A mi-parcours (J3/J6) de ce « tournoi qualificatif » pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil (25 Juillet-25 Août), joué sur 3 mois (3 mars au 9 juin), l’Angleterre a réussi sur le fil à s’imposer face à l’Espagne (1-0, 3′, Laura Hemp) dans un Wembley plein, pour ce qui a été l’opposition du groupe A3 (Angleterre, Espagne, Islande, Ukraine), entre les deux meilleures équipes européennes du moment.

Les joueuses de Sara Wiegman prennent donc la tête en attendant le retour, prévu lors de la 5e journée en Espagne.

Une première place qualificative directement pour la Coupe du Monde UEFA. Quatre groupe se disputant cette première place, sept autres équipes seront obligées de passer par une épreuve de qualification supplémentaire.

Phase qui ne peut inquiéter les françaises puisque seront réunis les 12 équipes restantes de la Ligue A, les douze meilleures de la Ligue B (soient les 1er, 2e et 3e de la Ligue B) et enfin les huit meilleures de la Ligue C. Hors cataclysme, impossible compte tenu des gaps entre les Ligues, les Bleues, classées 7e mondial, ne pourront être défaites lors des deux matches de qualifications à jouer d’Octobre à Décembre 2026.

La défaite contre les Pays-Bas (2-1) n’a donc pas d’incidence directe sur la présence française au Mondial 2027, sauf à considérer que les Bleues travaillent pour une médaille mondiale avec un groupe dont le sélectionneur, Laurent Bonadei, en poste depuis 20 mois (août 2024) comme numéro 1, confirme que ses grandes lignes ne changeront pas.

On voit mal, dans ce qu’on a vu, les Bleues revendiquer une médaille, tant le parcours a été chaotique lors des trois premières journées, à moins que la France ne fasse des qualifications à la mode suédoise. Toujours à la limite, pour terminer par deux fois troisième mondiale (2019, 2023), comme deux fois médaille d’Argent aux JO (2016, 2020)

Un semblant de défaite face à l’Irlande du Nord, menées (1-0) que Melvine Mallard n’a pas voulu (entrée à la 71′, autrice d’un doublé à la 71′ et 79′). Un contenu difficile contre la Pologne (4-1), adepte du contre (égalisation à la 29′ par Pajor) qui ne craque qu’au terme d’une exclusion à la 45’+2. Et enfin, pratiquement aucune occasion contre les Pays-Bas dont deux, que Marie-Antoinette Katoto vendange réellement, et dont on a oublié qu’elle fut une « M’Bappé » féminine potentielle, maintenant forte contre des équipes au-delà du Top 20 mondial, inexistante dans le Top 10, peu titulaire à l’OL Lyonnes, et payée 75.000 euros mensuel selon l’Equipe.

A ce déficit offensif d’occasions vient s’ajouter une faiblesse défensive constante. Depuis la non-sélection de Wendie Renard (février 2025 contre l’Islande), si les quatre premiers matches ont été des cleansheets, toutes les rencontres ont vu les filets des Bleues trembler pour seize buts encaissés sur douze matches, obligeant les attaquantes françaises à marquer entre un ou deux buts au minimum.

Si on associe cette statistique récente avec la difficulté d’être présente offensivement, on doute du potentiel médaillable de l’Equipe de France au Mondial 2027, source de l’objectif du sélectionneur qui devra trouver, avec des joueuses, pourtant sur tous les terrains du monde (France, Allemagne, Angleterre, USA), une énergie compétitive et un niveau qui fassent la différence pour une médaille d’Or, d’Argent ou de Bronze mondiale.

Il faut que les joueuses aient conscience que leur statut actuel a été le fruit d’une performance sportive passée et non pas du simple fait d’être footballeuse. Sans cette performance, les suiveurs occasionnels voient dans les joueuses, des filles qui jouent du syndrome de l’imposteur sans en avoir conscience.

Rappelons que les salaires des meilleures dépassent des salaires de Ligue 2 masculine devant un public 50 fois inférieur. Que l’encadrement des sections (coaches, adjoints, préparateurs, dirigeants) coûtent si cher que les clubs s’interrogent à le supprimer (Dijon) ou le font (Montpellier) malgré les conséquences d’image que cela supportent. Que les moyens donnés aux joueuses sont prélevées sur des budgets masculins et donc soumis, à chaque saison, aux risques de la contestation voire à des plafonds, comme l’impôt l’est sur le plan politique et donc, si, il n’y a rien comme émotion, performance, les médias le repousseront au fin fond des grilles de médias, sur des supports tiers dont ils ont la propriété.

Affirmons que le football féminin ne peut pas faire fonctionner tout cet ensemble sans contrepartie sportive. Cela été trop oublié dans le passé et peut s’excuser du simple fait qu’elles n’avaient rien. Ce qui n’est pas le cas de la génération actuelle mais risque d’être le cas de celle future.

Le sentiment actuel est que l’équipe n’est pas au niveau de l’objectif sportif et que les Bleues descendent graduellement mais constamment par rapport à leurs aînées qui n’en doutent pas. Dans un monde de réseaux ou toutes se connaissent, leurs adversaires le savent tout autant.

Il faudra donc, faire obligatoirement plus, pour avoir mieux. Sinon, cela sera bien moins.

Samedi 18 avril sur W9, J4 entre la France et les Pays-Bas

les groupe A UEFA à la J3.

  • Groupe A1 : Danemark (7), Suède (4), Italie (4), Serbie (1)
  • Groupe A2 : Pays-Bas (7), France (6), Irlande du Nord (3), Pologne (1)
  • Groupe A3 : Angleterre (9), Espagne (6), Islande (3), Ukraine (0)
  • Groupe A4 : Allemagne (9), Norvège (6), Slovénie (3), Autrice (0).