La jeune femme de 30 ans, nouvellement maman, a quitté jeune les voies du cyclisme en compétition. Entrée à 19 ans (2011) sur la voie du professionnalisme au sein de l’équipe Vienne Futuroscope, elle réalise l’exploit de valider l’année suivante avec un titre de championne de France Espoirs (2012) et fait exploser “l’audimat du cyclisme féminin” en prenant le titre suprême français (2012) la même année, sur la ligne face à son adversaire Julie Krasniak !

Championne de France sur route à 20 ans. Tous les espoirs lui sont permis et la France apprend à connaître une nouvelle cycliste, bien différente de l’historique Jeannie Longo (20 titres). Une Longo, toujours en course d’ailleurs, puisque championne de France 2021, de la catégorie des 60-65 ans.

La Nordiste se voit rapidement dans un autre parcours.

Il faut dire que le mot professionnel ne permet pas de faire bouillir la marmite dans ce milieu sportif. L’avenir n’est pas spécialement rose et la jeune femme semble avoir la tête bien ancrée sur ses épaules. Une performance, quand déjà ses jambes moulinent bien.

Depuis 2008 (19 ans), selon wikipedia, elle partage sa vie avec un coureur cycliste professionnel, Tony Galopin. Ils se marieront courant 2014.

Un engagement qui l’a fait certainement réfléchir.

Eurosport se développe en France et prend certains droits dans le domaine du cyclisme. La collaboration se fait, et elle démarre en 2015 comme consultante, mettant un terme à 24 ans, à sa carrière sportive professionnelle.

De droits en droits, la voilà en 2017 (26 ans) sur France Télévisions pour intervenir sur la plus prestigieuse course au monde : le Tour de France.

Lui conférant une qualité certaine dans l’observation de la course, elle fait sa place entre Alexandre Pasteur, Laurent Jalabert et Thomas Voeckler. Gagnée sur la compétence, dans un milieu où celui qui parle et celui qui monte en tête les cols.

Une réussite détonante

A 28 ans (2019), elle divorce de Tony Galopin. Dans la foulée, elle se met en couple avec le français Julian Alaphilippe. Elle connait le bonheur d’une réussite familiale avec le succès grandissant de son compagnon au Tour de France 2019 (sept jours maillot jaune, déjà vainqueur du maillot blanc et de celui à pois). En 2020, elle voit celui-ci, devenir Champion du Monde, exploit qu’il renouvellera en Septembre 2021. Une larme à l’œil adressée à leur petit à qui elle a donné naissance, quelques mois auparavant (Juin).

Fin Septembre, le Directeur du Tour de France et ex-journaliste Christian Prudhomme annonce qu’elle devient Directrice du Tour de France féminin qu’ASO, l’organisateur, relance et dont elle dévoilera les contours ce Jeudi.

Là encore, elle aura d’abord, mis des pions au préalable, en écrivant des lignes à son CV comme adjointe au Tour de Provence et de celui de Savoie Mont-Blanc (2019).

Une philosophie

A l’évidence, cette jeune femme sait avancer dans ce monde masculin. Elle commence en modestie, fait constater une compétence égale comme différente de ses concurrents masculins, et prend le temps que l’idée de la promotion s’impose à son ou sa décideuse. Elle sait attendre.

Dans ce parcours, il y a un peu de celui d’Anne-Sophie de Kristoffy pour les plus anciens, triple championne de France de patinage artistique dans la fin des années 80 (78, 79, 80), directrice des Sports à TF1 depuis 2008. Dans un monde de concurrence sportive, elle s’était aperçue qu’elle ne possédait pas les armes pour briller au plus haut niveau mondial et français. Elle avait pris le temps d’une autre trajectoire.

Voire, un autre parcours féminin pensée de la même manière. Christine Lagarde, 3e au championnat de France de natation synchronisée en 1975, avocate, Ministre de l’Economie en France, ex-directrice générale du FMI.

Des femmes dont on oublie très rapidement leur passé sportif. Elle existe pour d’autres qualités.

On ne peut que lui souhaiter d’être de la même veine.

William Commegrain Lesfeminines.fr