Dans une rencontre qui a de moins en moins le qualificatif de « Clasico », l’OL Lyonnes, au Groupama Stadium, n’a laissé au Paris Saint Germain qu’une vingtaine de minutes de présence offensive pour, à partir de la 70′ (2-1), voire les buts s’enfiler dans les filets de Mary Earps (70′, 74′, 85′, 90’+3) sans que le collectif parisien ne soit à même de pouvoir les empêcher.
Un sévère défaite renvoyant le PSG à la 7e place (4 points) sur douze équipes et laissant les deux premières, aux Lyonnes et au Paris FC, à égalité de points (9).
Une remise en cause urgente de tous les acteurs de la section féminine du club deux fois finaliste de la Women’s Champions League européenne est attendue par ses fans. D’autant que les équipes du championnat sont devenues bien plus homogène, selon Gaetane Thiney (ex-joueuse du Paris FC, jeune retraitée) présente sur le plateau de Canal+.
Un premier but iconique
En cinq minutes, l’OL Lyonnes aura trois situations favorables. Un tête de Lindsey Horan-Heaps sauvée sur la ligne par Romée Leuchter, une très mauvaise relance de Mary Earps donnant déjà un troisième corner sur lequel, la tête mal dégagée de Merveille Kanjinga permettra au 1m84 de la brésilienne Tarciane, de placer une tête tranquille, entrant dans les filets sous le regard placide de Mary Earps (1-0, 5′).
Un but gag, reflet de la timidité parisienne, pris à la gorge des intentions lyonnaises.
Le PSG revient à la surface à la 33′
Durant les vingt-cinq premières minutes, les joueuses du Paris Saint Germain perdent des ballons faciles, souvent battues dans les duels. Il faudra la vitesse de Merveille Kanjinga pour donner de l’espoir au PSG. Insuffisant néanmoins faute de précisions, la réalité obligeant le jeu parisien à s’installer dans le camp lyonnais.
Une possibilité alimentée par deux et trois banderilles parisiennes, prenant réalité sur une main défensive trouvée par l’arbitre de Marie Antoinette Katoto. La néerlandaise Romée Leuchter transforme ce pénalty heureux (1-1, 33′), éteignant le jeu offensif lyonnais pour alimenter l’espoir parisien (1-1) à la pause. Constaté par une erreur de Selma Bacha que Sakina Karchaoui envoie les nuages (31′) mais surtout par une autre d’Ingrid Engen (45′) mal exploité par les attaquantes parisiennes.
Les ex-parisiennes devenues lyonnaises éteignent le PSG et allument l’OL
Au retour des vestiaires, la partie se transforme. Jule Brand, peu servie dans le premier acte, rate l’immanquable (49′). L’allemande, excellente lors de l’Euro, sort à la 57′, remplacée par l’ex-parisienne Tabitha Chawinga, au club lyonnais depuis la saison dernière.
L’attaque lyonnaise retrouve son équilibre avec trois ex-parisiennes sous les couleurs du Rhône : Chawinga, Katoto et Diani. Bacha trouve ses marques. Placée plus haut, elle sert Korbin Shrader, tout juste partie du PSG, qui trouve sa capitaine américaine, Lindsey Horan-Hearps, buteuse d’une tête croisée pour le (2-1, 58′) salvateur lyonnais.
Le lead lyonnais est pris sans que le PSG puisse imaginer la suite.
Une addition lourde
Le nouveau coach, Jonatan Giraldez, rapatrié des Washington Spirit de Michel Kang (PDG OL, propriétaire OL Lyonnes), ex-coach du FC Barcelona, précisera au micro de Margot Dumont, « le replacement offensif de Korbin Shrader », avec les entrées de Ada Hegerberg, Damaris Egurrola, Lily Yohannes à la 69′.
Une minute plus tard et sous le « Haou » des spectateurs fêtant la 69′, au numéro administratif du département, Chawinga s’impose sur Samoura, perfore, centre en retrait pour Korbin Shrader et son premier but de la soirée (70′, 3-1). Quatre minutes plus tard, Selma Bacha va chercher au loin Ada Hegerberg, plus mobile qu’Eva Gaetino, offrant de la tête, un second but pour Korbin Shrader (74′, 4-1).
Le pire pour le PSG arrivera à la 85′. Une balle mal repoussée par Eva Gaetino tombe dans les pieds de l’ex-parisienne. L’américaine et tout juste mariée, Korbin Shraber ne manque pas l’immanquable (5-1, 85′) et s’offre son premier triplé français comme le premier de la saison 2025-2026.
L’addition est lourde mais logique tant le PSG a semblé loin du niveau proposé par les lyonnaises, perdant trop de balles, gagnant trop peu de duels, limités offensivement par Merveille Kanjinga, constatant l’absence d’impact dans le jeu de la meilleure joueuse de la CAN 2025, Jennifer Echegini, et cherchant les arrêts de Mary Earps !
Elle sera salée avec le sixième but lyonnais. Encore une erreur parisienne qui donne le ballon à Tabitha Chawinga (6-1, 90’+3).
Au bilan, sur les sept buts de la partie, six auront été à l’origine, par des ex-joueuses du PSG !
Si l’objectif parisien ne peut pas d’être la concurrente de l’OL Lyonnes au vue des noms portant le maillot lyonnais et surtout des choix de nombreuses joueuses parisiennes à s’exiler, à raison dans le Rhône (Lindsey Horan-Heaps, Christiane Endler, Korbin Shrader, Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto, Tabitha Chawinga) ; les propositions de jeu et les qualités des joueuses parisiennes interpellent pour la suite du championnat et ouvrent la porte, au Paris Fc comme à d’autres équipes, à croire en une seconde place de l’Arkema Première Ligue, voire une troisième.
Excluant pour la saison prochaine, le Paris Saint Germain des compétitions européennes.
Une mésaventure déjà connue en 2016-2017, mais à une époque ou l’Europe n’était donné qu’à deux équipes. Le PSG ayant fini troisième derrière Montpellier.
Les plus objectifs se poseront la question : « Où est le PSG en 2025-2026 ? » Les plus critiques crieront : « Mais où va le PSG ? ».
William Commegrain Lesfeminines.fr
