Sur les deux premières journées, quelles sont les belles actions à retenir qui font que les joueuses concernées vont les garder en souvenir ? Je retiens les tentatives de Claire Lavogez (Bordeaux) lors de la 1ère journée et l’arrêt de Phallon Tullis-Joyce du Stade de Reims ; et pour la 2e journée, le but de Sophie Vaysse du Paris FC.

Un beau duel entre Claire Lavogez et Phallon Tullis-Joyce

j’ai trouvé superbe le duel entre Claire Lavogez, une joueuse au profil de 10 qui adore trouver des lucarnes lorsqu’elle se trouve face au but et l’arrêt de la jeune gardienne, mais capitaine, du Stade de Reims.

Une Claire Lavogez (35 sélections, 26 ans), épanouie dans son jeu à Bordeaux, ne ratant les marches de l’Equipe de France qu’à compter de l’arrivée de Corinne Diacre, (1er Septembre 2017), peu encline à la faire entrer dans le groupe. Un destin en Bleue qui montre l’impact des coaches dans le parcours des joueuses et dont on ne peut que saluer la maturité de la joueuse bordelaise, peu enclin à développer des messages allant à l’encontre du groupe France.

Mais revenons déjà au premier tir de la bordelaise depuis deux saisons. Excentrée sur la droite, remarquez à quel point son tir est techniquement parfait (4’12). La vitesse de sa jambe, la continuité dans le geste qui s’arrête à mi-parcours donne un ballon horizontal qui frôle la transversale de Phallon Tullis-Joyce, au nom aussi grand que sa taille. 1m85 sous la toise, à deux centimes de Wendie Renard et pas loin de vingt centimètres de plus que les attaquantes en France. Peu de joueuses en France sont capables de cette envie de tirer d’aussi loin et aussi excentrée .. en cadrant.

Une habitude, elle avait marqué un superbe but en Coupe du Monde U20 2014 au Canada qui avait le tour des écrans internationaux.

Un peu plus tard dans la partie, elle récupère une balle perdue de Reims, se met sur son gauche et va chercher cette lucarne avec le même geste technique auquel il manque l’unité dans la vitesse pour lui donner la rapidité qui surprendra la jeune américaine. Elle se lance et sort une belle balle main opposée (7’30).

Je pense que ces deux joueuses ont encore en mémoire ces deux gestes techniques. Le tir, l’arrêt. Il les fait se lever ou rêver plus facilement et certainement sourire d’une belle sensation de football. L’une se disant, voilà ce que j’aurais dû faire. L’autre prête à relever le défi.

L’américaine ira chercher un superbe arrêt, la journée suivante, face à Eugènie le Sommer de la même manière. Main opposée.

Sophie Vaysse (Paris FC)

Dans la journée 2, j’ai aimé particulièrement le but de Sophie Vaysse (26 ans) du Paris FC. La jeune milieu de terrain joue sa 6e saison dans l’Essonne, venue de Rodez, avec un accent rocailleux à couper au couteau. Les deux premières années ont été difficiles et je me souviens que son frère jumeau était prêt à lui demander de changer de couleurs pour s’exprimer davantage.

La fille n’a jamais fait de vagues. Elle a pris son parcours, obtenu ses diplômes, travaille dans le sport et n’a jamais connu les couleurs des Bleues chez les A ou les B, alors que dans un club qui se faisait gloire d’être dans le Top 4 du championnat.

J’aime son but car, en dehors du fait qu’il soit pur, il est le fruit d’un travail. On le voit, Sandrine Soubeyrand a placé ses joueuses méticuleusement pour prendre des 2e ballons sur les corners de Gaetane Thiney, précise comme une horlogière.

La joueuse est là. Combien de fois a-t-elle eu une telle balle dans les entraînements. Beaucoup ou peu. Peu importe. Remarquez à quel point elle s’applique dans sa frappe. Coup de pied, cuisses fermes et fortes pour donner de la puissance. Arrêt du mouvement pour que la balle ne s’envole pas. Epaules entrées et fort appui au sol pour qu’elle continue dans une trajectoire basse montante.

Son application et sa délivrance sont un des bonheurs du football.

Là encore, le prochain match de championnat se fera mi-octobre mais pendant un certain temps, cette image sera dans son esprit. Heureuse. Un bonheur rare dans le sport. La sensation d’une perfection qui vous rend sur le moment, championne du monde.

Bravo à elle et à celles qui auront ce plaisir sans qu’on soit amené à dire qu’elles sont des “pépites”. Pour obtenir des likes, j’aime, soutien, support où ce que vous voulez. Elles se sont faits plaisir et peuvent être fières de leurs gestes techniques.

William Commegrain Lesfeminines.fr