Olivier Echouafni n’est pas reconduit en tant que coach du Paris Saint Germain malgré son titre de Champion de France remporté face à l’Olympique Lyonnais. Ce qui n’est pas une surprise est surprenant.

Si les objectifs contractuels fixés à l’ex-sélectionneur de l’Equipe de France étaient d’avoir plus d’une récompense ; alors l’homme de 48 ans paie une erreur contractuelle. Il n’aurait pas dû signer ce qui n’est pas réalisable.

Ce n’était pas réalisable et pourtant cela a été fait. 

Pendant quatorze saisons, il a été irréalisable de gagner le Championnat de France, tombé à chaque fois dans les pattes lyonnaises. Cette saison, le titre est parisien. Une première pour une équipe qui pointait à la dernière place du Top Four avant 2012.

Pendant dix saisons, depuis la professionnalisation de la section féminine, il a été irréalisable pour le Paris Saint Germain de prendre le titre européen à l’OL, voire de se qualifier contre l’équipe de Jean-Michel Aulas. Par deux fois, les parisiennes ont pu les éliminer. La première, le 18 janvier 2014. La seconde en 2021. Qui en était le coach ? Olivier Echouafni.

S’il y avait eu la Coupe de France cette saison, peut-être que les parisiennes l’auraient emporté comme en 2018 ? Et pourquoi pas face à l’OL.

Difficile de faire mieux. Impossible même si on se situe au début de saison. La formule connue aurait été juste : “on me l’aurait dit, je ne l’aurais pas cru !”

Un contenu, une cohésion.

Si le coach n’est pas sur le terrain ; il “est” dans la manière dont les joueuses s’investissent dans le jeu, tout simplement parce qu’elles ont confiance.

C’est vrai que j’ai été surpris de la réaction des joueuses au coup de sifflet final de Victoria Beyer sifflant la fin du championnat de France et validant le titre parisien. Peu sont venues directement voir Olivier Echouafni. D’ailleurs, pour cette fameuse scène où toutes se mettent en rond, épaules contre épaules, celui qui a pris la parole, ne fut pas Olivier Echouafni mais Bernard Mendy, son adjoint.

A l’évidence, la personnalité de son adjoint a été forte dans le groupe. Sauf que le pouvoir était dans les mains d’Olivier Echouafni qui avait toute latitude de s’imposer, pour rompre ce lien fort qui pouvait lui être dommageable. Sur cette vidéo de fin de match, Il a laissé les choses s’installer, et ce “laissez” qu’il m’a semblé voir, était peut-être la clé d’un management participatif où toutes les personnalités s’expriment dès lors que l’objectif commun est assuré.

C’est peut-être la réussite du PSG que d’avoir laissé faire cela, ce lien. S’y opposer n’aurait peut-être pas donné cette force au groupe. Il fallait du Mendy et il fallait du Echouafni pour que cela fonctionne.

Je ne sais pas si cela est exact, mais penser qu’Olivier Echouafni est secondaire dans cette réussite me parait être une erreur de perception comme d’expérience.

Déjà, souvenez-vous, à l’arrêt du championnat le 16 mars, le coach parisien pensait pouvoir l’emporter sur l’Olympique Lyonnais. Alors, certes le nombre de fois où les lyonnaises l’ont emporté est bien plus important que le contraire sauf qu’aucun contradicteur ne peut certifier qu’il aurait fait mieux. Surtout en 2021, avec l’OL aux trousses.

Le coach n’a pas convaincu pour l’avenir

C’est la liberté totale du Paris Saint Germain dans laquelle, il me paraitrait juste, qu’on ait demandé son avis à Ulrich Ramé, futur directeur sportif. Si Bernard Mendy a fait une proposition comme coach, c’est qu’il sent qu’il peut la faire pour l’avoir, à son sens, pratiqué durant la saison. C’est certainement exact. Sauf que le participatif est peut-être le meilleur management auprès des filles quand l’autoritaire, le consultatif ne sont plus la solution des titres.

Il serait intéressant d’en savoir la réelle teneur. Il y a toujours à apprendre des autres, surtout quand ils cherchent la performance.

Ne sont pas reconduits Bruno Valencony l’entraîneur des gardiens, comme peut-être aussi Sébastien Lopez-Guia, le préparateur physique, selon l’Equipe. Valencony a assuré avec le talent d’Endler et le physique des parisiennes a été essentiel contre l’Olympique Lyonnais, lors du match retour de championnat. Bernard Mendy, excellent, très proche des joueuses, reste. Certainement pour faire le lien. A mon avis, c’est le signe qu’un nouvel entraîneur a été trouvé.

Philippe Bergerôo, intronisé sélectionneur des Bleues en 2013 et qui avait formé un paquet de BEPF, avait changé intégralement l’équipe de Bruno Bini dont Corinne Diacre faisait partie, alors qu’il en était son formateur au BEPF. Je me rappelle de sa phrase dans la courte enceinte de l’amphi de la FFF. Il avait dit : “c’est la règle, quand un coach arrive, il change l’équipe”.

Olivier Echouafni et son staff ont fait une performance sur leurs trois saisons à la tête du PSG.

Il n’y a rien d’autres à dire.

Juste à regarder qui sera là, évaluer le potentiel et voir le travail : sera-t-il possible de le faire autrement ?

William Commegrain Lesfeminines.fr