.
Si elle était un tableau, sans nul doute elle aurait pu être ce tableau de Delacroix, peinte en 1830, « La liberté guidant le Peuple ».

Il parait que des médecins avaient condamné la gamine lyonnaise à ne plus marcher dès ses premiers pas. Aujourd’hui, à vingt quatre ans, elle respire le mouvement, la course, l’allant, le devant, l’explosion, l’adversité et le hurlement de joie quand tout cela se finit bien, pour elle et pour son équipe.
Elle est exubérante. Elle est vivante.
A quoi sert le sport collectif ?
A donner à Selma Bacha la réussite qu’elle connait. Calmée par des Wendie Renard à l’expérience et au calme opposés. Par des Griedge M’Bock, diplômée et réfléchie quand Selma est une boule d’émotions positives. Aimée par ses coéquipières pour ses différences. Contestée certainement à d’autres moments, quand elle déborde. Comme on conteste une sœur. Sur le moment.
Qui aimerait entendre ses cris quand elle gagne et que vous perdez ? Personne. Il n’y a rien de Federer dans Selma Bacha quand elle gagne.

Elle est Selma, vingt-quatre ans, quarante et une sélections, un salaire mensuel de 42.000 € selon l’équipe. Et un palmarès incroyable à cet âge : Ligue des Champions Européennes en 2018, 2019, 2020 et 2022, six titres de championnes de France depuis 2018, trois Coupes de France et un titre de championne d’Europe U19 en 2019.
Sans le sport collectif, elle n’aurait été rien de ce qu’elle est sur le plan sportif.
Le football lui a transformé sa vie.
Quand elle marque en Equipe de France comme elle a scoré, Vendredi soir face à la Suisse, un « banger » de folie pour une joueuse d’un mètre soixante, on se demande comment serait une Equipe de France avec son capitanat ?
A s’équilibrer entre la folie de ses intentions et le sérieux que l’Olympique Lyonnais lui a appris à pratiquer.
Dans une semaine où Gaetane Thiney (39 ans, 163 sélections, 58 buts) indique sa retraite. Dans une Equipe de France où la sagesse (Soubeyrand, Bompastor, Renard, Henry, …) porte le capitanat depuis des lustres.
Et si, le brassard était donné à l’émotion ? Pour voir. Non pas pour critiquer les autres ou les condamner. Juste pour voir si explosion, il y a.
William Commegrain Lesfeminines.fr
La fiche technique
Le vendredi 4 avril 2025 à Saint-Gall (Kybunpark, Suisse)
Ligue des Nations de l’UEFA – Phase de ligues – Groupe A2 (3ère journée)
SUISSE – FRANCE : 0-2 (0-2)
Spectateurs : 11 011
Arbitre : Mme Catarina Campos (Portugal)
But : Baltimore (15e), Bacha (43e) pour la France.
Avertissements : Terchoun (72e) à la Suisse ; Cascarino (68e) à la France.
SUISSE : Herzog (g) – Calligaris, Stierli, Bühler pour Crnogorcevic (65e) – Maritz, Vallotto puis Reuteler (46e), Wälti (cap.), Ivelj puis Bienz (75e), Terchoun – Piubel puis Pilgrim (46e), Schertenleib pour Bachmann (65e).
– Remplaçantes : Peng (g), Böhi (g), Marti, Ballesté, Inauen, Beney, Fölmli.
– Sélectionneure : Pia Sundhage.
FRANCE : Peyraud-Magnin – De Almeida, Lakrar, Mbock Bathy (cap.), Bacha – Toletti pour Jean-François (63e), Geyoro puis Majri (85e), Karchaoui – Baltimore pour Dali (63e), Katoto puis Le Sommer (77e), Cascarino puis Mateo (77e).
– Remplaçantes : Lerond (g), Petiteau (g), N’Dongala, Renard, Bogaert, Gago, Malard.
– Sélectionneur : Laurent Bonadei