J1. Camp des Loges. Paris Saint Germain féminin. Messi était bien en direction de Reims, quelques supporters trainaient devant l’entrée des pros au Camp des Loges sans savoir que le spectacle allait se trouver à quelques mètres, dans l’antre des féminines du PSG, au stade Georges Lefèvre. Personne durant les quatre vingt dix minutes et plus ne s’est posé la question de l’ex-barcelonais. Tant le jeu des féminines avait du corps, de la puissance et de l’efficacité.

Didier Ollé Nicolle nous le disait après la rencontre : “j’ai mis le onze qui était titulaire lors de notre dernière rencontre”. Rajoutant Ashley Lawrence, revenue de son périple japonais (JO de Tokyo 2020) avec l’Or dans les valises. Charlotte Voll était dans les buts, où elle passera une après-midi tranquille. La charnière défensive tournait autour de De Almeida et Dudek au centre, les deux impériales tant sur la vitesse que l’envie de prendre ce ballon que les attaquantes de Fleury essayaient tant bien que mal de protéger. A gauche, Sakina Karchoui formait le couloir avec Sandy Baltimore. De l’autre côté, Ashley Lawrence retrouvait Kadidiatou Diani pour former une seconde complémentarité de qualité.

Au milieu, en sentinelle, trônait Kheira Hamraoui, sans opposition directe puisque Fleury avait décidé de jouer en 4-1-4-1. Un milieu fourni, devenu une seconde ligne défensive du double fait que le PSG empêchait toute relance de Fleury et que les joueuses, instinctivement, descendaient de plus en plus bas.

Une situation, en première mi-temps qui donna trois buts imparables. D’un côté, le PSG pressaient très haut. Récupérant des ballons voire tous les ballons. Et quand elles jouaient un jeu de possession, les passes étaient si rapides que les joueuses de Fleury arrivaient toujours avec cinquante puis un mètre de retard. Personne ne coupait les trajectoires.  La balle était dans leur camp, souvent, inlassablement, éternellement. J’ai même compté une période de sept minutes sans possession de Fleury. Sept minutes, en football c’est très long.

Le premier but est venu de la droite. De Almeida, au centre de la défense, pour Ashley Lawrence. Balle appuyée sans contrôle. Kadidiatou Diani perfore. La latérale Levasseur a le mètre de retard. L’internationale française centre, à plat, avec puissance. Les parisiennes en sont déjà à leur troisième attaque. Le centre de Fleury s’occupe de son adversaire. Laisse la balle passer. Au second poteau, Sandy Baltimore n’a plus qu’à la glisser dans les buts vides.

Fleury a essayé de défendre individuellement dans cette rencontre, il aurait fallu un sauvetage collectif sur cette action et les autres. Faire le geste pour l’autre. Début de saison, pression parisienne. Les joueuses de Fleury l’ont joué individuelle, elles avaient déjà assez à faire.

Le second sera inattendu mais fera le bonheur des fans allemands. Une superbe frappe de Sarah Däbritz qui prend sa chance aux vingt cinq mètres. Transversale entrante. Rien à faire pour Emmeline Mainguy, pas en faute mais qui en prendra cinq dans l’après-midi.

Le troisième viendra encore de la droite. Une balle qui s’échappe dans la surface, disputée ensuite entre Charlotte Fernandes et Sandy Baltimore. Elle revient dans les pieds de Diani qui se jette pour la mettre au fond.

(3-0, 14′, 21′, 35′) le sort est jeté. Fleury qui a quelques attaquantes athlétiques, ne pourra par revenir, malgré l’apport de Léa le Garrec à qui il a manqué du soutien au milieu pour tenir ce ballon, obligée à jouer long, juste, mais constatant que la défense parisienne était bien meilleure que son attaque. Les joueuses de Fleury essaient, le travail est trop individuel. La qualité et la force parisienne montrent leurs faiblesses. Elles ne peuvent rien faire.

