“Les jeunes au turbin”. C’est une expression populaire qui signifie, on se retrousse les manches et au travail. Dans une équipe de France qui avait pris pour slogan “l’entrée des jeunes dans le groupe”, les événements de l’équipe de France ont obligé le sélectionneur, Philippe Bergerôo à mettre dans le groupe France, pas moins de 60% de sélectionnées (13) avec moins de 10 sélections au compteur.

La jeunesse, un choix déterminé.

La jeunesse dans la sélection française est un choix comme une stratégie choisie par Philippe Bergerôo.
Obligation, obligation à demi. Au lendemain de la Coupe du Monde, il s’en était ouvert dans les colonnes de l’Équipe (édité un samedi), précisant que c’était de son analyse, certainement une obligation qui s’imposait à la France pour pouvoir avoir des armes lors de la Coupe du Monde 2019, en France et qu’il allait l’appliquer pour la période à venir. De cette obligation, il en faisait aussi  une réponse à la demande du Président Noël Le Graet, de préparer l’avenir de l’équipe de France.

Un choix d’ailleurs appliqué lors des événements de l’équipe de France. 

D’ailleurs, à la suite de blessures qui se sont présentées en Équipe de France, Philippe Bergerôo a appelé des jeunes joueuses, Viviane Asseyi (20 ans, 8 sélections, Montpellier), Marion Torrent (23 ans, 0 sélection, Montpellier) pour substituer Laure Boulleau ou Jessica Houara, sans chercher des postes pour postes quand des joueuses faisant partie du groupe des 30 mondialistes pouvaient postuler (Julie Soyer, 30 ans, Juvisy).

Comme des moins jeunes mais avec peu de sélections
De la même manière, la sélection initiale française comporte des féminines qui n’ont pas une grande antériorité en Équipe de France ou qui la découvre, à des âges où, en football féminin, on trouve facilement des profils à 30 ou 40 sélections. Charlotte Bilbault, (25 ans, Juvisy, 3 sélections). Aurélie Kaci, (OL, 25 ans, 3 sélections), Karima Benameur, (26 ans, Juvisy, 2 sélections), Méline Gérard (25 ans, OL, 3 sélections), Laetitia Philippe (24 ans, Montpellier, 3 sélections) sans prendre Céline Deville, 31 ans, Juvisy, habituelle seconde gardienne de l’équipe de France.

En rappelant que Philippe Bergerôo a appelé, initialement, des jeunes supplémentaires.

Marie Charlotte Léger (19 ans, Montpellier), Valérie Gauvin (19 ans, Montpellier),

La jeunesse est un choix déterminé et volontaire de Philippe Bergerôo pour passer l’année 2015-2016, préparatoire aux JO de Rio, en Août prochain.

A l’exemple de Montpellier qui présente une équipe très jeune sans complexe, avec la réussite que l’on sait, (2è du championnat) ; c’est un choix qui peut s’avérer payant. Très payant. Ou le contraire.

Ce choix rencontre une difficulté ponctuelle mais une difficulté significative.

Ce n’est pas une, ni deux, mais huit blessées par rapport au groupe des 23 mondialistes que la France comptabilise. 

Sarah Bouhaddi (gardienne, OL, opérée), Laure Boulleau (latérale, PSG, adducteurs), Jessica Houara D’Hommeaux (latérale, PSG, blessée), Anaig Butel (centrale, Juvisy, blessée), Claire Lavogez (milieu, Montpellier, blessée), Amandine Henry (?), Elodie Thomis (milieu, OL, blessée), Kenza Dali (Milieu, blessée).

Il a puisé dans les sept réservistes de l’équipe de France du Mondial 2015.

Huit blessées, 1 exclue. Sur les sept réservistes de 2015, seule Julie Soyer n’a pas été prise. Dans une telle situation, quelle est la raison folle qui a fait exclure du groupe France une joueuse comme Gaetane Thiney ?
Rappelons nous de la liste préparatoire au Mondial avec les 7 réservistes. Il y avait Viviane Asseyi (Montpellier, 20 ans), Charlotte Bilbault (Soyaux, 25 ans), Aurélie Kaci (Paris, 25 ans), Clarisse Le Bihan (Guingamp, 20 ans), Sandie Toletti (Montpellier, 20 ans), qui sont toutes dans le groupe actuel.

