La première rencontre des Bleues pour la qualification directe au Mondial 2027 au Brésil (24 juin-27 juillet) a eu de quoi surprendre et relever du miracle tant le contenu irlandais (21e FIFA, 1-0 à la 12’) a bousculé les certitudes de possession du jeu français, inefficace, avec 80% et 1 tir cadré pendant plus de 70 minutes de jeu.
Première période — l’Irlande surprend (1‑0, 12’)
Rien ne laissait présager cette réalité sauf à avoir oublié le caractère irlandais, toujours offensif et tout en verticalité qui avait fait du mal aux Bleues dans un passé récent ;
Sauf à ne pas avoir entendu les commentaires d’avant-match précisant que le terrain avait été réduit au minimum en largeur, passant de 68 mètres à 64. Idéal pour une équipe qui joue avec cinq défenseures et trois milieux de terrain travailleuses.
Sauf à ne pas connaître le nom de sa capitaine, Katie Mc Cabe, latérale gauche (Arsenal, championne d’Europe 2025) et buteuse sur ce match, sur une pénétration de 50 mètres ;
Sauf à ne pas avoir été surpris du talent de la jeune Emilie Murphy, 23 ans, Newcastle, passeuse dans le dos, du but qui a fait croire à l’Irlande, jusqu’à la 70’, que c’était son soir ! Dernière des 16 équipes de la Ligue A.
Et enfin, sauf à oublier que les Bleues de 2025, date de l’intronisation de Laurent Bonadei, n’ont plus les qualités de leurs aînées (sortie de Wendie Renard, Eugénie Le Sommer, Kenza Dali, Sandie Toletti) et qu’au fil du jeu, si on les bouscule, on voit se révéler des erreurs de jeunesse ou des limites de talents dans l’exploitation de la situation.
C’est le lot des Bleues de 2026 que d’être friables, changeantes, imparfaites.
Prestation Masterclasse de PIcaud-Inconnu et entrée décisive de Melvire Malard (1-2, 71′, 79′) et retournement de la situation
A l’inverse, les deux joueuses du match pour les Bleues ont été Constance Picaud-Inconnu, gardienne du FC Fleury 91 (4e du championnat actuel), autrice de cinq arrêts significatifs et toute heureuse que Marie-Antoinette Katoto, attendue comme buteuse, devienne la « sauveuse » du résultat à la 90’+3, avec une balle sortie sur la ligne des Bleues, de la tête, sur un coup de canon d’O’Sullivan dans une marée de joueuses françaises et irlandaises.
Constance Picaud-Inconnu, à l’image de Katie Mc Cabe, représente bien le football féminin dans son ensemble, avec la part que la société a organisé, LGBT dans l’âme, mariée pour la française, à sa femme, Océane Inconnu, parents d’une petite fille, et déterminée à être sportive de haut niveau tout en faisant respecter son droit au mariage homosexuel comme au mariage des noms, peu importe que pour les francophones, il porte à confusion.
D’ailleurs, en terme de football, Constance Picaud (1.80) porte très bien son nom marital d’Inconnu. Passé au travers des sélections des jeunes (seulement 2 matches en U17) – ce qui est rare -, formée à la Roche sur Yon comme Clara Mateo, prise par Corinne Diacre en 2021 comme 3e gardienne quand elle gardait les cages du Havre, dernier du championnat à ce moment, passée par le PSG dans la foulée à 23 ans ( 2021-2024) sans convaincre néanmoins (33 matches et blessée), et maintenant gardienne du FC Fleury 91 et de l’Equipe de France (14 sélections au 6 mars 2026).
La seconde joueuse française est réunionnaise, formée à l’Olympique Lyonnais et partie s’exiler à Manchester United depuis 2023, d’abord en prêt puis maintenant sous contrat. Il s’agit de Melvine Malard, (1,71, 25 ans), entrée à la 70’ et buteuse à la 71’ pour égaliser (1-1) sur une percée d’une clarté footballistique incroyable !
Ballon porté vers l’avant, pénétration, dribble dans la course d’une première adversaire. Continuation de la percée, puis second dribble de la seconde, afin d’aller dans l’espace libre face au but, pour d’un tir croisé, dans la continuité égaliser et redonner l’espoir aux Bleues, perdues à se faire des contrôles-passes, sans s’essayer à l’essence du football, le dribble !
