Une journée de championnat qui a fait bouger les lignes au lendemain des sanctions contre Fréderic Biancalani et Marlène Bouedec, jugés par tous excessives, avec 17 et 15 matches de suspension pour des mots contre les arbitres. Mais une journée de championnat qui ne peut être présentée sans faire un lien avec l’environnement global du football féminin français, tant au niveau de la D1FArkema que de celui des Bleues.

Un football féminin loin d’être calme avec la non-sélection d’Amandine Henry, capitaine de l’Equipe de France, par Corinne Diacre, pour des raisons “sportives”, pas reconnues par ses pairs lyonnaises et son coach, Jean-Luc Vasseur. Directement condamnée par Wendie Renard (capitaine de l’OL), Amel Majri (OL), Olivier Blanc (responsable de la section féminine de l’OL) et son agente Sonia Souid.

Sans nul doute, des règlements de compte qui posent un problème de rapports de force au sein de l’Equipe de France. Chacun se rendant des coups.

La sélectionneuse depuis 2017, Corinne Diacre, marquant avec affirmation ses choix dans ce qui sera plus qu’un passage au sein des Bleues, renouvelé, par un récent avenant, à fin Juin 2022 face à des joueuses qui montrent à quel point, le groupe France est scindé dans son unité.

Une situation interpellante pour un observateur extérieur, d’autant que les joueuses lyonnaises ont manifesté leur mal-être quelques jours auparavant, auprès du Président de la FFF venu leur remettre une médaille d’honneur pour leur sixième titre européen ; ce qui n’a pas empêché Corinne Diacre, de confirmer la non-sélection d’Amandine Henry, deux jours plus tard. Accordant un appel téléphonique et prenant la décision de le communiquer, en précisant la teneur et l’émotion de la capitaine des Bleues. Déçue.

A l’évidence des choses se passent dans cette Equipe de France qui dépassent le football.

Je retiendrais la phrase de Corinne Diacre précisant sa philosophie : “tant que les résultats sont là ; l’adhésion est là”. Une phrase à situer dans le cadre du renouvellement logique de son contrat jusqu’en 2022 par Noël Le Graet (date de l’Euro), le Président de la fédération, montrant une constante, appuyée d’un commentaire amical. Voilà les forces de la sélectionneuse.

D’un autre côté, la dissension évidente avec les joueuses cadres de l’OL, titulaires de cette équipe de France et le remplacement potentiel par de nouvelles joueuses, dans le cadre d’une qualification pour l’Euro 2022 quasiment acquise, puisque cet Euro sera largement ouvert au second de chaque groupe (4) pour des Bleues 3e mondial.

En Octobre se jouera le match aller face à l’Autriche, descendue à 27e place mondiale, après avoir pris la tête de la poule lors de l’Euro 2017 mettant la France à la seconde place. Une performance autrichienne, alors 20e nation mondiale, qui l’avait amené en demi-finale de la compétition.

En Novembre, le retour se fera en France. Tout se jouera en deux mois.

Un football féminin français qui est dans cet environnement. De temps en temps, bouillant. De temps en temps, calme.

Dernière actualité qui n’est pas pour simplifier les choses : à noter que Corinne Diacre a été testée positive au Covid ainsi que son adjoint, coach des gardiens. Elle ne sera pas présente au moment du rassemblement et des jours qui suivront. Le travail se fera par videoconférence avec le reste du staff : Éric Blahic, adjoint, et Anthony Grech Angelini, préparateur physique, prendront le relais.

Un peu plus de piment dans cette situation qui, si elle continue comme cela, vaudra bien un scénario à écrire.

William Commegrain Lesfeminines.fr

Matches à venir : Macédoine du Nord, vendredi 23 octobre, 21 heures à Orléans, et face à l’Autriche, mardi 27 octobre, 21 heures, à Wiener Neustadt.

Extrait du communiqué de la FFF :

Éric Blahic, adjoint, et Anthony Grech Angelini, préparateur physique, prendront le relais de Corinne Diacre sur le terrain lors de ce rassemblement. La coach sera en contact constant avec son staff et ses joueuses par visio-conférence.

Je confie la sélection avec grande confiance à Éric et Anthony. Nous échangerons de manière constante pendant les dix jours de stage avec l’objectif inchangé de remporter ces deux matches de qualification. La situation est très particulière mais nous nous adapterons, le plus important étant de respecter les mesures sanitaires pour préserver la santé de tous”, déclare Corinne Diacre.

Gilles Fouache, entraîneur des gardiennes, sera remplacé par un technicien dont le nom sera communiqué ultérieurement.