Wendie Renard (30 ans) aura marqué le football féminin français avec ses titres de championnes de France (14), coupes de France (9). Encore plus celui lyonnais. Selon le site statistique de footofeminin, 375 matches ont été joué par la martiniquaise sous les seules couleurs de l’Olympique Lyonnais depuis son entrée dans le 11 du Rhône en 2007 (17 ans).

Depuis deux ans, elle est montée d’un cran avec une notoriété européenne établie dans les médias internationaux. Elle est passée au-delà des frontières. Bénéficiant des intégrations des meilleures joueuses européennes et mondiales au sein de l’OL, communiquant ensuite à leurs pairs la qualité de la joueuse d’1m87. Souvent la plus grande des compétitions internationales auxquelles elle participe (JO, Mondiaux, Euro).

Cela a pris du temps. Les 1/4 de finale répétitifs de l’Equipe de France depuis 2013 ont fait passer les meilleures joueuses dans le silence face à celles qui jouent le titre.

Aujourd’hui, plus personne n’écrit sur le sujet de sa taille. Il y a longtemps que sa carte de visite propose d’autres caractéristiques. L’Olympique Lyonnais et l’Europe lui ont donné des éclats de lumière pour une compétition que personne ne connaissait mais qui maintenant, avec les Grands d’Europe au combat (Bayern de Munich, Juventus, FC Barcelona, Chelsea, PSG), change de dimension.

Des compliments factuels aisés à faire et reconnus dans la minute dès lors que la joueuse opposé s’intéresse à ses adversaires. Lever sept fois la Coupe d’Europe ne peut que vous faire Être et reconnaître.

Aujourd’hui, avec retard, elle termine sur le podium FIFA à la 3e place mondiale, derrière Lucy Bronze et Pernille Harder. Elle sera certainement sacré meilleure joueuse européenne en 2021 si l’OL prend son huitième titre à moins qu’une équipe européenne (Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède) ne prenne le titre olympique lors des JO de Tokyo à venir.

Pour ses voeux de fin d’année, Wendie Renard a été citée comme exemple par le Président français, Emmanuel Macron. Une exemplarité à suivre, choisie avec neuf autres pour être mise en lumière. Du jamais vu, qui à mon sens est mérité sur le plan sportif mais excessif dans la situation présentée de l’exemplarité face à la Covid.

Même si elle est encore en pleine activité dans un football qui s’arrête à 35 ans en moyenne ; que pourra faire Wendie Renard après sa retraite sportive ?

La question est plus qu’anticipée. Elle creusera encore plus un sillon sportif qui sera inégalé en football féminin. Il reste que la question se pose pour tout sportif de haut niveau.

Cette femme est une travailleuse. Une bosseuse. Elle ne s’équilibrera qu’à la condition d’avoir les rênes d’un pouvoir à exercer pour amener les autres dans la direction qu’elle veut tracer pour son projet professionnel. On le voit, de plus en plus, son caractère se forme dans ses prises de position. Si en tant que joueuse, elle sait faire des concessions sur l’autorité ; elle ne l’accepte qu’à la simple raison que son éducation lui a fait apprendre le respect des statuts et leurs coordinations.

Seulement la vie du football lui a aussi appris à se positionner dans ces statuts. Et la bonne position pour elle, c’est devant.

Cette idée d’article m’est venue en lisant les candidatures pour la présidence du football féminin français. Je me suis dit qu’elle aurait été un bon choix dans une équipe à construire. Mais on le sait en le comprenant, le Comex (siège des décisions) est autant un statut qu’une ligne de qualité sur une carte de visite. Je ne pense pas qu’elle se serait contentée de cela, à valider et invalider des décisions souvent déjà prises ; faites de dossiers si bien préparés à l’avance qu’ils n’appellent qu’à les lire pour les conforter.

Elle pourrait être même une bonne tête de liste accompagnée de compétences. Certes, cela aurait été surprenant mais une idée novatrice qui aurait l’avantage de creuser réellement un nouveau sillon. Et le problème de la FFF comme de son Président, c’est de ne trouver comme candidat, aucun nouveau sillon réel dans un monde qui demande plus que de l’adaptation. Noël le Graet le pense certainement. Une situation l’obligeant quasiment à se représenter. Lui qui sait qu’il possède les compétences pour maintenir le football mais cherche le regard nouveau dont toute organisation a besoin.

Si l’idée de la FFF est très novatrice. Lui donner le projet de gérer et organiser les futures règles d’un football professionnel féminin dans une Ligue Professionnelle à créer est déjà plus crédible.

La condition de ses projections futures ne vaut qu’à la condition où Wendie Renard aime tant le football pour s’y baigner encore pour une quinzaine d’années supplémentaires. C’est beaucoup. Je n’en suis pas convaincu. Je crois que la joueuse la plus titrée du football français regarde le football, après ses quinze ans d’exercice du haut niveau, comme une professionnelle. C’est un sport qui lui a demandé trop de concentrations pour qu’elle veuille s’y retrouver pendant 15 nouvelles années à venir.

Je pense que le football ne pourra la récupérer qu’à la condition où il la fasse rêver.

Je vois très bien cette femme vivre sa quinzaine d’années professionnelles à venir pour revivre ses rêves en Martinique. Il y a comme un lien incroyablement fort entre ses passés dans l’Île et ce qu’elle est. Je pense qu’elle adorera redevenir une “fille des Îles”, soumise au vent et à la chaleur de ce qu’elle a quitté et qui est Elle à chaque instant qu’elle doit agir et raisonner.

Souvent elle communique sur les courses de Yoles. Voiliers typiques martiniquais qui enchantent l’Île. Des couleurs incroyables, Des bouts de bois pour équilibre et l’homme face à la Nature, le vent, dominant naturellement ses récifs que les boucaniers du monde littéraire, ont surgi de l’imaginaire d’écrivains, comme des célèbres Pirates de la Mer.

Je la verrais bien organiser un évènement naturel qui fasse rêver de son Île.

Si le football féminin pouvait arriver à la faire rêver ; elle en serait une excellente dirigeante. A défaut, elle dirigera quelque chose. Il faudra juste que ses futures projets la fasse sourire.

Incroyable comme elle est différente quand elle sourit à la vie.

William Commegrain Lesfeminines.fr