La joueuse du Paris Fc (34 ans, 163 sélections, 58 buts, 13 ans en sélections) s’est exprimée avec maturité et réflexion sur le site de son club quant à sa perception de sa situation personnelle en Equipe de France et le parcours actuel de son club dans le championnat de D1FArkema.

La phrase que j’ai envie de retenir est celle de la joueuse de haut niveau, passionnée de performance et qui affirme :“Ma carrière ne s’arrêtera pas en Juin 2021”. 

Agée de 34 ans, elle renvoie à ce stéréotype français qui veut qu’au-delà de la trentaine, la présence est exceptionnelle.

Dans le milieu féminin, les meilleures récompenses sont venues de joueuses dépassant allègrement les trente ans. Carly Lloyd (37 ans en 2020) a été meilleure joueuse FIFA en 2015 (33 ans) et 2016 (34 ans), toujours en activité au sein de la sélection américaine. Megan Rapinoe a été élue meilleure joueuse FIFA en 2019 à l’âge de 34 ans. Marta (34 ans), The Best 2018 l’a été à 33 ans.

Sans avoir ce graal suprême, Caroline Seger (35 ans) est toujours capitaine de la sélection suédoise, titrée en 2016 aux JO (Argent) et bronze au mondial 2019. Cristiane (Brésil, 34 ans) est toujours sélectionnée.

On peut donc être performant au-delà de la trentaine. D’autant, si le corps le permet. Gaetane Thiney le disait assez souvent. “Je n’ai jamais été blessée”. Si sa qualité de vitesse est moindre, elle a développé une vision de jeu largement au-dessus de la moyenne.

Quand les autres appliquent un jeu d’instinct, voire de répétitions, plats du pied ; la parisienne a un jeu “Smart”. Ce qui lui fait rater d’ailleurs des buts instinctifs qu’elle marquait auparavant. Elle a un temps de réflexion avant la décision. Reste que le jeu de passes dépend de la qualité des autres.

Les performances passées du Paris FC ont été très difficiles en terme de résultats. A l’inverse, dans l’analyse du contenu vécue par les joueuses, la capitaine du Paris FC analyse que les choses n’étaient pas inquiétantes car sur le terrain, les évolutions étaient favorables. En fait, elle pense que la période passée a été celle nécessaire à l’éclosion d’un style de jeu dont l’ambition est d’arriver à prétendre à la 3e place, future place qualificative pour la Women’s Champions League.

Dans ce cadre qui s’impose et après avoir affirmé “qu’au matin, elle a envie de pratiquer du football” ; elle ne se pose pas la question d’arrêter. Encore moins, puisqu’elle a en tête une expérience à l’étranger. Certains penseront qu’il est trop tard. Visiblement, elle a des certitudes en la matière.

Sur le plan des Bleues, elle est potentiellement sélectionnable et laisse aux coaches, le soin de le faire ou de ne pas le faire. Elle sait la possibilité de “peut-être, ne plus jamais porter ce maillot” comme elle sait qu’elle est libre de postuler à y retourner en lâchant à demi-mot, qu’elle a conscience de savoir ce qu’il faut pour gagner.

C’est cette lumière qui la met en éveil sur le plan de l’Equipe de France et qui justifie de son intervention médiatique récente.

Gaetane Thiney, c’est avant tout une joueuse à la recherche de performance qu’elle trouve sur le rectangle vert. Elle aime le football. Après où cela l’emmènera ?

William Commegrain Lesfeminines.fr