Saint-Malo, ville fière de son Histoire, attend le football féminin mondial (5 – 24 Août) avec ferveur et passion.

Un football qui ne lui est pas inconnu, forte d’une D2F qui a fini quatrième de son groupe, championne de Bretagne sous les caméras de TVR 35, prête à respecter le slogan du club “Cave Canem” transformé en haschtag #cavecanem. Les Bretonnes étant très “friendly” sur les réseaux sociaux. Un message inscrit dans les vestiaires du Stade Merville, signifiant “On ne lâche rien !” ou plutôt “Attention, les chiens sont lâchés (*)” nous dira Jean-Pierre Bargain, le manager du club, aux manettes des deux feux du football, et qui navigue à une honorable 3è place en N2 avec les hommes.

L’équipe féminine -qui a réussi, avec ses jeunes à bien finir son championnat U19 tout juste constitué-, appelée “les Diablesses” emporte tout sur son passage, mais sans oublier de se mettre au garde à vous face à “la machine de guerre” qu’est le suivi d’un tel événement organisé par la FIFA.

Le Mondial, un événement FIFA où rien n’est laissé au hasard. 

Neuf dossiers thématiques différents avec neuf cahiers des charges à respecter. Des conventions à signer qui arrivent à foison par mail. Un stade où personne ne pourra plus accéder autrement qu’avec une accréditation à compter du 16 juillet alors que les premiers crampons mondiaux débuteront seulement le 7 Aout. Quatre référents identifiés à trouver tant à la Mairie, qu’au club, pour les futurs VIP et surtout dans la sécurité. Cinquante personnes qui ont débarquées la semaine dernière, examinant tout. Pour que tout soit impeccable. Une expérience du niveau de celle du Mondial 2018 en Russie, pour un mondial breton des U20, avec des inspectrices islandaise et galloise qui partaient ensuite superviser le Mondial russe.

“C’est une machine de guerre où tout est prévu et encadré. Pour nous, c’est une expérience exceptionnelle !”. L’enthousiasme de Jean-Pierre Bargain tonne encore dans ma mémoire.  L’Union Sportive de Saint-Malo, avec ses 100 nouvelles licenciées féminines, se trouve au coeur d’un événement de même identité que son départ de la mythique Route du Rhum, organisé tous les quatre ans depuis Saint Malo, siège historique de la course transatlantique en solitaire, ouverte à tous les types de bateaux.

Alors, Saint-Malo regarde, les yeux grands ouverts, cette autre machine mondiale se mettre en place.

Les 600 volontaires triés sur le volet, comme dans un centre de recrutement. Avec leurs compétences et des profils de poste adaptés. Qui parle chinois, qui parle anglais ? Pas loin de 300 malouins et malouines se seraient manifestés. Tous réunis dans la grande messe du Roazhon Park, à Rennes. Pour se connaître et vivre des émotions loin de tout statut, de toutes différences d’âge, de toutes couleurs, de toutes opinions. Simplement du football. Là, un Mondial. En Bretagne.

Cela va vibrer en Bretagne du 5 au 24 Août.

Marie Antoinette Katoto, capitaine et buteuse lors du match amical France - USA du 7 mars 2018 (2-2). Crédit fff. Lesfeminines.fr

Marie Antoinette Katoto, capitaine et buteuse lors du match amical France – USA du 7 mars 2018 (2-2). Crédit fff. Lesfeminines.fr

Les féminines, un bonheur !”

Jean-Pierre, chef d’entreprise, manager du club et bénévole, s’emporte avec passion. “Les féminines, quel bonheur !”. Pas un mot de regrets d’avoir ouvert son club aux filles. Au contraire. Il a fallu certes investir un peu, par l’intermédiaire du sponsor privilégié qu’est le groupe Beaumanoir. Emplois pour les joueuses, encadrement et regard vers le haut. Avec parcimonie. On est en Bretagne, mais pas sans raison.

Alors, Jean-Pierre passe rapidement sur les “discussions intelligentes” entre la Mairie et la FIFA, pour partager le coût de la mise aux normes des installations, environ 120.000 €. Peu nombreuses. Le stade répondant déjà aux critères essentiels de la performance demandée par l’organisme mondial. Des discussions franches avec un maire, Claude Renoult, passionné de ballon rond, qu’il soit masculin comme féminin.

Ce n’est pas sans fierté que notre interlocuteur nous précise que Saint-Malo a réussi à faire bouger une chose ! Essentielle. Nous sommes en France, pays du culinaire. La FIFA a dû écouter les yeux éberlués. Leurs officiels devaient s’attendre au célèbre duo “croissant-baguette”. Nous nous situons plus précisément en Bretagne, et très précisément à Saint-Malo. Gens de caractère. Alors, la FIFA leur a accordé le droit de vendre la célèbre “galette-saucisse” locale, appelée à devenir une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). Non sans discussion. Mais avec fermeté.

C’est donc dans cette ville de France qui compte 1 million de touristes entre Juillet et Août, que la “galette-saucisse” sera proposée aux 3.500 chanceux qui auront le droit de voir l’Allemagne (Championne du Monde 2014) et le Nigéria (8 Août), Haïti et la Chine (7 Août) suivis des Bleues au stade Merville face aux Pays-Bas pour leur troisième match de groupe (17 Août) pour terminer par un Angleterre-Mexique, le 20 Août.

Et même si Jean-Pierre relève, non sans humour, avoir sempiternellement entendu le refrain du mot “héritage” de la part de la FIFA et du Loc ; il ne peut s’empêcher de sourire aux plaisirs qu’il a eu en recevant le match amical “France-USA” du 6 mars 2018 (2-2).

“Quel plaisir et quelle évolution ce football féminin !”

Avec l’ouverture d’un futur Sport-Etude, un recrutement encore plus affirmé en D2F, la Coupe du Monde U20, Saint Malo est prêt à ne rien lâcher sur le football féminin.

#CaneCavem”.

A bientôt en D1F ?

William Commegrain lesfeminines.fr

(*) La devise Malouine est due à l’avertissement que les malouins faisaient à leurs adversaires qui voulaient les envahir en passant par les remparts. Des dogues allemands les attendaient.

Ci-dessous, le match sous la pluie entre la France et les USA (2-2) de mars 2018.