On prête souvent au sportif de haut niveau comme aux autres, une volonté de fer. Une qualité que chacun pourrait donner au tireur hongrois Karoly Takacs.

Sergent dans l’armée hongroise, en manœuvre avec son régiment pendant l’année 1938, une grenade explose dans sa main droite l’obligeant à accepter l’amputation.

L’homme a une volonté de fer. Déjà sélectionnable en 1936 pour les JO de Berlin, on lui refuse la compétition olympique, réservée seulement aux officiers ! Une spécificité qui sera annulée ensuite. L’amputation arrive en 1938 et la guerre en 1940 jusqu’en 1945. Les JO ne reprenant qu’en 1948 à Londres. Douze années après.

De droitier, il passe gaucher. L’homme s’entraîne en secret avec la main gauche, non pas pour l’utiliser mais pour avoir une précision meilleure que celle qu’il avait avec la droite. Déjà à un haut niveau. Inlassablement, il apprend à toucher avec précision et rapidité cette cible à 25 mètres, avec des armes dont le recul oblige à une maitrise totale lors de la répétition des coups.

L’objectif sera atteint par deux fois. Plus que l’objectif tellement le chemin semblait impossible. Le rêve se réalisera par deux fois. En 1948, il obtiendra la médaille d’Or et renouvellera l’exploit en 1952 à Helsinki. Un exploit et une volonté incroyable, renouvelé sur deux olympiades. Il se testera en 1956 (3e olympiade), entrera en finale mais finira à la huitième place.

Il y a des aventures que les hommes ne veulent pas rater.

Autre exploit dans l’effort.

Nous sommes en 1976 à Montréal. Les jeux les plus chers de l’histoire, que les canadiens ont terminé de payer en 2017 ! Dans le Forum de Montréal, la tension est à son maximum pour le concours général masculin. Le duel se joue entre l’URSS et le Japon. Le dernier agrée est celui des anneaux. Le dernier japonais à passer s’appelle Shun Fujimoto. Il réalise une prestation idéale pour que le Japon emporte l’Or : 9.7.

Aussitôt réceptionné, aussitôt évanoui devant un stade plein surpris.

Deux heures avant, lors de l’épreuve au sol, il s’était brisé le genou droit. Les médecins confirmeront une fracture de la rotule, des ménisques et une rupture de ligament qui va avec. En attendant, le gymnaste refuse d’abandonner, demandant le silence absolu à son équipe. Il fait son épreuve au cheval d’arçon et suit avec celle des anneaux.

Avec ce 9.7, Shun Fujimoto confirme la médaile d’Or japonaise, pour 0.4 point. Il deviendra un héros japonais.

Il y a des aventures que les hommes ne veulent pas rater.

William Commegrain Lesféminines.fr

Entendre “êtres humains” par hommes