Hend Zaza (Tennis de table, Syrie) est née un premier janvier 2009.

Que sait-elle d’une Syrie calme et apaisée autrement qu’en ayant le bonheur d’avoir des anciens capables d’en parler ? Une possibilité pas si aisée pour une population qui en 2021, a compté cinq à six millions de réfugiés, partis à l’étranger. Le 1/4 de la population sans compter les morts. Une guerre si récente et qui pourtant nous semble éternelle.

On a tous en mémoire ce viel homme, sortant des débris d’un immeuble, marchant dans l’ombre d’une poussière jaunâtre, à jamais dans son cœur, ne pouvant plus croire en Dieu et pourtant dans l’espoir d’un miracle pour qu’il entende, le bout du son d’une voix connue. Un espoir. Un espoir et des larmes.

A quoi rêves-tu, petite fille syrienne, qui a appris à ne pas entendre les cris de douleurs, les yeux grands ouverts vers le peu de bonheur que la vie pouvait t’apporter ?

La fiche wikipedia de la guerre Syrienne est, à elle-seule, un livre d’Histoire. Dix années d’écritures qui semblent interminables. Cent cinquante belligérants référencés quand la seconde guerre mondiale n’a pas pu dépasser la cinquantaine. Folie humaine aux cinquante commandants cités, avec ou sans croix annonçant un décès. Tous les pays du monde semblent être présents sur cette terre ayant appartenu auparavant à la France (1946).

Hend Zaza joue de la petite balle

Une grande préadolescente Hend Zaza (12 ans), dans cet univers dévasté par des réalités qu’elle subit, a crée son monde. Son univers. Son rêve.

Elle marche sur les douleurs que sa jeunesse ne veut pas subir. La tête dans son sport, elle écoute une balle qui rebondit, rebondit. Frappe, frappe petite Hend. Frappe, frappe, domine, impose, décale et gagne. C’est une jeune joueuse de Tennis de table, quand la lumière syrienne est encore là, fluctuante, sur des tables veillottes, qui pousse une balle, la caresse, la frappe jusqu’à ce que son adversaire craque.

A onze ans, elle mord dans cette balle.

A onze ans, c’est une joueuse de haut niveau. En mars 2020, elle est devenue la plus jeune sélectionnée de ces Jeux Olympiques de Tokyo. Une qualification gagnée en Jordanie, en battant la joueuse libanaise de 42 ans, -31 ans de plus -, Mariana Sahakian, 4-3 dans l’épreuve du simple dame.

Presque le record des Jeux si, un 9 avril 1896, lors des Premiers jeux à Athènes, le jeune grec Dimitrios Loundras, n’avait pas remporté le bronze aux barres parallèles par équipe. Il était âgé de 10 ans et 217 jours.

Hend Zaza se fiche de ce record. Une histoire de vieux, les records. Elle construit sa jeune vie. Une jeune vie qui l’emmène à Tokyo, loin. Très loin. Que ressentira-t-elle, noyée dans ces dix mille athlètes qui défileront avec elle, là avec les autres. Ceux qui lui ressemble. Sera-t-elle portée par leurs émotions. C’est tant d’efforts, de doutes, de peines et de bonheur que d’être aux JO. Pour y être, il faut le rêver. Ce rêve qu’elle n’a pas encore pu avoir. Pensez-y, à Rio elle avait six ans.

Hend Zaza a signé un contrat avec Dieu. Demain, seulement demain, pour Paris 2024, elle rêvera d’y être.

Profite et vit Hend Zaza.

Le simple dames commencera le 27 juillet, les médailles se jouant le 29 et 30 juillet. Classée 155 mondial, elle joue pour le club d’ Al-Muhafaza Table Tennis Club et a remporté des titres nationaux à tous les niveaux (cadet, junior, sénior), après avoir commencé le tennis de table en 2014, à l’âge de six ans.

Sky Brown (Skateboard, Grande Bretagne) n’a pas la même histoire.

Fille d’un anglais et d’une japonaise, son univers ressemble à un bonbon sucré.

Sky a une robe acidulée. Elle porte un tee-shirt de marque. Elle connaît toutes les grandes marques. Nike lui a dessiné un tapis rose. Elle fait des soirées pyjamas avec ses amies qui savent si bien sourire qu’elles semblent sorties d’un film de Disneyland.

Chaque journée de Sky Brown est une journée qu’elle pourrait signer comme celle de “sa meilleure vie”.

Connue pour avoir participé à une émission de télévision américaine Dancing with the Stars Juniors, elle a été la plus jeune skateboardeuse professionnelle au monde à l’âge de 10 ans. Pratiquante de surf, elle s’est entraînée avec les meilleurs. Elle apparaît dans une campagne de pub Nike aux côtés de Serena Williams et Simone Biles. Elle compte plus de 823 000 abonnés sur Instagram et plus de 29 millions de vues avec ses différentes vidéos sur YouTube.

Elle brille. Elle vit une vie sucrée.

Sky Brown – GIRL (Official Music Video) – Bing video

Née un 12 juillet 2008, elle devrait avoir 13 ans lorsque les jeux commenceront au Japon le 25 et 26 juillet pour les épreuves de skateboard où elle représentera la Grande-Bretagne. Chanceuse, elle a de bonnes chances de médailles dans une compétition qui vient juste de s’ouvrir aux JO. En plus pour des JO organisé au Japon, dans le pays où elle est née (Miyazaki) et dont elle est très proche.

Elle vit une vie sucrée.

Quels sont les points communs ?

Les deux s’entraînent sans discontinuer. Elles ne savent pas pourquoi, mais elles sont nées à rechercher l’excellence. Elle chasse le détail qui ne convient pas. Avance, à grand pas, vers l’excellence. Comme une fontaine à boire. L’élixir de leur jeune âme.

Elles sont nées comme cela.

Se verront-elles parmi tous ces grands et grandes. Se feront-elles un sourire ? Si différentes. Auront-elles envie de courir ensemble, main dans la main, ignorant leur différence, ne pensant qu’à cette âme commune qui les porte dans un monde unique d’excellence.

Des enfants.

Et dans leur compétition, la volonté de produire le meilleur.

Le sport est un moyen d’exister individuellement et, au plus haut niveau, de vivre une autre vie.

Tous les parents se poseront la question, en les regardant : “auraient-ils fait pareil ?”

William Commegrain Lesfeminines.fr