La dynamique de groupe américaine.

A l’entraînement avant-match, les américaines faisaient des exercices de situation de match. Côté gauche et côté droit. Cela se terminait par un tir croisé. A chaque fois, il a fini petit filet. Alex Morgan a marqué le second but américain comme cela. Copie conforme. De l’autre côté du terrain, les remplaçantes françaises faisaient un toro. Dans le silence du stade Océane à huis clos, on entendait leurs rires qui résonnaient dans l’enceinte vide. Rapidement j’écris ma sensation. Une « cour d’école qui résonne ».

Au final, c’est un peu la différence qui a existé entre les deux équipes. Dans la même veine, je vois un assistant américain qui n’arrête pas de courir quand on lui demande quelque chose. Un bon 60%. Quand d’autres marchent, il court et court.

Le coach américain Vlako Andonovski est au cœur de l’entraînement. Les américaines sont sur un autre jeu. Transversales puissantes.

Cinq minutes plus tard, le début du match ne sera fait que de balles longues puissantes. Il va de petits groupes en petits groupes. Deux joueuses pas plus. Consignes. Contacts. Consignes, contacts. D’ailleurs quand les joueuses sont entrées sur le terrain pour s’échauffer ; toutes passent vers lui qui les attend, pour se “checker” comme le font les basketteurs qui entrent sur le parquet.

A un moment, il n’est plus sur ses joueuses. Il regarde les françaises échanger. S’entraîner. Il les évalue.

Je compte le staff. Pas loin de huit.

La France n’est pas dans le même cérémonial. Chacun a son poste. Quatre personnes en plus.

La dynamique de groupe n’est pas la même.

Le jeu des américaines.

C’est un onze mondial qui était sur le terrain. il ne manquait du Tobin Heath remplacée par Christen Press. Du très haut niveau.

Il y a le jeu européen qui dédouble. Habituel. Les triangles sont connus.

Les américaines font des figures géométriques inattendus, différentes. La passe n’est pas sur trois-cinq mètres, leur univers de passes est sur 10-15 mètres, voire 20. Leur force physique est telle que la transition a 20% de puissance supérieure à celles de leurs adversaires.

Les européennes n’ont pas l’habitude de cette vision de jeu. De déplacements. De passes réussies et transperçantes. Elles se trouvent donc, à tout moment, dans la possibilité d’être démarquées. Seules, prêtes à appuyer et marquer. Si tu associes leurs qualités techniques et mentales, … elles contrôlent et marquent avec un pourcentage de confiance et de réussites qui dépassent les 75%.

De la même manière, le milieu n’est pas là pour réguler. Contrôle, passes latérales. Il est là pour animer et transpercer. Là où les européennes craignent d’exploser sur la durée en pratiquant un tel jeu ; les américaines sont dans leur tempo. Leur force, elles se mettent toutes au même niveau, dès la première minute. Normal.

Alors si tu subis sans réussir à les faire reculer. Les américaines te mangent tout cru.

Là, je les ai trouvé sympathiques. Amicales. Elles avaient la place d’en faire bien plus. Elle se sont contentées du résultat.

“Merci !”

Dans le cas contraire, il y aurait eu une révolution des mots en France.

William Commegrain lesfeminines.fr