Elles ont couru. Elles se sont jetées dans les bras les unes de l’autre. En cet instant, elles sont toutes sœurs de cœur et à vie.

Les parisiennes répondent à la défaite au Parc (0-1) par une victoire au groupama stadium (1-2)

Elles viennent d’éliminer l’Olympique Lyonnais de SA coupe d’Europe en réalisant une partie où elles ont tellement dominées qu’on ne décompte que deux actions offensives significatives pour l’OL en 95′ de jeu. Deux, le néant. Un désert quand on parle de l’OL.

Et pourtant, des signes avant-coureurs s’étaient manifestées à l’aller. Un peu comme ces grandes plaines désertiques de l’Afrique que le réchauffement climatique annonce. A ramener au football, quelque chose d’inéluctable que l’aller européen avait annoncé quand le championnat 2021 des “fenottes” l’avait dessiné (55 buts de marqués à la 16e journée quand les scores habituels passés touchaient la centaine).

Un but sur un pénalty (0-1) au Parc des Princes sans avoir réellement joué à l’aller ; un retour cet après-midi au Groupama Stadium, où les championnes d’Europe (7 titres dont une série de 5 en cours) ont totalement disparu de la confrontation. Inexistante.

A ce détail des lieux cultes du football masculin, la défaite au lyonnaise Groupama Stadium(1-2)  a été bien pour lourde que celle parisienne au Parc des Princes (0-1).

Mettre deux buts à l’OL, un exploit quasiment unique.

Les lyonnaises ne sont pas habituées à aller chercher la balle au fond des filets. Quatre buts sur toute la saison 2020 en championnat (16 journées). Six en 2019 sans covid. Six sur toute la saison de la  Coupe d’Europe pour 2019. Deux en 2020. Cela fait peu.

La seule défaite sur ce score (1-2) remonte à Novembre 2013 avec le Turbine Potsdam (1-2). 2013, le Turbine Potsdam, on est proche de la préhistoire dans ce milieu qui change tous les cinq ans. Quasiment huit saisons où au mieux, les visiteuses marquaient un but (Paris Saint Germain en 2014-2015 ; Manchester City en 2016-2017). Le premier avec une qualification, le second avec une élimination.

Alors, avoir l’obligation d’en mettre deux pour se qualifier, cela montre l’enjeu parisien et la force de leur performance à l’avoir réalisé.

La justice “du football” choisie le Paris Saint Germain.

On peut gagner en ne jouant pas. le reproche avait été fait à l’Olympique Lyonnais lorsque l’arbitre avait montré le point de pénalty que Wendie Renard avait transformé à la 87′ de l’aller (0-1). Le football semblait choisir à chaque fois les couleurs lyonnaises dans les différentes coupes qu’elles gagnaient. Vainqueur en 2016 (1-1, 4 à 3) en finale contre Wolfsburg ; vainqueur en 2017 (0-0, 7 à 6) contre le Paris Saint Germain : vainqueur en 2018, à nouveau face à Wolfsburg (0-0, 4 – 1 après prolongation) ; le pénalty à l’aller. Tout semblait tourner pour les lyonnaises.

Encore, quand Macário (OL) ouvre la marque à la 4′ (1-0) sur une remise involontaire d’Ashley Lawrence, on se dit que l’Ol a signé un pacte avec Dieu ou le Diable.

Il s’est passé quelque chose. Le football leur a dit non. 

Là le football leur a dit non. Wendie Renard, la joueuse qui a un palmarès incroyable, qui sauve les équipes dans lesquelles elle joue, capitaine lyonnaise, met le but qui donnera la victoire au PSG (csc, 61′).

On se dit qu’il s’est passé quelque chose. On se le dit d’autant plus que rien n’apparait dans le jeu lyonnais alors qu’il restait 30 minutes de jeu. Il y a comme du néant sur le plan offensif, et il y a eu un néant les cinquante cinq minutes précédentes. Les joueuses de Jean-Luc Vasseur apprennent plus à courir après les attaquantes parisiennes qu’à construire des schémas tactiques offensifs.