Ne manque qu’Amandine Guerin (Soyaux), déja appelée mais qui n’a pas été rappelée pour cette convocation, Philippe Bergerôo étant déjà fourni en gardiennes, quand  Julie Soyer (Juvisy) est totalement mise de côté (?) de manière incompréhensible, autre que celui d’un choix.

Dans ce contexte, on peut se demander quelle est la raison “folle” qui a fait éclater le groupe de l’équipe de France quant à l’exclusion d’une joueuse (sanction visiblement) avec une telle expérience comme Gaetane Thiney ? Je ne sais pas si l’environnement, le ou la, ou les personnes ont bien mesuré les conséquences directes et indirectes de tout cela sur la performance à court terme de l’équipe de France, seule vitrine du football féminin et sur son environnement. A l’évidence, c’est un risque. Souhaitons que cela ne soit pas un pari.

Bilan ? 

Aurait-il pu faire autrement ? Philippe Bergerôo aurait-il pu faire autrement ? Le football féminin ne comporte pas assez d’élites capées pour compenser et Farid Benstiti me le disait lors d’une interview. A juste titre : “il risque d’y avoir un trou de générations” et si la France ne gagne pas quelque chose en 2016, alors cela sera problématique.

Le onze sera d’expérience. Par contre, le banc sera très inexpérimenté. Est-ce que cela sera suffisant face aux Pays-bas et à l’Ukraine ? C’est à Elles de le dire.
. Quand vous regardez la liste des joueuses de D1, à part Julie Soyer (Juvisy) et Camille Catala (Juvisy) comme Corine Petit (OL), Marina Makanza (Potsdam, ger) que le sélectionneur ne reprend plus malgré leurs niveaux, toutes les trois déjà suffisamment capées pour compenser un déficit d’expérience tout en ayant les capacités physique du haut niveau international, les autres joueuses évoluant en France (hors Sandrine Bretigny qui évolue en D2 à l’OM) n’ont pas assez d’expériences internationales pour justifier d’une réponse à une question posée ainsi : “avons-nous des joueuses qui ont une vingtaine de sélections sur le marché ?” La réponse est non.

Alors, ce sera les jeunes au turbin !? Dans la composition qui est proposée plus bas, pas encore. La France peut proposer un onze de référence expérimenté, soit en maturité, soit en matches internationaux de joués, en clubs comme en équipe nationale.

Par contre, c’est un banc très jeune qui “va aller au turbin”, soit “au travail”. Elles ont des armes pour cela, avec une volonté de s’impliquer et d’agir de la première à la dernière minute. C’est une évidence, c’est la force de la jeunesse.

Est-ce que cela sera suffisant face aux Pays-bas (12è fifa) et face à l’Ukraine (23è fifa) ? A Elles d’apporter la réponse.

France : 

Équipe probable : Meline Gérard (25, 3 sel) – Sabrina Delannoy (29, 28 sel), Laura Georges (31, 164 sel), Wendie Renard (25, 73 sel)(cap), Amel Majri (22, 11 sel) – Kheira Hamraoui (25, 20 sel), Camille Abily (30, 153 sel), Elise Bussaglia (30, 147 sel), Louisa Necib (28, 132 sel) – Marie Laure Delie (27, 92 sel), Eugénie Le Sommer (26, 112 sel.). Coach : Philippe Bergerôo.

Karima Benameur (26, 2 sel), Laetitia Philippe (24, 3 sel). Griedge Mbock (20, 10 sel) , Marion Torrent (23, 0 sel), Aurélie Kaci (25, 3 sel), Charlotte Bilbault (25, 3 sel), Viviane Asseyi (21, 8 sel), Kadidiatou Diani (20, 8 sel), Marie Charlotte Léger (19, 1 sel), Sandie Toletti (20, 4 sel), Valérie Gauvin (19, 0 sel), Clarisse Le Bihan (20, 3 sel)

 William Commegrain lesfeminines.fr