La première fois, c’était un 18 Janvier 2014. Une victoire inattendue en  championnat à Gerland, télévisée. Une équipe menée par Farid Benstiti, ex-coach lyonnais sorti “les pieds devants” après une finale européenne perdue aux tirs au but en 2010 face à Turbine Potsdam alors que les lyonnaises menaient la danse.

Un rival, Patrice Lair, à la réputation “tacleuse” tant sa volonté de gagner était forte et qui tenait le banc lyonnais avec deux coupes d’Europe gagnée en 2011 et 2012. L’opposition de la petite histoire féminine était réelle entre les deux hommes.

Le Paris Saint Germain venait à Gerland sans avoir réussi à convaincre contre le leader du championnat de France qui n’en était qu’à son … septième titre national gagné de suite quand les parisiennes, habituellement quatrième du championnat de France, derrière Juvisy et Montpellier avaient trois exploits à leur palmarès : une coupe de France en 2010, une seconde place en championnat en 2011 qui les qualifient pour la première fois pour l’Europe et un (0-0) à Duvauchelle contre l’OL pour la saison 2012 sous l’ère de Camillo Vaz, qui apprenait avec surprise qu’il n’était pas renouvelé.

Allie Long, future championne du monde en 2019, était la star américaine de ce PSG où évoluait Laure Boulleau et Sabrina Delannoy.

L’arrivée de Jean-Claude Blanc au PSG avait changé le rapport avec la section féminine. Elle devenait une des images du PSG QSI dont l’objectif était de créer un club à l’image du FC Barcelone. Léo, Nasser avaient répondu favorablement au projet de Farid Benstiti.

Ce dernier, juste informé, avait démissionné dans la foulée du poste de sélectionneur national de la Russie, la veille d’un match amical face aux Bleues à Beauvais lors de l’intersaison d’été !

Le bilan de ce qui était l’ex-coach lyonnais avait bien commencé sur (0-1) à domicile en 2012. Un pénalty généreux qu’Amandine Henry avait transformé. Le retour avait fait plus mal. Un (3-0) qui ne souffrait d’aucune discussion.

J’ai en mémoire l’attitude de Philippe Boindrieux (dirigeant de la section féminine au PSG et DAF du club parisien) dans les couloirs de Gerland. Abattu et surpris tant le contenu avaient été en faveur des lyonnaises. Du côté lyonnais, on trouvait une Megan Rapinoe qui ne faisait pas le bonheur de Patrice Lair. Elle avait pris la décision de mettre fin à cette aventure. Elle s’ennuyait dans le Rhône.

C’était une époque où les filles jouaient d’abord au football avant d’avoir un contrat.

La saison suivante, à l’aller, les lyonnaises avec Camille Abily, Amandine Henry, Sarah Bouhaddi, Wendie Renard, Louisa Necib n’avaient pas raté les parisiennes. Un lourd (0-3) à Charlety où Lotta Schelin avait brillé et Laetitia Tonazzi, transfuge de Juvisy, avait planté un superbe but à la 90′.

Le PSG a souvent gagné à Lyon. 

Autant dire que personne ne s’attendait à une performance parisienne ce 18 janvier 2014.

A la sortie de l’hiver, une journée après la reprise de Janvier. Paris avaient signé Laura Georges, star lyonnaise. Une nouvelle prise parisienne après l’arrivée de Shirley Cruz. Un PSG qui commençait à toucher à l’international. Kosovare Asllani venait d’arriver. Une joueuse suédoise de talent qui deviendra la star suédoise du Mondial 2019 (3e) et du Real Madrid féminin. Une inconnue américaine, Lindsey Horan, commençait son apprentissage professionnel. Elle deviendra Championne du Monde en 2019. Tout cela était entouré par Annike Krahn et Linda Bresonik, double championnes du monde en 2003 et 2007.

Kheira Hamraoui commençait à briller au milieu de terrain parisien et le milieu était tenu par un trio qui à mon sens, n’a jamais été égalé en volonté et intention. Caroline Pizzala, Kenza Dali, Aurélie Kaci et Shirley Cruz jouaient un concert de jeu en mouvements incroyablement positif. Karima Benameur-Taieb, venue de Rodez, venait de gagner sa place en Equipe de France, seconde de Sarah Bouhaddi. Elle sera reprise par Kriedzynek, inconnue qui deviendra une référence parisienne avec sept saisons dans les buts parisiens.

C’est Laura Georges (45′) qui plantera le but qui fera le tour de la petite planète du football féminin. J’ai en mémoire Sabrina Delannoy et Laure Boulleau qui sautent dans les bras l’une de l’autre. Elles avaient défendu ce but inespéré avec corps et âme. La capitaine parisienne découvrait dans la foulée de cette aventure parisienne, les Bleues de Bruno Bini et Philippe Bergerôo. Jessica Houara D’Hommeaux allait descendre en latérale dans la foulée ce qui lui ouvrira les portes de l’Equipe de France.

Au centre d’entraînement de Bougival des parisiennes, je ne me souviens d’aucune caméra dans la foulée. J’avais attrapé Laura Georges qui sortait de l’entraînement. Elle était attendue pour une interview d’un journal américain phare. Ses yeux brillaient à l’avance. Je ne sais pas si Laure Boulleau et Sabrina Delannoy ont connu une plus forte joie que celle d’entendre ce coup de sifflet final de Séverine Zinck qui validait leur victoire exceptionnelle.

Rebelote en Coupe d’Europe

Il y avait eu du bruit sur cette victoire qui mettait fin à quatre années sans défaite de l’OL. Un hold-up renouvelé dans la foulée en Coupe d’Europe. Toujours à Gerland sur une pichenette de Fatmire Alushi dans le dernier quart d’heure. Une joueuse allemande, 3e du classement FIFA, venue du club leader européen Frankfurt. Un PSG qui s’était renforcé avec Caroline Seger, capitaine suédoise et l’allemande Josephine Henning. Marie-Laure Delie avait été le premier transfert français connu. Le PSG se dessinait avec l’intégration de Katoto, Moronni, Geyoro, Cissoko.

Deux hold-up car il était impossible de gagner l’Ol autrement. J’ai en mémoire les efforts défensifs incroyables de Kosovare Asllani, attaquante dans l’âme. Dans la lignée de ce qu’elle produira au mondial.

15 jours en tête du championnat en 2017

Tout le monde se souviendra de la victoire parisienne un 17 décembre 2016 au Camp des Loges sur un boulet de canon de Marie-Laure Delie. Puis le retour début Janvier où une erreur de saisie informatique du nouveau programme numérique recevant les feuilles de match lors de la 1ère journée s’était terminée avec une pénalité de quatre points pour le PSG lui faisant perdre la première place acquise avant Noël. Une décision qui avait fait perdre la tête aux joueuses de Patrice Lair, laissant la 2e place européenne à Montpellier. Une place que le PSG a toujours occupé depuis 2013.

L’opposition a donné assez peu de matches nuls (quatre depuis 2012 en championnat) et jamais en fin de championnat. L’arrêt de la saison dernière à quelques jours de ce retour 2020 reste une interrogation pour Olivier Echouafni.

Même un nul ferait du bruit. Un nul laisserait la première place au PSG, donnant du corps aux futurs matches parisiens. Du bruit, mais rien de comparable avec ce que serait une victoire parisienne Samedi soir, leur confirmant la première place au championnat (+4) et un titre.

William Commegrain Lesfeminines.fr