Soit, pour en être devenues incapables, trop habituées à s’entraîner aux jeu du contrôle passe et n’être qu’un rouage, d’une machine qui au bout d’un certain temps, tourne en rond, ne sachant plus pourquoi elle tourne ; soit révéler aux yeux des observateurs qu’il s’agit de leur niveau potentiel et donc, n’attendre la décision que sur un exploit, en espérant que la défense soit assez solide pour ne pas subir les exploits des adversaires.
L’incroyable se réalisera huit minutes plus tard (1-2, 79’), sur un cafouillage synonyme d’intensité défensive irlandaise et de tentatives françaises, la balle lui vient dans les pieds, pour que, comme une joueuse de tennis, à la volée, elle intercepte le ballon et le met au fond des cages irlandaises.
Bleues — Irlande 1‑2 : un miracle à la 93e de Katoto qui sauve la victoire
Assommées comme on doit l’être quand un tenancier de bar irlandais vous sort de son antre, aux motifs que vous chantez trop fort, alors que le romantisme irlandais est de savoir combien de temps vous allez tenir sur ces verres de bières sans rendre à la nature ce que votre corps demande d’éjecter rapidement.
Il faut croire qu’elles tiennent longtemps puisqu’à la 93’, la « policière » Marie-Antoinette Katoto leur a retiré de la bouche, l’exploit d’une égalisation.
Qualification au second tour !
Au bilan, les Bleues (pourtant dans le Top de la Ligue A) ont de la chance. Les Pays-Bas et la Pologne se sont quittés sur un match nul (2-2) les plaçant, grâce à leurs opportunités, en tête de leur groupe.
Deux buts des deux côtés alors que le système défensif français est friable. Il va falloir du caractère Samedi à Dijon contre la Pologne pour essayer de proposer un contenu plus efficace et un résultat moins chanceux.
Sinon, il faudra penser à regarder les règles de qualifications (les 4 meilleures équipes de Ligue A sont qualifiées) ; les autres se disputeront dans les épreuves de barrage (12 autres de Ligue A, 12 de Ligue B et 8 de Ligue C).
Trente-deux équipes sont qualifiables pour le Mondial dont onze de l’UEFA et quatre places directement qualificatives (attendus, Allemagne, Espagne, Angleterre et un quatrième, Suède- France ou surprise)
Il reste sept places à prendre. Au vue du contenu d’hier soir, c’est dans ce registre que les Bleues doivent regarder.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Le mardi 3 mars 2026 à Dublin (Tallaght Stadium).
Qualifications à la Coupe du monde 2027 de la FIFA – 1re journée (groupe A2)
RÉPUBLIQUE D’IRLANDE – FRANCE : 1-2 (1-0)
Affluence : 8 376 spectateurs
Arbitre : Tess Olofsson (Suède).
Buts : Katie McCabe (12e) pour la République d’Irlande ; Melvine Malard (71e, 79e) pour la France.
Avertissements : Katie McCabe (14e) à la République d’Irlande ; Élisa De Almeida (3e) à la France.
RÉPUBLIQUE D’IRLANDE : Brosnan – Mannion, Hayes, Patten, Mustaki, McCabe (cap.) – Connolly (Barrett, 85e), Sheva, O’Sullivan – Murphy, Carusa (Larkin, 70e).
Remplaçantes : Whitehouse (g), Moloney (g), Stapleton, O’Hanlon, Finn, Toland, Littlejohn, Kiernan, Noonan, Quinn.
Sélectionneuse : Carla Ward.
FRANCE : Picaud-Inconnu – De Almeida (N’Dongala, 69e), Samoura, Lakrar, Morroni (Malard, 69e) – Geyoro (cap.), Jean-François (Ebayilin, 86e), Karchaoui – Diani (Sombath, 86e), Mateo (Katoto, 46e), Baltimore.
Remplaçantes : Chavas (g), Pinguet (g), E. Cascarino, Le Moguédec, Sangaré, Fazer, Gago.
Sélectionneur : Laurent Bonadei.