Et lorsque Melvine Malard, à la (90’+3) cadre à merveille une reprise de volée qui aurait donné la qualification scandaleuse à l’OL et que Christiane Endler la sort d’une magnifique manchette. On a compris que le Dieu football a fermé la porte à l’OL. Que s’est-il passé pour qu’il en soit ainsi ?

Un collectif parisien qui avait tout des héroïnes féminines à la Marvel.

Le onze parisien s’est fabriqué onze Superwomen.

Il n’y a pas d’autres qualificatifs qui ne soient pas plus justes sur cette rencontre.

Christiane Endler prend un but à la 4′. Elle touche deux ballons de la partie, et la voilà qu’elle qualifie son équipe en empêchant, d’une manchette l’égalisation de Melvine Malard. La joueuse chilienne ne voulait pas que le travail de ses partenaires tombe comme un château de cartes. Un effondrement qu’elle a évité. Personne ne pourra dire : “les parisiennes jouent mais l’Ol gagne”.

Ashley Lawrence, à l’origine involontaire du but lyonnais, a réalisé une performance physique et mentale incroyable. Elle a poussé le jeu parisien comme jamais. Depuis plusieurs mois sur le côté droit alors que gauchère. Des fois milieux. Des fois au Canada. Des fois ailleurs. La joueuse canadienne voulait cette victoire ou plus fort, ne voulait pas de cette défaite. Un mental exceptionnel.

Irène Paredes, prend encore une balle pleine tête. Sauf que là, énervée par ce but encaissé, la défenseur centrale et capitaine est au milieu ! Elle est montée d’un cran. Pousse ses coéquipières. Refuse ce que le destin annonce. Elle vient de prendre pleine face un dégagement de Wendie renard mal assuré. Katoto récupére le ballon, se fait reprendre par Buchanan mais la balle tombe dans les pieds de Grace Geyoro qui enverra un missile sous la barre (25′ 1-1).

Dudek n’a rien lâché sur son côté et Perle Morroni a assuré des montées tout en empêchant Delphine Cascarino de perforer.

Formiga est à l’origine de la perte de ballon qui donne le but lyonnais. Là voilà, responsable des deux buts lyonnais, le pénalty à l’aller, le contre au retour. Pourtant, elle s’est exprimée dans les colonnes de la presse en certifiant que la victoire était possible. Tout le reste du match, elle a taclé, montré sa présence pour que le milieu lyonnais s’éteigne. Il n’avait pas une grande luminosité sur cette opposition. Avec elle, il s’est éteint.

Geyoro est une joueuse tranquille. Normalement, elle doit se trouver à 70% dans sa partie du terrain et 30% dans l’autre. Là, elle a dû faire le contraire. 70% dans le terrain lyonnais. 30% à défendre. Présente à chaque récupération de balle, elle a fait très mal au milieu adverse.

Dabritz, capitaine allemande, meilleure joueuse contre la Norvège nous dit Gerd Weidemann. L’Allemande a joué un rôle offensif qui a permis à toutes les parisiennes de jouer très haut. D’autres fois, elle taclait devant sa défense.

Baltimore m’a fait sourire. Elle mesure 1,55. A un moment, elle est marquée par Wendie Renard qui la domine de quarante centimètres (1,87). Elle arrive à lui contester la balle et ne se prive pas de lui donner un grand coup d’épaule dans la minute suivante. La parisienne a 3 sélections chez les Bleues ; la lyonnaise dépasse allègrement les 120.

Diani sait toujours avec précision si elle peut passer son adversaire dans un duel. Face à Sakina Karchaoui, elle n’a fait que de le pratiquer.

Le jour où Katoto finira les occasions qui lui tombent, elle sera numéro 1 mondial. Elle a très bien joué. Placée où il faut comme il le faut. Dangereuse. Il manque si peu pour qu’elle le devienne.

Les onze parisiennes ont été des superwomen.

L’Olympique Lyonnais est logiquement éliminé. La faute aux fautes. Elles doivent être nombreuses.

Le pire serait que la porte du football leur soit définitivement fermée.

William Commegrain Lesfeminines.fr