Le mot clé de ce match : PLAISIR. Les françaises ont joué avec plaisir. Le coach a apprécié avec plaisir et compte tenu de la situation tendue du football comme du football féminin français, les spectateurs et téléspectateurs ont pris du plaisir.
La valse sochalienne de la première mi-temps
La première mi-temps des Bleues, pour le premier acte du sélectionneur Laurent Bonadei, a été jouée comme peut-être dansée une valse enivrante, faire par un essaim d’abeilles en Bleue.
Il aurait fallu compter le nombre de triangles réalisées par Sandy Baltimore, Kenza Dali, Clara Mateo du côté gauche, puis de l’autre versant, par Delphine Cascarino, Grace Geyoro, Kadidiatou Diani pour comprendre à quel point les Reggae Girls ont subi cette première mi-temps, faisant même faire une faute incroyable à l’ex-joueuse de Fleury, Chantelle Swaby, ratant la balle de son dégagement, que Clara Mateo prendra, pour aviser et battre (22′, 1-0) une excellente Rebecca Spencer, gardienne de Tottenham, sauveteuse de trop nombreuses fois, des buts jamaïcains.
Difficile de dire si la domination incroyable de l’équipe de Laurent Bonadei a été due à une faiblesse des jamaïcaines, bloquées à demeure pendant douze mois par leur fédération, sans match à jouer et avec un bilan de sept défaites sur les dix dernières rencontres ou à une volonté des françaises de jouer un jeu parfait, à petites touches mais toujours en avançant, faisant craquer et nous poser des questions sur le niveau des adversaires présentées, comme l’arrière latérale Tiffany Cameron, ou la capitaine Vyan Sampson, milieu défensive qui n’a jamais intercepté un seul ballon !
Une défense très spectatrice sur le second but de Wendie Renard, déposé sur un corner de Kenza Dali (39′, 2-0), sa 39e réalisation pour 164 sélections.
Mais que pouvaient-elles faire après la tornade subie (13 frappes au but en première mi-temps) et la hauteur où évolue la capitaine française, habituée à jouer ces ballons pour les transformer en but.
(2-0) à la mi-temps, ce n’était pas cher payé après deux opportunités de Clara Mateo (10′, 13′), puis une autre cadrée à la 26′, sauvée par Spencer quand la dernière, touchera la transversale, d’un gauche (33′) lobant la portière de Tottenham.
Jouant sans véritable numéro 9 mais avec un essaim d’abeilles, Sandy Baltimore (Chelsea) y est allée d’un belle tête piquée (14′) repoussée par la gardienne quand Kadidiatou Diani (OL, 26′ et 33′) soumettait la gardienne au travail. Kenza Dali (Aston Villa), s’essayait à ce jeu de « pique and goal » mais trouvait Spencer sur sa route (35′ et 36′).
Les jamaïcaines, excellentes en Coupe du Monde 2023 (1 seul but encaissé, éliminée en 1/8e) soufflaient de bonheur de n’avoir qu’une minute d’extra-time d’accordée par l’arbitre Lizzy van der Helm des Pays-Bas. Leur unique incursion et occasion à la 9′, sur un déboulé de Deneisha Blackwood, était trop loin dans leur esprit pour leur donner le moindre espoir, et pour nous, la plus petite inquiétude.
Les certitudes de la seconde mi-temps
La seconde mi-temps nous apportera la confirmation que les Bleues, certes face à une faible équipe jamaïcaine, ont tout simplement joué leur meilleur première mi-temps depuis deux ou trois saisons.
Sandy Baltimore, réussira un superbe contrôle poitrine et demi-volée derrière, logeant le 3e but en lucarne opposée (3-0, 48′), bénéficiant d’une erreur incroyable de la latérale devant elle, Tiffany Cameron, jugeant mal le rebond du ballon, qui lui passe au-dessus de la tête !
Le jeu des françaises se fait plus verticale, moins rapide et diversifié. Les milieux et les attaquantes changent avec les entrées de Oriane Jean-François (46′), Julie Dufour (75′), Kelly Gago (75′), Cindy Caputo (75′), offrant une première sélection pour une vivacité plus classique et posée offrant la même domination avec moins d’occasions (Diani, 62e)
Le match se terminera sur ce score avec un but refusé pour hors jeu de Wendie Renard et le sentiment que Laurent Bonadei a réussi à mettre en place une tactique travaillée lors du stage, ce qui montre le degré d’écoute des françaises en relativisant ces facilités, par le niveau très faible des jamaïcaines.
Les enseignements ?
Sur le plan tactique, la qualité de la première mi-temps a été extraordinaire. A voir si elle a été facilitée par l’opposition mais les Bleues ont fait une réelle démonstration. A noter que dans cette défense à trois, il n’y a aucun dédoublement sur les côtés, ce qui laisse les pistons Delphine Cascarino et Sandy Baltimore, excellentes toutes les deux, à totalement s’exprimer. Cela oblige à un jeu offensif court avec une présence soutenue de Grace Geyoro, Kenza Dali qui donne beaucoup d’intensité offensive et pèse sur les défenses adverses. Avec l’animation qu’ont produit les joueuses, on a eu sous les yeux un ballet.
