1/2 finale WCL 2020. PSG (0-1) OL. Elle s’appelle Renard. L’Olympique Lyonnais s’impose encore face au Paris Saint Germain, sur un but de Wendie Renard (68′) et se qualifie pour sa 5e finale consécutive pour un 5e titre consécutif à obtenir face à Wolfsburg. 

26 Août 2020

Auteur : William Commegrain

A l’impossible, nul n’est tenu. Aujourd’hui, battre l’Olympique Lyonnais, pour le Paris Saint Germain, cela relève de l’impossible. Le contenir, oui. Le battre, non. 

Sarah Bouhaddi n’a eu qu’un seul arrêt à faire. Un tir trop écrasé de Kadidiatou Diani, dans la niche de la gardienne lyonnaise. 

Du côté de l’Olympique Lyonnais, on a assisté aux mêmes nombres réduits d’occasions. A l’exception de la tête de Lucy Bronze sur corner (32′), Christiane Endler n’a eu aucun arrêt délicat à faire.

Le bilan de tout cela nous fait dire que si tu fermes le jeu face à l’Olympique Lyonnais, tes chances de gagner sont réduites à néant pour deux raisons : (1) même quand elles jouent à dix, tu n’arrives pas à inquiéter la gardienne pourtant, il y a de fait plus d’espace. (2) Aux tirs au but, elles remportent la mise (PSG en Coupe de France, Tournoi des championnes, Finale UEFA 2017 ; Wolfsburg en finale UEFA). 

La seule solution, c’est de jouer offensif. Le PSG en finale de la Coupe de France 2018 l’a réalisé. Manchester City l’a fait en Coupe d’Europe à Gerland (1-2). Le Paris Saint Germain l’a fait au Camp des Loges sur un boulet de canon de Marie-Laure Delie (1-0). Ou alors tu fais des hold-up soignés dans le détail comme ceux de Farid Benstiti. Et encore, je ne sais pas si cette dernière formule, applicable en 2014, pourrait l’être en 2020.

A défaut de jouer offensif, tu vas perdre avec des regrets, un petit score. Mais tu perdras.   

Olivier Echouafni (PSG) en bon coach va trouver que ses filles ont donné le maximum. Regretter les décisions arbitrales. Féliciter le vainqueur. Jean-Luc Vasseur (OL), lui, dira que c’est un excellent match de football, que le PSG est de plus en plus près, que l’Ol travaille pour gagner et jouera une finale pour un titre, nouveau pour lui à ce niveau européen. Le 7e pour l’OL, le 5e de suite. L’Histoire se construit dans le Rhône. 

Philippe Boindrieux, responsable de la section féminine du PSG, nous avait dit, lors de la première qualification du PSG en Coupe d’Europe (saison 2013), à la dernière journée de ce premier championnat new look pour le PSG, une chose encore plus vraie aujourd’hui : “le seul problème, c’est qu’il y a l’Ol dans le championnat de France.” Elles en avaient 7. Depuis, elles en ont 14.

L’Histoire lui a donné raison. C’est encore plus vrai en Europe.

Grace Geyoro, exclue pour un second jaune à la 66′. Sur le coup franc, l’OL mettra son but vainqueur.

Photographie @UEFA

Cette 1/2 finale ne restera pas dans les annales.

On était resté sur notre faim lors de la 1/2 entre Wolfsburg et le FC Barcelone. On avait tort. L’autre 1/2 a été encore plus insipide pour les téléspectateurs et très engagée certainement pour les actrices. 

Olivier Echouafni avait placé Kadidiatou Diani à gauche pour empêcher les montées de Lucy Bronze. Il avait bien fait. On s’en est aperçu en 2e mi-temps, lorsque Diani a repris son poste à droite. L’internationale anglaise est montée et a percuté, laissant la jeune Baltimore sans réaction. C’est elle qui créera le décalage obligeant Grace Geyoro à une seconde faute (67′) sanctionnée par l’arbitre, mettant le PSG à dix (exclusion) pendant neuf minutes. 

Le football comme le sport ne se termine qu’au coup de sifflet final. Olivier Echouafni en aura la certitude quand il verra Nikita Parris prendre un second jaune (75′) pour une charge sur Cristiane Endler, la gardienne parisienne, remettant les deux équipes dans le même ordre de joueuses (exclusion). Dix contre dix. 

Sauf qu’entre-temps, les deux équipes n’ont pas les mêmes talents. Pour l’Olympique Lyonnais, Amel Majri sera celle qui sauvera l’OL en déposant, sur la faute de Grace Geyoro, une balle pour Wendie Renard, mal défendue par Diani, pour une tête imparable qui fera le résultat du match (68′).

La joueuse, capitaine de son équipe, aux trente titres en veut un trente-unième. Défenseuse, elle est souvent déterminante pour ses équipes. Plus de 20 buts en EDF, plus de 30 avec l’OL. Un média avait titré sur une de ses phrases avant la rencontre : “je n’ai pas fait 6000 kms pour rien !”. C’était en 2007, de la Martinique à Lyon. Elle les a encore entre les dents. Ne cherchez pas, n’importe quoi comme le moindre détail sont une source de motivation pour cette joueuse. 

