Une première mi-temps où les américaines ont utilisé leur place de numéro 1 face à des Bleues trop tendres et impressionnées. Les balles américaines étaient celles de l’entraînement avant la rencontre. Puissantes, transversales.

Les Bleues prises à la gorge.

Chacun des joueuses du onze américain se trouvaient au même tempo de l’exigence de l’équipe. Jouant leur jeu comme le font des handballeuses. Avec des mouvements répétés, organisés dans lesquels Christen Press se promenait en 8 1/2 – 10.

La joueuse américaine donnant la balle du (0-2) à Alex Morgan qui ne rata pas le petit filet opposé. Du droit, bien que gauchère.

De l’autre côté, Megan Rapinoe trouvait aussi des combinaisons avec Dunn ou Morgan qui ne demandait qu’à se transformer. L’Américaine jouant avec Morgan dans la surface dès le début du match pour s’offrir un pénalty sur une faute inutile d’Aissatou Tounkara. Occasion transformée par Megan Rapinoe (0-1, 5′). Corinne Diacre, en conférence d’après-match disait : “on se met en difficulté toute seule. Dès le début du match. Ce qui me gène, c’est que c’est encore face aux Etats-Unis”.

Du côté français, une  joueuse a brillé. Marie-Antoinette Katoto a réalisé une mi-temps pleine. Deux têtes (22′ et 44′) qui auraient pu connaître un meilleur sort. En appui, soutien et à la finition des occasions. Un vrai plaisir de voir l’évolution de la joueuse à ce niveau. Des mouvements intéressants se sont d’ailleurs appuyés sur elle, mais sans avoir l’impact nécessaire pour se créer un occasion à l’exception d’un hors jeu de Katoto servie par Dali (15′).

Quatre américaines sur la porteuse du ballon

Une autre satisfaction. Pauline Peyraud-Magin aura réalisé une belle partie, sortant trois arrêts intéressants (29′, 35′, 38′).

Mais il aura manqué trop de disponibilité autour de la porteuse de balles pour que les Bleues s’en sortent. Une situation qui a engendré un déchet impressionnant à la construction. De plus, le milieu français n’aura jamais impacté celui américain, faisant subir à sa défense des vagues ; sans réussir à construire en contrepartie, des mouvements de contres qui avaient fait leurs qualités contre l’Angleterre.

Le mérite en revenant aux américaines. A chaque fois, quatre joueuses des USA au minimum étaient autour de la porteuse de balle française. Limitant sa vision et ses moyens de distribution du ballon. A chaque mouvement la joueuse française portait le ballon et se trouvait avec une seule solution au final. Elle se limitait dans le mouvement quand le mouvement doit, au contraire, ouvrir des possibilités.

Une présence défensive qui n’a pas été le cas du côté des Bleues.

Une France plus présente mais pas plus dangereuse.

La seconde mi-temps démarre du côté français avec la sortie de Grace Geyoro, Vivi Asseyi et Marie-Antoinette Katoto. Les mouvements sont plus agressifs du côté français. Moins de pertes de balle cumulées avec une récupération au milieu qui commence à bloquer la construction américaine. Toujours devant, mais moins devant. Pour autant, sans jamais déstabiliser verticalement les américaines, déjà trop fortes pour être gênées par des constructions latérales.

La fatigue mentale commence à se faire sentir. Un signe qui ne trompe pas. Sur le terrain, on n’entend que les américaines. Le jeu continue en faveur des USA. Trois corners de suite américains à la 74′, donneront trois sueurs froides françaises. Eugénie Le Sommer dira, en conférence de presse d’après-match “Elles ont géré en seconde mi-temps“. Même face à une équipe qui gère, les Bleues n’y étaient pas.

Il faudra un déboulé de Baltimore, moins en verve que face à l’Angleterre, pour arriver à espérer un csc de Dunn. Une latérale tonique, qui ne laisse rien passer sur son côté gauche.

Les USA continuent à transpercer les françaises. La défense française n’est plus là. Elle n’en peut plus. Elle a juste donné son maximum. Les Bleues finissent dans un 4-5-1 qui veut beaucoup dire sur l’impact que les USA leur ont mis ce soir. En toute fin de rencontre, Lavelle de son côté oblige Peyraud Magnin a un arrêt inattendu, bloquant le score à (0-2).

Au bilan, les américaines ont joué une rencontre pour la gagner. Les françaises ont joué une rencontre sans jamais avoir la possibilité de gagner. Les américaines y sont pour quelque chose. Les françaises aussi.

William Commegrain Lesféminines.fr

FRANCE– ÉTATS-UNIS : 0-2 (0-2)
Au Havre, Stade Océane. Match disputé à huis clos en raison du contexte sanitaire. Arbitre : Mme. Hussein (ALL). BUTS : Rapinoe (5e, s.p.) ; Morgan (19e). Avertissements. – France : Torrent (36e) ; Kazadi (73e) États-Unis : Lloyd (83e).

FRANCE : Peyraud-Magnin – Perisset, Tounkara, De Almeida, Torrent (Kazadi, 61e) – Geyoro (Palis, 46e), Jauréna, Dali (Khelifi, 62e) – Asseyi (Baltimore, 46e), Katoto (Gauvin, 46e), Le Sommer (cap.). Sélectionneure : Corinne Diacre. Remplaçantes : Durand, Picaud, Thibaud, Jean-François, Diani, E. Cascarino, Fleury, Morroni, Deslandes.
ÉTATS-UNIS : Naeher – O’Hara, Dahlkemper, Sauerbrunn (cap.), Dunn – Lavelle, Ertz, Mewis – Press (Smith, 75e), Morgan (Lloyd, 75e), Rapinoe (Horan, 63e). Sélectionneur : Vlatko Andonovski. Remplaçantes : Davidson, Emily Sonnett, Jane Campbell, Kristie Mewis.