Clara Mateo (Paris FC) a été de tous les bons coups, sans changer ses qualités mais en bénéficiant de ses mouvements et de ceux des autres. Delphine Cascarino (San Diego), Sandy Baltimore (Chelsea) comme Kadidiatou Diani (OL), dans leurs qualités, se sont largement imposées à leurs adversaires. Kenza Dali (Aston Villa), a fait ce qu’elle sait faire : être redoutable face à des équipes qui joue comme la Jamaïque.
Les entrantes n’ont pas apporté plus comme diminué le niveau. L’intensité s’est juste réduit au fil de la rencontre et le seul problème à relever et la douleur musculaire d’Eugénie Le Sommer (OL), sans effort spécifique, à la 89′ pour sa 196e sélection, à trois sélections de battre le record de Sandrine Soubeyrand (198). Sa tête percutante à la 69′ laisse présager qu’elle possède le talent pour apporter des solutions à une équipe en reconstruction après 4 défaites (Brésil, Canada, République d’Irlande, Angleterre) sur les 7 derniers matches.
Enfin, le système défensif ne peut être jugée sur ce type de rencontre à sens unique. Il faut juste noter la titularisation d’entrée de Margaux Le Mouël (Paris Fc) pour une première sélection, la prestation correcte de Thiniba Samoura (PSG) et que Constance Picaud (Fleury FC 91) prend le poste de numéro 1 pour la rencontre à venir contre la Suisse (Mardi, W9, 21h00) et sera jugée définitivement face à l’Espagne (décembre). Un moment important pour la jeune parente, Laurent Bonadei étant adepte d’une numéro 1 plus que d’une concurrence exacerbée. Pauline Peyraud Magnin (Juventus) , habituelle titulaire, patiente. Lui laissant sa chance.
Au bilan, les Bleues ont joué avec plaisir, un match qui a donné du plaisir à son sélectionneur et aux 11.251 spectateurs comme aux téléspectateurs.
Laurent Bonadei (sur France 4) : « Ca fait plaisir. J’ai bien aimé le comportement des joueuses, dans les attitudes, dans l’humilité et dans le jeu. Le point noir, c’est Eugénie (Le Sommer) qui a senti une petite pointe, j’espère que ce n’est pas trop grave. On a expérimenté ce système (la défense à trois), elles ont bien travaillé toute la semaine, il y a encore de petits réglages à faire dans le domaine des transitions, notamment sur les récupérations de balle afin de pouvoir jouer plus rapidement vers l’avant, mais globalement c’est pas mal. Un beau match de gala nous attend en Suisse, on va l’aborder avec beaucoup de sérieux. »
William Commegrain Lesfeminines.fr
Match amical
Vendredi 25 octobre 2024 – 21h10 (Diffusé sur France 4)
FRANCE – JAMAÏQUE : 3-0 (2-0)
Montbéliard (Stade Auguste Bonal) – 11 251 spectateurs
Temps partiellement couvert (21°C) – Terrain en très bon état
Arbitres : Lizzy van der Helm (Pays-Bas) assistée de Gerda Brežneva (Lituanie) et Ieva Ramanauskienė (Lituanie). 4e arbitre : Manon Plandsoen (Pays-Bas). Arbitres VAR : Jeroen Manschot (Pays-Bas) assisté de Clay Ruperti (Pays-Bas)
Aucun avertissement
France
21-Constance Picaud ; 19-Thiniba Samoura, 3-Wendie Renard (cap.), 4-Estelle Cascarino ; 20-Delphine Cascarino (9-Eugénie Le Sommer-Dariel 60′, blessée 89′), 6-Margaux Le Mouël (14-Oriane Jean-François 46′), 8-Grace Geyoro, 17-Sandy Baltimore (7-Julie Dufour 75′) ; 10-Clara Matéo (18-Vicki Becho 87′), 11-Kadidiatou Diani (5-Kelly Gago 75′), 15-Kenza Dali (12-Cindy Caputo 75′). Entr.: Laurent Bonadei
Non utilisées : 1-Justine Lerond (G), 16-Pauline Peyraud-Magnin (G), 23-Marie-Morgane Sieber (G), 2-Maëlle Lakrar, 13-Jade Le Guilly, 22-Lou Bogaert
Jamaïque
13-Rebecca Spencer ; 15-Tiffany Cameron, 17-Allyson Swaby, 4-Chantelle Swaby, 12-Taylor Hinds ; 3-Vyan Sampson (cap.), 20-Atlanta Primus (6-Jade Bailey 80′) ; 7-Shania Hayles (16-Paige Bailey-Gayle 70′), 10-Jody Brown, 14-Deneisha Blackwood ; 9-Kayla McKenna (19-Natasha Thomas 70′). Entr.: Hubert Busby Jr.
Non utilisées : 1-Sydney Schneider (G), 2-Mahliah Atkins, 5-Lulu Jarvis, 8-Drew Spence, 11-Reanna Blades, 18-Mikayla Dayes, 21-Olufolasade Adamolekun, 22-Davia Richards