A ce stade de la compétition où le premier contrat a été rempli avec la qualification au Mondial Brésilien de 2027, que peut-il rester pour ces deux nations qui vont se produire au Mondial de l’année prochaine pour la première fois de leur histoire ?
Est-il possible ou était-il raisonnable qu’elles puissent aussi prétendre à la finale voire au titre quand la compétition a commencé, avec cet imbroglio de date repoussée (de janvier à Juillet) pour une meilleure négociation marocaine du titre masculin africain, suite à une contestation entendue sur tapis vert ?
Et pourtant, la réalité leur impose maintenant d’y rêver.
Même mieux, de l’ambitionner, à deux matches du final.
L' »underdog » ou challenger algérien est même en droit de le poser comme postulat, à l’image du Cameroun, sans saveur particulière, se retrouvant vainqueur d’un Nigeria, dix fois titrés sur quatorze, et ouvert aux quatre vents défensifs avec le pire score pour la gardienne, de la compétition : six buts encaissés en quatre matches.
D’autant que les fennecs de Farid Benstiti ont reçu trois trophées de la « meilleure joueuse du match » avec Melissa Bethi (milieu défensive, FC Nantes 20 ans), sa capitaine anglaise Marine Dafeur (31 ans, Bristol City) et la joueuse de Trabzbonsport, Amira Oul Braham (28 ans).
Avec six joueuses ayant joué l’intégralité des six matches, le coach algérien possède une matrice solide sans avoir trouvé l’attaquante qui assure la réussite, chacun n’ayant marqué qu’un seul but. A l’opposé, sans surprise pour les connaisseurs, il a mis en place un système défensif de qualité avec seulement deux buts encaissés dans la compétition. Le deuxième meilleur résultat des quatre finalistes, après le Maroc (1 seul but encaissé)
Ce qui n’est pas cas du Malawi (six buts encaissés)
Si l’Algérie devra jouer avec solidarité, le Malawi, petit pays africain, « pue » le football de talent avec les deux soeurs Chawinga, dont Temwa, une des meilleures buteuses de la compétition (4 buts), deux fois nommées meilleure femme du match et l’ainée, Tabitha, joueuse de l’OL Lyonnes (deux buts, 1 âsse décisive), facturée à 75.000 euros mensuel, partie de bien plus loin financièrement, connaissant de par trop, les effets positifs d’une réussite financière dans la compétition internationale.
Si l’Algerie a quinze joueuses évoluant en France, quelque soit le championnat, sur les vingt six d’une sélection, le Malawi a trois talents, Tabitha Chawinga (2 buts et deux passes décisives), Temwa (4 buts) et Rose Kadzere, joueuse de Montpellier (deux buts, 20 ans), élue aussi MVP lors d’Egypte-Malawi (1-3). Un total de neuf buts marqués sans aucun pénalty. Le meilleur résultat offensif des quatre demi-finalistes.
Le Malawi ne reviendra pas facilement aussi haut. Les soeurs Chawinga ont 27 et 30 ans. Il y a là, dans le passé, pour elles deux, quand les mondiaux ont fait briller l’Espagne et l’Angleterre, une tonne de déception à n’avoir jamais pu jouer dans la cour des grandes avec un tel talent.
Les filles jouent maintenant pour l’argent, mais aussi pour inspirer.
La solidarité algérienne sera opposée aux besoins de lumière des joueuses de Malawi.
Qui gagnera, aujourd’hui à 19h00 ? Les joueuses le décideront.
William Commegrain Lesfeminines.fr