Une reprise obligatoire. Le football va repartir. Il va d’autant plus repartir que l’Etat ne peut pas prendre en charge plus longtemps l’économie française, avec 5 millions de salariés dont les entreprises ont demandé l’activité partielle pour un montant estimé minimale à 6 milliards d’euros …. pour un mois !

En deux jours, le Ministère du Travail a enregistré un 1 million de demandes supplémentaires pour des salariés.

Les conditions sanitaires mettront du temps à s’installer -effectivement- comme dans l’esprit et comportement des gens. Les gestes barrières sont la première solution.

En Chine, un autre région semble déjà touchée par le virus. Cependant, le Coronavirus sera certainement maitrisé scientifiquement. Pas tout de suite, à l’évidence. La mobilité va reprendre car la mobilité humaine génère une économie en millions de milliards. Les compagnies aériennes, le marché du tourisme, exsangues, n’attendent que cela. Scrutant le ciel printanier, espérant l’annonce d’un oracle pour l’Eté.

Le confinement va s’arrêter car il doit s’arrêter. Une des raisons sera certainement économique.

L’explosion des demandes d’activité partielle en quelques jours !

Au 25 mars, l’Usine Nouvelle annonçait 700.000 salaries pour 2,2 milliards d’euros. Au 27 mars, le même média faisait exploser le chiffre à 2,2 millions de salariés. Au 31 mars, Libération reprenait une communication du Ministère du Travail avec 3.600.000 salariés concernés pour 440.000 entreprises demandeuses (source) et le 3 avril, Ouest France avec l’AFP titrait “Coronavirus. Cinq millions de salariés désormais au chômage partiel”. En deux jours, c’est un million de salariés supplémentaires.

Une évolution gigantesque, des chiffres qui ont explosé pour la fin du mois de mars et qui seront certainement renouvelés pour Avril. Sans grande limite potentielle, puisque la durée limite de prise en charge par l’Etat de la situation est passée de 6 mois à 1 an pour 1.607 heures de travail.

Avec un plancher à hauteur du SMIC (1.201 €) et un plafond à 4.800 € à indemniser, sur les dossiers qui vont être acceptés par la DIRECCTE, la première facture mensuelle sera salée. Au minimum 6 milliards d’euros sur la base minimale du SMIC. 30% à 40% de plus, dès lors qu’on intègre que le salaire médian français est de 1800 € net (l’Etat indemnise 100 % du Smic net, 84% au-dessus).

Dans l’attente de la seconde, en d’avril, pour un confinement, officialisé jusqu’au 15 avril sans garantie. Plus près d’un mois dès lors que les premières propositions de rentrées scolaires, mises au placard, évoquaient le 4 mai. Aujourd’hui, les profs attendent le 18.

Rares sont les entreprises qui se sont engagées à ne pas faire appel à l’aide de l’Etat. Chanel, Total, Danone (Muriel Penicaud est l’ancienne DRH de Danone) et Hermès. Dans le domaine du football, même le PSG a fait une demande d’activité partielle.

Des chiffres imposants, mais gérable selon la durée. Le budget de l’Etat étant de 300 milliards, mais avec un déficit en 2019 de (-92,9 milliards). Un peu plus de déficit.

Pour la TVA, la situation est beaucoup moins gérable.

La chute de la consommation réduit à peau de chagrin la TVA, principale recette de l’Etat.

Les décisions prises par ordonnances montrent clairement que le point faible de la situation sera après le confinement. Dans la consommation de chacun d’entre nous.

En conséquence, l’Etat a besoin que nos revenus ne connaissent que peu de baisse.

Il a ouvert à grandes eaux, le dispositif initial et restreint de l’activité partielle en multipliant par 4,5 le plafond d’indemnisation tout en étant très large sur les conditions de prise en charge des dossiers (délais, caractéristiques, accords). Murielle Penicaud a même offert aux entreprises qui abondent la différence entre l’indemnisation et le salaire, la gratuité des charges sociales patronales. Les TPE (quelque soit la forme juridique) de moins d’1 million de CA et qui peuvent justifier d’une baisse d’activité supérieure à 50%, seront indemnisées, en plus du chômage partiel, à concurrence de 1.500 € et 2.000 supplémentaire s’ils ont au minimum un salarié pour le dirigeant (nom propre ou société).

Les français découvrent un confinement indemnisé. Certains se réveillent le matin en ayant le bonheur de voir enfin un compte en banque qui ne bouge pas. Découvrant cette sensation.

Le budget de la France est déjà déficitaire de (-92,9 milliards) en 2019 (source AFP). Cette année, avec prise en charge par l’Etat du confinement et la baisse de la TVA pour déficit de consommation de la période de mars-avril, il risque d’atteindre rapidement (-130 milliards) et plus si mauvaises affinités.

