Mes ami.es, quel match ! Quel match ! Vaincre l’Olympique Lyonnais pour un titre national que les lyonnaises s’approprient depuis 2012, Coupes et Championnats compris. C’est carrément espérer gagner Roland Garros au meilleur de la forme de l’espagnol Rafael Nadal (10 titres). Et pourtant, les filles du PSG l’ont fait ! C’est un tel exploit que la plupart des écrits portent sur la défaite lyonnaise, l’erreur de Florence Guillemin et trop peu sur la Victoire parisienne.

Or, pour gagner l’Olympique Lyonnais, il ne suffit pas que les fenottes se prennent “les pieds dans le tapis”, mais il faut surtout une équipe, forte d’une telle cohésion, d’une telle volonté de vaincre que celles qui ont joué ces quatre matches vainqueurs, ne peuvent aujourd’hui que s’en souvenir. Comme pour une médaille olympique. Elles sont si rares ces victoires, qu’elles ont beaucoup de la durée olympique.

On ne devient pas “Champion Olympique” sans se construire. 

Qui se souvient de 2012 où Farid Benstiti, fustigeait ses joueuses sorties du monde amateur, dans une rivalité de proximité avec Juvisy. Leur demandant d’imposer leur nouveau statut de professionnelles. Trop récent pour que chacune s’en pare avec certitude. Et pourtant, une première étape fut atteinte avec le début d’une série de victoires pour les couleurs parisiennes dans ce derby francilien avec aujourd’hui, une seule défaite et une vingtaine de points de différence en championnat.

La seconde étape fut plus longue. Les premières oppositions face à l’Olympique Lyonnais ont été délicates et je me souviens de Philippe Boindrieux, dans la zone mixte de Gerland, assis, surpris de cette nette différence au score (3-0) pour l’OL face à des parisiennes mixées entre “Poulbots au féminin” et internationales mondialisées allemandes.

Puis l’écart s’est progressivement resserré, vu et ressenti par Jean-Michel Aulas, commençant ses interventions par le constat “l’écart se resserre”. “L’écart se resserre !”. Boindrieux et Benstiti, avec leur staff ont continué, continué et les premiers fruits sont tombés.

L’écart se resserre !

La première victoire se fera un 18 janvier 2014 (0-1) sur un but de Laura Georges. Bis répétita en novembre 2014 pour un 1/8e de finale retour de la WCL (0-1) qualifiant le PSG sur un but de Fatmire Alushi. Il fallait voir la joie des parisiennes telles Sabrina Delannoy et Laure Boulleau s’étreignant de concert. Le goût de la performance a commencé en 2014, avec cette génération (voir la feuille de match ci-dessous).

Il a fallu attendre deux ans, le froid polaire de décembre 2016 et une nouvelle génération, pour qu’elle se renouvelle. Là, l’équipe de Patrice Lair, au Camp des Loges prend le meilleur avec un superbe but de Marie Laure Delie qui mettait même le PSG féminin en tête du championnat de France 2017 ! Devant l’OL. Déjà, une performance, vite oubliée sur un fait réglementaire. Quatre points de pénalités pour avoir fait entrer une joueuse non portée sur la nouvelle feuille de match électronique, face à Albi en début de saison.

Une nouvelle génération qui gagne un trophée

C’est une troisième génération ou un troisième groupe qui emportera le Graal. Il aura fallu six saisons pour que le Paris Saint Germain arrive à prendre un titre à l’OL.

Cette jeune génération est allée plus loin que les anciennes, pas si anciennes d’ailleurs pour être toujours aussi jeunes. Sabrina Delannoy (arrêt en 2017) et Laura Georges (Arrêt en 2018) peuvent se targuer d’avoir vaincu trois fois l’OL des années 2010-2020. Certainement les seules au Monde à pouvoir le dire.

Maintenant, ce sont les exploits d’une Grace Geyoro, incroyable de présence dans la défense parisienne. Reprenant toutes les profondeurs lyonnaises. Quel match de la parisienne, maintenant “Poulbot” du PSG, sans vouloir reprendre la médaille de “Titi” parisien déjà, légitimement donné par un site “les titis du PSG”. Il a fallu une défense au moral d’acier avec Ashley Lawrence, l’internationale canadienne au coeur parisien quand Eve Perisset, pourrait sans problème se transformer, en ligne Maginot du football féminin. Infranchissable, si tu veux passer de son côté. Elles ont soulagé le centre avec Irène Paredes, vice-capitaine du PSG, internationale espagnole, Christiane Endler matûre dans toutes ses interventions, et Erika, l’expérimentée brésilienne, dont chacun ne peut se rappeler sa blessure d’antan, tellement elle joue au même niveau maintenant, qu’avant.

Formiga, habituée de tous les terrains du monde, a joué une partition de Maître, avec Aminata Diallo qui a les tripes d’un 9-3 et le jeu d’une internationale qui ressemble à celui de Luis Fernandez.

Mais le PSG n’aurait jamais pu gagner et marquer sans son trio d’attaque. Kadidiatou Diani a été “au four et au moulin”. Incroyable de coeur et de forces. Marie Antoinette Katoto a utilisé toute sa lecture du jeu pour mettre à mal Lucy Bronze et Marie-Laure Delie a empêché la paire Buchanan et Renard de monter d’un cran.

Et que dire de Bernard Mendy, d’un calme impérial pendant cet arrêt de quarante-cinq minutes. Comme tout autant de ses choix tactiques avant et après, notamment pendant les trente minutes du dernier acte de la saison 2018. “Rester dans le match”. Sans excès et sans s’énerver mais sans se désolidariser.

Solidarité a été le ciment de la force parisienne. Sans oublier qu’elles ont été meilleures que l’Olympique Lyonnais. Ces filles ont joué le match d’une finale pour le gagner. Elles l’ont gagné.

Alors, autant l’écrire et le dire. Ce n’est pas l’OL qui a perdu. C’est le PSG féminin qui a gagné.

William Commegrain lesfeminines.fr

Les joueuses vainqueurs de l’Olympique Lyonnais. 

PSG 2018 : PSG (1-0, Finale Coupe de France) : Endler – Périsset, Erika, Geyoro, Paredes, Lawrence – Diallo, Formiga (cap.) (Formiga, 77′), Diani – Katoto (Baltimore, 86′), Delie. Entr. : Bernard Mendy.

PSG 2016 : PSG (1-0, championnat) : Kiedrzynek – Georges, Geyoro, Paredes – Delannoy, Boquete, Diallo, Cruz (cap.), Périsset (Morroni, 60e) – Delie, Cristiane. Entr.: Lair.

PSG novembre 2014 : PSG (0-1, 1/8e de finale WCL) : Kiedrzynek – Delannoy (cap), Georges, Henning, Houara – Cruz, Seger, Kaci (puis Hamraoui 58ème) – Alushi, Horan (puis Delie 64ème), Asllani (puis Dali 46ème). Entr : Benstiti.

PSG janvier 2014 : PSG (0-1, championnat). Benameur – Delannoy (cap), Georges, Krahn, Bouleau – Hamraoui (puis Cruz 57ème), Pizzala – Dali, Bresonik, Asllani (puis Houara 78ème) – Horan (puis Kaci 61ème). Entr: Benstiti.