A l’évidence, elles sont fatiguées. Physiquement, mentalement. Comment expliquer autrement l’erreur sur une touche gagnée qui tombe dans les pieds de Marie-Antoinette Katoto. Sur de son fait, l’avant-centre de l’équipe de france enclenche sa vitesse. Sentant que la défense centrale ne peut la reprendre. Elle glisse un tir croisé qui touche le poteau, retombant des les pieds de Yango, trop éreintée pour ne pas l’accompagner dans les buts (4-0, 61′).

C’est le temps des changements, des modifications dans le jeu. Un espoir sur une belle transversale adressée à Léa Le Garrec, bien en jambes. La joueuse contrôle, pivote sur Estelle Cascarino, à la limite de la faute, pour tenter un tir non cadré. Jetée au sol, attendant le pénalty qui aurait pu être sifflé.

Ramona Bachmann entre. Elle a du feu dans les jambes. On sent que la joueuse veut exister dans cette équipe. Elle demande la balle, peste quand on lui refuse. La fin de la rencontre arrive, elle s’imposera à son adversaire sur un centre de Karchoui, prendra le ballon dans le duel, tourne autour de son opposante, et glisse une frappe du gauche imparable (5-0, 85′). Heureuse, satisfaite.

Le Paris Saint Germain prend la tête de la D1F Arkema en ayant fourni une prestation tactique et technique de très haute qualité. Renversant les opinions sur des matches de préparation discutés et discutables. Didier Ollé Nicolle dira à cet effet : “je l’avais dit, c’était prévu. Je prépare l’équipe pour être au Top en octobre et novembre, avec un mot d’ordre, on va jouer à notre manière, en s’adaptant deci-delà, mais 80% restera ce que vous venez de voir !” 

Qu’avons-nous vu ? Une équipe parisienne tactique, avec des joueuses de qualité pouvant jouer vite. Qu’avons-nous pas vu ? Quelles sont ses possibilités quand l’équipe est contestée.

William Commegrain Lesféminines.fr

Charlotte Voll ne peut pas être évaluée. Sakina Karchaoui a des certitudes. Paulina Dudek a un esprit défensif hors pair. Elisa De Almeida va très vite dans ses courses, elle tient au contact. Ashley Lawrence a joué concentrée et appliquée. Kheira Hamraoui maitrise son rôle. Sandy Baltimore, excelle dans les dribbles courts et commence à passer plus qu’à centrer. Grace Geyoro est la capitaine du jeu parisien. Un coup au centre, un coup bas, un coup haut. Elle est assez libre. Sarah Däbritz joue un rôle de relayeur. Son tir montre sa confiance. Marie-Antoinette Katoto est aussi bonne défensivement qu’offensivement. Les joueuses entrées (Bachmann, cascarino, Diallo, Huitema, Khelifi) n’ont pas fait perdre de qualité au jeu mais plutôt de l’intensité.

Du côté de Fleury, Léa Le Garrec est deux crans au-dessus de ses partenaires. Elle tient au combat, réussi ses transversales. Touche tous les ballons. Les attaquantes sont physiques mais elles ne comptent que sur leur vitesse. Il leur a manqué un peu de compétences pour décrocher. La verticalité ne leur a jamais réussi.

PSG
Voll ; Lawrence (Cascarino 60′), De Almeida, Dudek, Karchaoui ; Geyoro (c), Hamraoui (Diallo 54′), Däbritz (Khélifi 74′) ; Diani (Bachmann 74′), Katoto (Huitema 74′), Baltimore
Banc : Votíková (G), Le Guilly
Blessées : Picaud (ligaments croisés), Luana, Ilestedt
Non qualifiée : Labbé

Fleury
Mainguy ; Fernandes (Leroy 88′), Debever, Piga, Levasseur ; Dafeur (Béché 58′), Le Garrec (c) (Chapelle 88′), Yango, Grabowska (Eninger 70′), Kamczyk (Bigot 70′) ; Karczewska
Banc : Talaslahti (G), Chebel