Ne cherchons pas dans le passé !

Dans les oppositions entre l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint Germain, nous avons tous sorti le ruban du passé. Défilait les écrits sur la victoire gagnée à l’arrachée de l’OL, les rares victoires parisiennes de 2014 étaient montées au supplice des mots ; les tirs au but de 2017 avec les larmes de Grace Geyoro resituaient les lionnes là où elles ont construit leur podium ; la puissance de Jean-Michel Aulas ne manquait pas d’être rappelée. Qui s’y connaissait ne pouvait ignorer la dualité entre Patrice Lair et Farid Benstiti. Les angles étaient nombreux.

On cherchait dans le passé, à soupeser, le fil de la victoire potentielle du Paris Saint Germain.

A croire que les joueuses alignées sur le terrain n’avaient pas de présent et encore moins de futur.

Dans ces quelques lignes, vous n’aurez que le présent, le sport, l’instant. Je vous le dis.

Pour quelles raisons ?

Argumentons sur le présent ? 

Le match, s’il a une histoire dans son environnement qu’on pourrait dater à la prise de leadership un soir de championnat en Novembre 2020 par le Paris Saint Germain, six mois se sont déjà passés depuis. Six mois, c’est très loin dans une vie de sportive de haut niveau qui joue l’instant. Pas autre chose que l’instant.

Si on veut dater plus court, parlons de mars et d’avril 2021 avec la victoire parisienne en Coupe d’Europe face à l’OL, les sortant des 1/4 de ce que le monde entier a appris à identifier comme étant une propriété lyonnaise. Sept titres. Deux mois se sont passés depuis, c’est encore loin.  Pourtant deux victoires parisiennes sur une seule saison, cela ne s’était jamais vu depuis 2014. Un exploit.

Et voilà, je suis tombé dans le piège. J’ai fait du Aulas, j’ai argumenté pour avoir raison alors que la question était ailleurs : parler du présent. J’ai divergé avec intérêt.

C’est que le Président lyonnais est si habile et si fort, une référence dans le football français, que même lorsqu’on est viré de son club, on sait qu’on prend des risques insensés à en dire du mal. Garcia et Vasseur l’ont dit haut et fort. L’Ol c’est une institution. Pas fou les gars quand tu sais que le Président lyonnais est membre influent du Comex, à la LFP, à l’UEFA, et je ne sais plus où ailleurs. Ils ont adoré le club et son Grand Président, grignotant quelques gestes d’humeurs par ci par là.

Le Président Aulas à la barre

Ca y est, je parle encore de l’environnement sans parler du présent. Il faut dire que tout le monde te le dit. “Tu crois qu’elles vont perdre ?” “C’est possible, c’est possible ?”. Et si tu t’accordes la possibilité de cette éventualité, celui qui s’interrogeait te fais un grand sourire. De lui-même, il respire mieux d’avoir trouvé la réponse. “Et il ne faut pas oublier qu’il y a Jean-Michel Aulas. Alors !”.

Que tu sois fan de l’OL, ou opposé à l’OL, même les coaches ont cela en tête ; alors que chez les gars, pas un seule personne ne peut sortir cet argument s’il veut être crédible dans une discussion acharnée à l’Equipe 21. Pour les filles, le journaliste qui ne le dit pas, c’est qu’il ne sait même pas que Camille Abily et Bompastor, avant d’être coaches, était des joueuses stars de l’OL. Alors ne parlons même pas de sa connaissance du talent de Louisa comme d’Ada.

Une fois, “il y a quelqu’un qui m’a dit” -pour reprendre la formule chantée de Carla Bruni-, après avoir reconnu qu’il ne connaissait rien au football, “comment cela se faisait-il que le Président lyonnais avait viré ses deux coachs la même année ?”. Ajoutant, “Est-ce qu’il aurait perdu la main ?”

J’ai répondu que ce n’était pas possible.

Je n’en revenais pas de n’avoir pas pu voir cela. Cela me semblait tellement impossible. Impossible. J’avais en mémoire une interview du Président lyonnais en 2013 à la sortie de Charlety. Un son que j’avais mis sur youtube quand j’étais un des premiers à me promener avec une petite caméra sur les terrains des zones mixtes féminins. J’avais posé une question parmi d’autres. “Quelle est votre clé pour recruter des hommes ?”. A cette question simple, il m’avait dit qu’il fallait s’assurer que lesdites personnes voulaient porter le projet. Et ensuite j’avais compris qu’il suffisait d’encadrer.

Là visiblement, il a joué deux coups, deux coups dans l’eau. Les deux avaient bien dans l’idée d’avancer, mais autant avec leur manière que dans le cadre du projet OL. Compatible ?

J’ai souvenir d’un journaliste de l’Equipe 21, tard le soir. Sébastien Tarrago, je crois, affirmant pour Juninho : “tout le monde le sait, il n’a pas encore le niveau demandé par un Directeur sportif”. Un ton affirmatif qui m’avait surpris. Ce gars est plutôt réservé dans son argumentation. C’est vrai que tous ces signes justifient une question.

The question 2021.

C’est vrai, qu’il a peut-être perdu la main sur cette saison 2021 ?

L’Olympique Lyonnais ne prend pas la voie de la Ligue des Champions chez les hommes. Tony Parker a mis un pied dans l’OL sans mettre le deuxième, ou alors, il prend son temps. Vasseur a fait asseoir le jeu des joueuses quand le jeu féminin demande une dose de force et de folie pour gagner. Il fait des propositions aux joueuses du Paris Saint Germain, nous faisant rappeler le passé de 2016, qui l’entendent -logiquement-, le marché est le marché. Une tactique ancienne et usitée. Il se dit que Viviane Miedema (Arsenal vice-championne du monde et championne d’europe, souvent meilleure buteuse en Angleterre), aurait refusé la proposition lyonnaise. Refuser Lyon, c’est rare.

Cela fait un peu, pas mal. Avec une défaite, on aurait le droit de rajouter, beaucoup.

Si l’Olympique Lyonnais prend les trois points, ces écrits s’envoleront dans l’indifférence du monde. Pris pour une critique pour ce qui n’est qu’une interrogation.

Si l’Olympique Lyonnais laisse les trois points au Paris Saint Germain malgré ses cartes en main dont la nomination de Sonia Bompastor sur les cinq dernières journées et les deux années suivantes ; alors le train se lancera.

Président Jean-Michel Aulas aurait-il perdu la main dans ses choix ?

William Commegrain Lesfeminines.fr

Réponse dimanche soir, 21 heures, en direct sur Canal plus. OL – PSG. 1 point les sépare. La victoire donne trois points, le nul un, la défaite aucun. Ensuite il ne restera plus qu’un match à jouer avant de chanter “we are the champions !”.