La France n’y sera pas.
 
Comme une lettre à la Poste. Tranquillement, les faits prennent leur chemin. La France, éliminée en 1/4 de son Mondial, hors le fait d’avoir raté l’occasion unique de faire un doublé “homme (2018)-femme (2019)” de championnes du Monde, n’ira pas aux Jeux. 
 
Sept équipes européennes sur huit en 1/4. Le mondial, qualificatif pour les JO. Il fallait passer en 1/2 pour être du voyage japonais. Ce seront les Pays-bas, la Suède et le Royaume-Uni. 
 
Une situation qui n’est pas dramatique en soi. La France n’a jamais dépassé les 1.4 de finale d’une compétition internationale depuis 2013. Pourtant, elle s’est toujours classée dans le Top 5 mondial en étant d’ailleurs la seule nation du Top Ten à n’avoir jamais gagné un titre. 
 
En fait c’est la découverte des JO avec les Bleues du Mondial 2011 à Londres, puis le renouvellement en 2015 au Mondial qui a porté les Bleues à Rio en 2016 qui font la douleur. Une douleur graduable au delà de la moyenne, comme nous le demande les médeçins en consultation. D’autant que le Mondial était à la maison et que les Pays-Bas, dernière compétition européenne, avait transcendé les Oranjes en prenant le titre européen 2017, alors qu’elles étaient classées 12e FIFA. 
 
Cela a marché pour les autres. Pas pour les Bleues. 
 
Remarquez l’Allemagne n’y sera pas et n’y a pas été en 2012 alors qu’elle organisait le Mondial 2011 et après deux titres gagnés en 2003 et 2007. Le Royaume-Uni, pourtant à Londres en 2012, ne s’est pas qualifié et n’a pas réussi à s’entendre pour 2016 (Angleterre, Ecosse, Pays de galles, Irlande du Nord). 
 
Les Jeux seront à Paris en 2024. Les Bleues, là, y seront comme pays organisateur et laisseront une place européenne (3).
 
L’Europe bien représentée aux JO
 
L’année 2020 sera celle des Jeux Olympiques, sans la France (4e FIFA) et l’Allemagne (2e FIFA), éliminées en 1/4 du Mondial qualificatif pour Tokyo.
 
Pour l’Europe, les Pays-Bas et la Suède seront de bons représentants. Les néerlandaises, nouvelles 3e mondiale après leur finale du Mondial confirmant le gain de l’Euro en 2017 sont en droit de réclamer un titre international avec leur génération dorée qui a su valider leur talent. La Suède, après une finale olympique (Argent) en 2016 face à l’Allemagne ont aussi leur chance, troisième du Mondial 2019. Remportant cette troisième marche sur le podium après un excellent match contre l’Angleterre, dernier représentant européen aux Jeux, sous la bannière du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord).
 
Pia Sundhage, la coach aux trois finales consécutives.
 
Dans cet ensemble, un record pourrait tomber. Pia Sundhage (suédoise, 59 ans), nouvelle coach du Brésil depuis 2019, a participé aux trois dernières finales olympiques. En 2008 et 2012, elles donnaient aux USA deux titres olympiques dans un moment où les américaines, première mondiale depuis la nuit des temps, n’arrivaient pas à gagner un titre mondial (Allemagne 2003 et 2007, Japon 2011).
 
Devenue une star outre-atlantique si puissante qu’Hope Solo, la gardienne américaine, avait été exclue de l’USWNT après avoir traité l’équipe suédoise tenue par Pia en 2016, de “couards”. Eliminant les américaines des JO qu’elles possédaient (quatre titres sur cinq) en 1/4, forte d’une stratégie très défensive de la suédoise qui connaissait bien ses adversaires. La Suède terminera la compétition avec une finale contre l’Allemagne. La troisième consécutive de Pia Sudhage.
 
Le Brésil, huit fois championnes Copa América, a des armes.
 
A la tête du Brésil, elle a de bonnes chances de réaliser ce record. Une équipe forte d’excellentes joueuses d’expérience comme Cristiane (34 ans, PSG 2015-2017), détentrice du record de buts dans la compétition (14) et auteure du plus beau but du Mondial 2019 finissant la compétition en 1/8e de finale face à la France en détenant un nouveau record, celui d’être la plus âgée à avoir scoré un triplé en Coupe du Monde. D’autres sont en pleine expression dans le championnat américain comme Debinha (28 ans). Il ne reste aux brésiliennes qu’à maitriser un jeu défensif. La première des compétences de la coach suédoise. Elle pourra compter sur Formiga (PSG), seule joueuse à avoir participé à tous les JO de l’histoire, et qui jouerait là, ses 7e jeux.
 
Les JO, un format relevé moins fatiguant qu’un mondial
 
Voir le Brésil en finale olympique est un pari crédible. Une compétition à 18 joueuses au lieu des 23 du Mondial, avec moins de matches pour arriver en finale (6 au lieu de 7).
 
D’autant que les brésiliennes avaient produit le meilleur jeu à Rio 2016, perdant en 1/2 finale face à l’Allemagne et ratant de peu un doublé historique avec les coéquipiers de Neymar. Elles ne manqueront pas de motivation pour Tokyo. Le Brésil a raté trop de finales (JO 2004, Mondial 2007, JO 2008) avec tant de talents pour ne pas en prendre une.
 
Les américaines sont les favoris logiques mais aucune équipe n’a encore doublé Mondial et JO dans l’histoire récente du football féminin.
 
Ce serait la quatrième finale olympique de Pia Sundhage (2008, 2012, 2016, 2020). Et le troisième titre si le Brésil l’emporte. Unique. A l’image de cette icône du football féminin.
 
Un record qui pourrait tomber.
 
William Commegrain Lesfeminines.fr