On regrettera dans cette rencontre les choix tactiques très défensifs des deux coaches. L’un aura raison, celui qui gagne ; l’autre aura tort, celui qui perd. A mon sens, cet OL n’est pas le meilleur de l’Histoire, il est prenable.

Au bilan,  du coté de l’OL. Bouhaddi ne peut pas être jugée ; Lucy Bronze me semble fatiguée et moins performante, Kadeisha Buchanan est en forme au niveau international, Wendie Renard tient la barre de son équipe et de l’Ol et Sakina Karchaoui, pour une première, pourrait s’étoiler dans cette équipe. J’ai bien aimé la volonté de Selma Bacha de lutter contre Kadidiatou Diani qui lui avait fait prendre l’eau en finale de la Coupe de France. 

Pour le milieu, Saki Kumagai comme Gunnarsdottir ont fait leur travail, sans plus ni moins quand Dzsenifer Marozsan est une étoile qui a perdu beaucoup de lumière. Dans ce milieu correct mais décroissant, Delphine Cascarino a joué de sa vitesse sans que cela ne soit profitable, Nikita Parris est une joueuse battante et dévouée à la victoire quand Amel Majri a un pied gauche extraordinaire. Sans elle, pas de victoire. L’énergie d’Eugènie Le Sommer, entrée en cours de match, a fait plaisir à voir.

Du côté du PSG : Endler a fait son travail, Perle Morroni a beaucoup apporté offensivement mais sans trouver d’envies identiques du côté de ses partenaires. Le feu qu’elle a allumé était condamné, à chaque contre, à s’éteindre faute de braises. Dudek et Paredes ont fait un travail sérieux et Ashley Lawrence est plus apparu offensivement en seconde mi-temps que défensivement en première. 

Au milieu, Grace Geyoro comme Sara Däbritz manquent de personnalité pour renverser l’Olympique Lyonnais. Seule Ramona Bachmann semble en avoir la possibilité et l’expérience. Dans ce jeu à dix, elle a été sortie montrant la priorité défensive du coach. Nadia Nadim n’a pas trouvé sa place alors que Kadidiatou Diani n’a pu déborder qu’après l’entrée de Selma Bacha, et pas assez souvent pour poser un problème à Lyon. Marie-Antoinette Katoto, faute de ballons dans la surface, est devenue plus une neuf et demi, voire une six à récupérer des ballons dans le rond central, qu’une avant-centre. 

A l’écriture, une évidence s’impose. Les parisiennes n’y sont pour rien mais elles sont moins fortes, pour réussir à l’emporter sur l’OL avec un système défensif, que celles qui avaient réussi l’exploit de vaincre -rarement- l’Olympique Lyonnais. Elles se donnent mais elles ne montrent pas le talent d’une Cristiane, Alushi, Heath, qui bousculaient l’OL par des dribbles inattendus. 

Le Paris Saint Germain est trop sérieux comme collectif. Il faudra longtemps avant qu’elles ne deviennent une machine huilée collectivement et l’emporte sur l’OL. La seule solution reste le talent et un leadership individuel, partagés par trois ou quatre joueuses, emportant les autres vers ce qui est – pour l’instant – un exploit. 

L’Olympique Lyonnais rencontrera en finale le Vfl Wolfsburg, qu’elles ont battu lors de leurs quatre dernières oppositions : 2016 et 2018 en finale ; 2017 et 2019 en 1/4 de finale.

Une finale entre un club allemand et un club français. Pour l’écriture, un remake de la Ligue des Champions 2020. Pour le détail, l’opposition entre le numéro 1 européen, Lyon et son second, le Vfl Wolfsburg. La finale attendue.

Il est à noter, d’ailleurs, que les joueurs, dans cette formule inédite, ont tous joué un football champagne quand pour la gente féminine, c’est le contraire qui est ressorti. Avec un jeu fermé, tourné vers l’objectif prioritaire défensif. Du  

“L’Ol gagne grâce à Wendie Renard et Amel Majri mais le PSG n’a jamais montré qu’elles pouvaient l’emporter.”

1/2 finale WCL 2020

PSG-OL

1/2 finale WCL 2020. Paris Saint Germain (0-1) Olympique Lyonnais. Mercredi 26 Août 2020. 20h00. San Mamès, Bilbao. Retransmission en direct sur BeIn Sports, Canal Plus et UEFA TV. Arbitre : Anastasia Pustovoitova (RUS).

  • But : 68′ Wendie Renard (0-1) de la tête sur coup franc d’Amel Majri. 
  • jaunes : 17′ Nadia Nadim ; 29′ Grace Geyoro ; 52′ Parris ; 66′ Grace Geyoro (exclue) ; 73′ Olivier Echouafni (coach PSG) ; 75′ Nikita Parris (exclue).

Paris Saint Germain : Endler – Lawrence, Paredes (Cap), Dudek, Morroni – Geyoro, Däbritz – Diani, Bachmann (67′ Formiga), Nadim (54′ Baltimore puis 81′ Bruun) – Katoto. Coach : Olivier Ecouafni.

Olympique Lyonnais : Bouhaddi – Bronze, Buchanan, Renard (cap), Karchaoui (73′ Bacha)– Kumagai, Gunnarsdottir – Cascarino (77′ Le Sommer), Marozsan (87′ Van de Sanden), Majri – Parris. Coach : Jean-Luc Vasseur.