Visiblement, Wendie Renard en a pris pour son grade sur les réseaux sociaux. On lui reproche d’avoir célébré son but sur un penalty retiré contre le Nigéria, pour une faute au nouveau règlement, appliquée à la lettre.

C’est un peu n’importe quoi. Il faut bien distinguer le public, avec ses attendus émotionnels, moraux, et le sportif qui doit réaliser son objectif : la victoire.

Victoire est un mot qui nous semble vain, nous qui nous autorisons nos défaites avec facilités. Le sportif de haut niveau n’est pas dans l’empathie quand il pratique. C’est même totalement le contraire. Le problème des autres n’est son problème qu’à la condition où il devient son problème.

Ce n’est pas Wendie Renard qui est comme cela, ce sont tous les sportifs de haut niveau.

La veille, certains avaient cru que Carli Lloyd avait volontairement raté son pénalty face à la Chilienne, excellente d’ailleurs, et gardienne du PSG, Cristiane Endler. Une paille. S’il avait pu être retiré, elle l’aurait marqué sans souci. Et célébré de concert. Le 16e et 17e but de Marta qui l’ont faite entrer dans l’Histoire des Coupes du Monde sont des pénaltys. Le premier face à l’Australie, le second contre l’Italie. Vous pouvez chercher ses autres occasions, elles n’existent quasiment pas.

Croyez-moi, à aucun moment elle ne pensera que le record de Klose est battu “facilement”. Un gag si vous vous aventurez à cela, et elle sera comprise par les 551 autres joueuses de ce Mondial, comme par tous les joueurs ayant participé à un Mondial.

Il suffit d’avoir été en zone mixte pour le savoir. Christiane Endler n’a aucun mot particulier pour le doublé de Carli Lloyd. Il ne viendrait même pas à l’esprit de la gardienne thaïlandaise de critiquer les célébrations des 13 buts américains qu’elle a encaissé contre les USA, établissant un record mondial en football féminin sur les sept précédents mondiaux.

Et dans la zone mixte française pour ce but vainqueur des Bleues, même si les joueuses françaises ont été particulièrement inefficaces, aucune joueuse des deux camps ne remettaient en cause le but de Wendie Renard. Les Bleues remerciaient la VAR et la règle. La gardienne jamaïcaine disait qu’elle ne pouvait pas revoir l’action alors que la règle lui donnait cette possibilité.

Et moi, ce qui me scandalisait c’était cet outil : la VAR et la loupe qui va avec. Une injustice discriminante flagrante. Une règle, sans entraînement et sans moyen, sans formation ; c’est la guillotine assurée. Il y aura ceux et celles qui pourront s’entraîner à la maîtriser et les autres. Dans le football féminin, ils sont peu nombreux et encore plus dans le Sud que dans le Nord.

De plus, le pénalty, lieu d’émotion intense de ce sport n’aura plus que deux échéances. Soit il est cadré, soit il est raté.

A créer des autoroutes de règles, les gens s’endorment et les bourgeois bien-pensants grossissent. La VAR, règle de riches.

William Commegrain Lesfeminines.fr