“L’Olympique Lyonnais, l’Olympique Lyonnais, L’Olympique Lyonnais, ..” On devrait l’écrire sept fois, sept fois comme ses sept titres européens. Unique. Historique. Frankfurt, aux quatre titres identiques ne viendra jamais titiller l’histoire européenne. Le club allemand de la décennie 2000-2010 est passé dans l’ombre de la Bundesliga allemande.

Sept qui aurait pu devenir huit. Aurait dû si on écoute les fans lyonnais, exclusifs, excessifs. Bloquées en quart de finale par le PSG, les lyonnaises, appelées “les légendaires” par une plume intéressée de l’Equipe, justifiée par ses trente titres acquis, sont restées amères devant la victoire du FC Barcelone. Dans un style très anglais, avalant avec difficulté mais classe, le contenu de leur jeu 2021.

La saison 2022 devait s’annoncer meilleure mais pouvait être interrogative.

D’autant que les lyonnaises prennent le bouillon devant le Bayern de Munich (2-4) lors du Tournoi de Toulouse, l’Amos Women’s French Cup, préparatoire à la nouvelle saison.

Une situation rare qui dessinait autrement le paysage lyonnais. La victoire suivante, large face au Paris Saint Germain (5-1), en reconstruction, ne pouvant être une réponse définitive et certifiante du futur Olympique Lyonnais.

Dans la foulée, les lyonnaises comme le PSG, participent à un tournoi américain. Celui de Portland pour l’Ol quand les parisiennes sont dans le Kentucky. Ceint de cette réalité obligeant à chercher dans le dictionnaire des pratiques masculines professionnelles, le sens premier et véritable des “matches de préparation” : sans effet sur le contenu futur en compétition tout en ayant à l’esprit que le football féminin avait pour habitude d’envoyer des messages forts dès le début de la saison, préparation ou pas ! La victoire et “point barre !”

Les voilà à jouer leur troisième match significatif de préparation. Au menu lyonnais, se trouvait le FC Barcelone, récentes championnes d’Europe 2021 ..

C’est peu dire que le match était attendu.

Il s’est terminé sur la victoire de l’OL (2-3). Une victoire car il y a eu une bataille. Mariona Caldentey (Barcelona) ouvre le score à la neuvième minute. Amel Majri égalise à la 20′ (1-1) et Amandine Henry, ex-joueuse de Portland, donne l’avantage à l’OL (2-1) avant la mi-temps. Barcelone ne l’entend pas de cette oreille, Caldentey réalise un double à la 63′ (2-2) et envoie les catalanes sur la route du succès.

Sauf que l’esprit gagnant de l’OL ressort. Il suffit de voir la frappe d’Amel Majri. Une fusée sans contrôle du gauche qui, dans un rêve, doit finir dans la lucarne sauf que Sandra Panos, la gardienne espagnole, fait une horizontale de talent. A l’image de celle de Christiane Endler sur une frappe de la norvégienne Caroline Graham Hansen, faisant danser Selma Bacha. Melvine Malard, habituée à marquer en fin de rencontre, joue le même tour aux USA. Elle glisse la balle, revenue et disponible, dans les filets des championnes d’Europe 2021.

Une grâce pour les lyonnaises.

Avec une telle victoire, l’Olympique Lyonnais a gagné son voyage. Le sourire et la dynamique des vainqueurs.

Comme Bordeaux, pour son match européen.

Bordeaux se fait des émotions gagnantes

Bordeaux a joué son premier match européen, sous les hymnes et clameurs des fans du club scapulaire. Trompettes et fanfares, la joueuse touchant la première balle a vu son nom s’afficher sur twitter et Ines Jaurena sera connue, à égalité de notoriété avec les médaillées olympiques, comme la première joueuse bordelaise, à marquer pour les couleurs de l’Aquitaine (1-0).

Un bonheur, un éclair, une vie nouvelle. Sauf que le temps passe et rien ne se passe. Le second but est attendu mais point venu …

Face à une équipe tchèque volontaire, balles devant et joueuses dans l’allant. Une transversale qui n’inquiète personne et que Vanessa Gilles, canadienne médaillée d’Or aux JO,  contrôle de la tête pour la remettre en arrière à sa gardienne, … qui comme de bien entendu, sur un malentendu, est venue au contact. Misère de misère, pour voir la balle rouler dans ses buts vides.

Désespérée, Anna Moorhouse s’élance en espérant l’impossible. L’arrêt avant la ligne qui ne se fera, qu’après. But validé tchèque pour une égalisation à la 93′, ouvrant la qualification aux risques des tirs au but, dont on ne connait jamais le résultat final avant de les jouer. Porte ouverte à l’exploit des plus faibles sur celui des plus forts. Bordeaux ayant joué le rôle de Goliath dans cette rencontre européenne.

A la 94′, sur un magnifique coup franc d’Ines Jaurena, Vanessa Gilles monte en l’air, décolle. Est-ce le gain de l’Or aux JO ? Là voilà si haut que son adversaire lui rend une épaule. Sa tête est parfaite. Dans un silence de cathédrale, la messe de l’exploit est dite : Bordeaux reprend la tête et se qualifie pour son deuxième tour dans cette poule de quatre face à l’équipe qui reçoit ce mini tournoi qualificatif, Kristianstads, vainqueur inattendu de Brondby.

Une minute avant, Bordeaux a la tête dans le sac. Une minute après, Bordeaux a la tête dans les nuages.

La tchèque restera longtemps, seule sur le terrain, à pleurer. A tort, sa gardienne n’est pas innocente dans ce débat.

Second match européen, Samedi pour une qualification européenne.

Bordeaux est aux anges. Le Troisième de la D1FArkema a le sourire pour reprendre le championnat.

Au bilan, ce qui fait pour l’instant la différence entre les trois premiers du championnat français de la saison dernière. L’OL, second et Bordeaux, troisième ont la tête dans les nuages. Le PSG, champion, est encore à l’ouvrage.

William Commegrain Lesfeminines.fr