La TVA apporte à la France 130 milliards à l’année (source budget.gouv.fr). Un mois de TVA correspond en moyenne à 11 milliards pour l’Etat. Deux font (-22). C’est le minimum de perte, si on rajoute la “perte au feu” des défaillances économiques (entreprises en difficultés, baisse de la consommation) à venir et le temps de latence pour que les habitudes de consommation reviennent.

En un mois, on est sur un déficit qui s’aggrave de (-28 milliards) au minimum. Le premier seuil est à (-120). On peut monter à (-150).

Sans compter la perte des cotisations sociales patronales et ouvrières sur les indemnités versées par l’Etat. Le budget social est de 750 milliards annuel. A un mois, correspond 60 milliards de cotisations. 15 millions de salariés dans le privé. 5 millions au chômage partiel. 1/3 de 60 milliards, on rajoute (-20 milliards) de recettes sociales en moins.

Le système social (retraite, chômage, maladie) était en déficit de (-5) milliards en 2015. En excédent de (+5) en 2017. Cela fait un trou qui sera un précipice si la durée s’éternise en nombre de mois.

Une crise qui va impacter deux années !

En 2008, le déficit public mesuré par l’Insee touchait les (-65 milliards). (-144,8 milliards) correspond au montant du déficit 2009 (source insee) que la crise des “subprimes” avait généré. Une augmentation de (-80 milliards) par rapport à 2008. 50% des recettes fiscales à l’époque.

Des centaines de milliards de dettes supplémentaires avaient été nécessaires pour maintenir à flot un PIB qui n’avait chuté que de (-2,2%) quand celui de la zone Euro était descendu à (-4%). En l’espace de douze ans, la dette est passée de 1300 milliards à 2300 milliards, touchant les 100% du PIB.

Une crise mondiale, cela a un effet financier concret.

L’Etat peut-il continuer ainsi ?

La Suède a décide de ne jouer le confinement que pour les personnes âgées et les personnes malades (92 décès, 3.046 personnes contaminées). Le reste de la population est libre et seuls les jeunes enfants, porteurs asymptomatiques du virus ont eu l’école de fermée. Le gouvernement pariant sur la capacité de chacun à developper des anticorps. Le Portugal a arrêté les écoles plus tôt. Avec une seule frontière terrestre, l’Espagne, elle a pu mieux maitriser le flux migratoire. Les Pays-Bas ont joué la carte du sens civique, mais avec une montée des décès et contamination (1500 cas et 15.000 contaminations).

L’Etat ne peut pas continuer comptablement comme la Chine a eu les moyens de le faire. Elle avait 3.072 milliards $ de réserves financières selon l’Administration Nationale des Changes chinoises (source) . Nous avons 2.375 milliards de dettes en 2019.

L’Etat ne peut continuer qu’en augmentant sa dette de manière conséquente. Le voudra-t-il ? Ses traités et leurs co-signataires l’accepteront-ils ? Enfin, les prêteurs y verront-ils un risque qui fera du deuxième poste actuel de dépenses de l’Etat (Remboursement des intérêts de la dette, 60 milliards), le premier ?

Consommer et consommons.

Que fera-t-on demain après une telle situation inédite , nous les consommateurs et premiers acteurs de l’économie ? Le repli ? L’excès ? Pour l’Etat, après le risque sanitaire pris en charge, l’enjeu est clairement la consommation future.

Mai et ses ponts attendent ses touristes. Le Soleil de l’Eté fera passer au rang des anecdotes, des souvenirs, puis du passé ce qui n’aura été, pour l’immense majorité, au final et grâce à l’investissement des soignants, que deux mois de détention préventive à la maison.

Le déconfinement va être une priorité comme le confinement en a été une.

En conclusion, le football pour reprendre en France est dépendant de deux contraintes qu’il ne maitrise pas. Les limites du risque sanitaire d’une part ; la charge financière que voudra prendre en charge la France.

Par contre, à défaut de solutions médicales, il me parait évident que le football reprendra à huis clos pendant longtemps. Les matches se regarderons à la TV. Une nouvelle habitude sera à prendre.

Noël Le Graet a géré la situation en marin. Après la tempête, il y a toujours une grande période d’accalmie. A se demander, si la tempête n’avait jamais existé. Il a tenu la barre, fixé un objectif, le championnat. Et pour le reste, attendre en espérant que la tempête ne soit pas trop violente.

Une gestion en “vieux loup de mer” de la situation.

William Commegrain Lesféminines.fr