Marie-Laure Delie, quand elle est au Top, c’est Sissoko en finale de l’Euro 2016 face au Portugal.

Un ton au-dessus en train d’exprimer tout son physique et de mettre sa technique au niveau de sa qualité première, sans forcer, naturellement mais avec le plus EN vitesse que cela en est imparable. Comme elle est capable de le répéter, cela devient surdimensionné.

Un championnat 2014-2015. Deux saisons détonnantes. 

C’est ainsi qu’elle avait marqué contre Juvisy pour qualifier le Paris Saint Germain lors de sa deuxième qualification européenne (2014), dans un match qui s’est terminé sur un 2-2 et restera certainement une des oppositions de haut de tableau les plus indécises du championnat de France, à une journée de la fin du championnat. Elle avait pris le trou, le ballon et du milieu de terrain avait quasiment emporté avec elle l’expérimentée Nelly Guilbert (défenseur centrale de Juvisy) qui n’a rien pu faire devant le physique et la détermination de la parisienne.

C’est encore elle qui s’était battue à distance lors de la dernière journée avec Gaetane Thiney pour le titre de meilleure buteuse, finissant dans les 10 dernières minutes, par lâcher prise alors qu’elle menait d’un but (Yzeure, (4-0), 23 buts, 58′, 76′) quand la juvisienne faisait un triplé, dont deux à la 80 et 85′ pour finir par passer devant avec 24 buts. Une année qui s’était jouée dans les 10 dernières minutes. A Charlety, le PSG la poussait. On m’a dit que pour Juvisy, il en avait été un peu de même. Les SMS naviguaient.

C’est aussi ainsi, qu’elle avait égalisé en Finale de la Women’s Champions League face au FFc Frankfurt (2015) après un but de Célia Sasic. Elle s’était élevée dans les airs et avait tout enlevé sur son passage. Un dunk de basket.

En quelque sorte, cette année là, l’Histoire pourrait retenir que Marie -Laure Delie avait qualifié son équipe pour la Women’s Champions League, pour quasiment lui apporter le titre la saison suivante. Elle voulait l’Europe.

Une performance en équipe de France

En Equipe de France, c’est elle qui avait ramené le score face à l’Angleterre, en novembre 2012. Mené 2-0 à Charlety, elle avait fait un doublé dont notamment un lob subtil de 20 mètres qui avait trompé la gardienne anglaise, les frustrant d’une revanche qu’elles souhaitaient après l’élimination en quart de finale de la Coupe du Monde 2011 qui avait lancé la France sur une aventure que les observateurs qualifient d’exceptionnels et dont les anglaises auraient voulu être propriétaires.

C’est aussi Elle qui avait relancé l’équipe de France lors du dernier mondial face au Mexique (5-0) après une surprenante défaite colombienne en poule (0-2). Remettant les bleues dans la confiance qui leur avaient permis ensuite d’accéder aux quarts de finale.

Marie-Laure Delie, c’est 102 sélections pour 63 buts. La meilleure buteuse de l’effectif même si elle reste encore loin du record de Marinette Pichon (81), difficile à atteindre et qu’une joueuse comme Lotta Schelin (Sue), avant-centre vient juste de dépasser (83).

L’attaquant est un artiste qui doit si bien maitriser son art qu’il doit le transformer en “ouvrier”, associant la certitude et la répétitivité. 

Marie-Laure Delie est cette puissance. Puis des fois, le plus souvent par excès de bonnes intentions, elle va rater des occasions dès lors qu’elle dissocie son physique de sa technique. Elle a tellement envie d’exploser la balle que le geste part, la seconde avant, la seconde après. Et le cadre s’échappe.

C’est la vérité de tous les attaquants. D’arriver à cette alchimie et à cette harmonie unique qui fait le but. Le but pourrait être l’occasion mais qui n’a pas vu des joueurs ou joueuses rater le but les “cages vides” ? Le but n’est pas tout le temps l’occasion, il est l’harmonie et l’alchimie du moment. Du geste et de son équilibre.

C’est rare. Quand on l’a, c’est un filon. Marie-Laure Delie, quand elle le possède, est inarrêtable. Sissoko au féminin. Impressionnant, unique. Au-dessus, tout simplement.

William Commegrain lesfeminines.fr

PS : je vais essayer de faire un portrait de chaque joueuse de l’EDF. Je les ai très souvent vu, depuis cinq ans. Acceptez mes excuses pour les joueuses qui ne se reconnaitraient pas ou n’accepteraient pas ces écrits. Ils ne sont pas fait pour déstabiliser. Juste pour montrer le regard que l’on peut avoir de l’extérieur. Avec la part d’erreur qui va avec. Je ne recherche pas la perfection. Juste une forme de vérité et je sais connaître correctement le football féminin.

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