DNCG pour le football féminin.

Institué il y a moins de cinq ans pour la D1F. Institution qui donnait des sueurs froides à tous les clubs amateurs de l’époque. Et ils étaient nombreux. Maintenant, seul Soyaux est en auto-financement. Il n’est pas surprenant que cela soit le premier club féminin sanctionné. Avec un budget quasiment identique au Stade de Reims, Fc Fleury, EA Guingamp, il est plus fragile. Les possibilités de refinancement sont proches de 0.

Si le Paris Saint Germain assure à chacune de ses sorties pour être prêt comptablement lors du choc face à l’Olympique Lyonnais pour la prochaine journée (14 mars 2020) ; Soyaux Charentes, dernier club exclusivement féminin de la D1F Arkema se voit confirmer les 3 points de pénalité octroyés pas la DNCG pour des soucis budgétaires.

Le tout couronné avec une sévère défaite à domicile contre Bordeaux (3e) ; leur laissant le leadership régional que les bordelaises avaient entamé à l’aller et confirme au retour. Une première pour Bordeaux, depuis 2017 dans l’élite quand Soyaux compte ses années en décennies.

L’ensemble, même s’il n’est pas dangereux sur le plan comptable du fait que l’OM n’a pas pu prendre les trois points face à Fleury et reste bloqué à 6 ; dans le petit monde du football féminin, il bloque les arrivées et interroge les départs.

Cette évolution de la D1F Arkema, excessive compte tenu que l’intégration dans les clubs masculins n’a rien donné de particulier à la division d’élite si ce n’est qu’elle a permis aux joueuses de toucher plus, sans pour autant, que cela soit assez pour en faire de manière réfléchie un métier, pose un problème structurel.

Ce n’est pas faute pour Soyaux d’être resté les deux pieds dans le même sabot. La communication est plus qu’opérationnelle, l’exigence professionnelle aussi. Juste, Soyaux est dans un désert footballistique du point de vue masculin. Et les coûts salariaux aujourd’hui sont hors de proportion de la réalité économique du football féminin. Une moyenne de 500 personnes au stade. Comment envisager de trouver des sponsors dans une telle situation ? Face à de tels chiffres, l’apport de la TV n’a pas de sens pour être une source financière.

Fallait-il créer cela, dans un univers où toutes les équipes sont des filiales de clubs masculins avec des moyens qui élimine le risque de déficit budgétaire ? Ou n’était-ce pas un des moyens pour éliminer les clubs féminins amateurs de l’élite ?

Le bilan de cette 16e journée 

Le Paris Saint Germain met fin à la série sans défaite de Guingamp qu’elles avaient commencé à Jean Bouin pour l’aller. (1-4) avec un équipe parisienne qui, comme à son habitude, tourne avec quatre buteuses différentes (Diani, Lawrence, Geyoro, Baltimore). Le tout pour une réplique de Désirée Oparanozie.

L’Olympique de Marseille a essayé de se battre devant le FC Fleury qui venait de connaître sa première victoire et qui vient d’en faire une seconde (2-3). Une belle réussite pour David Fanzel qui met Fleury en tranquillité avec 20 points. Une victoire octroyée par Larsen, Mallard et Haupais alors que Marseille est revenu grâce à Maeva Salomon par deux fois. Les marseillaises restent bloquées au stade des reléguables (6) à sept points de Soyaux.

Dijon s’est imposé en fin de match (86′, Lavaud) contre le dernier du championnat, le FC Metz. Les lorraines étaient revenues au score par Amélie Delabre (7′), répondant au premier but de Rodrigues (6′). Le Fc Metz quasiment condamné à la D2F (2 points) quand Dijon s’assure quasiment du maintien.

Le Stade de Reims a produit le match qu’il fallait pour ne pas être inquiété par la relégation. Un match nul à l’extérieur (0-0) face au Paris FC. Sandrine Soubeyrand, coach des parisiennes, “déçue de l’engagement et de l’intensité”.

Soyaux n’a rien pu faire contre la tornade bordelaise qui se prépare à sa première demi-finale de Coupe de France face au Paris SG. (0-4) contre Soyaux, avec Asseyi, Shaw et un doublé d’Ouleymata Sarr qui fait suite à son triplé en Coupe de France.

Au final, le PSG et l’OL sont à 41 points en tête du championnat, sans faire d’erreurs pour l’instant. Dans l’attente de l’OL – Montpellier demain. Bordeaux suit, à deux portées d’une faute du PSG. En bas du classement, Metz et l’OM semblent condamner à la D2F, à moins que Soyaux ne soit rétrogradé ? Un risque à envisager.