Le réveillon est source d’habitude. Les choses se font habituellement selon une sorte de saint-sacrement familial. Un côté barbant certaines fois à entendre les mêmes rengaines, mises au goût du jour ; d’autres moins, une surprise, un événement inattendu.

Surprise environnement : La France bouge beaucoup en 2019.

Pour ceux qui ont vu l’excellent film “le chant du Loup” sur l’environnement sous-marinier décrit par un diplomate, scénariste de BD et réalisateur de talents, la mer bouge. Mais pas que.

Sur terre aussi. Après les Gilets Jaunes, pour l’année 2019, Paris est servi avec une série de grèves de Décembre qui donne un ton de Commune à la Capitale.

Depuis un an, au coeur des affrontements, des colères sans haine, de la haine sans raison de colère, Paris bouillonne quand le reste de la France se brûle les yeux aux couleurs des poubelles flamboyantes. Si bien et si fort qu’elle en est, à commencer à ne plus entendre, les mots forcés des journalistes, édictés aux forceps des lignes éditoriales, susurrés d’un ton si dramatique qu’un Racine n’en refuserait pas une seule note. Mais qui connaît Racine, né un 22 décembre 1639, quelques trois siècles plus tard ?

Alors passons du noir de nos vies au blanc de la lumière de l’espoir.

Alors, passons au football féminin et oublions le 1/4 de finale de la Coupe du Monde 2019 perdu face aux USA et cette première mi-temps cauchemardesque des Bleues (0-2) face aux futures double championnes du monde. Oublions ce parcours dans cette world Cup, qui avait tout d’une virée en haute montagne quand les Bleues produisaient un jeu maitrisé de moyenne montagne, à l’exception d’un (4-0) face à la Corée du Sud, montrant leurs premières difficultés en battant aux prolongations un Brésil plus que récalcitrant (1-2).

Quelles ont été les surprises de cette demi-saison ?

Surprise financière : 80.000 € par club.

La D1F s’est réveillée comme au lendemain d’un mariage. Avec un chèque dans la corbeille et un nouveau nom. Arkema. Un naming au million d’euros annuel, qu’elle portera pendant trois saisons et dont on ne sait si l’engagement se renouvellera mais qui donne à chacun des douze clubs du championnat d’élite, un chèque de 80.000 €.

Une goutte d’eau dans un vase plein (5 millions et plus) ou vide (500.000 euros) suivant les clubs concernés mais qui a l’avantage de rafraîchir.

Surprise télévisée : on continue.

La douche est froide voire glacée pour Canal+. Après une Coupe du Monde estampillée FIFA qui a donné des pics d’audience sur TF1 aux alentours des 10 millions pour les Bleues, Canal touchant le million ; l’audience du championnat donne du baume au coeur aux écologistes : pas de réchauffement climatique, il fait froid autour d’un stade de D1F.

Mais pas plus froid que pour les hommes. L’ex-national dénommé N1 touche difficilement le millier de spectateurs. Plus près de 500 pour ce qui est quand même la 3e division masculine de l’élite du football. La France regarde le foot à la TV, sur les écrans de mobile, plus qu’elle ne va le suivre au stade. Montpellier, équipe habituelle de la L1, tourne sur une moyenne de 14.967 spectateurs (source LFP au 26 décembre 2019). Lyon au féminin l’a nettement battu face au PSG dans un groupama de 30.661 spectateurs.

Le football féminin mettra longtemps avant de se remplir. Comme pour les autres football en dehors de la Ligue 1 et comme de nombreux sports féminins ou masculins. Son gros problème, c’est que les chiffres sont extrêmement bas pour une division d’élite.

Une compétition dont tous les matches (132) sont diffusés sur les plateformes de Canal + depuis une saison. Même si certaines sont reculées (Foot+), elles ont l’avantage d’exister quand le hand féminin, aux multiples titres, a dû batailler ferme pour avoir un écran de son championnat Ligue Butagaz Énergie. Bien petit, puisque 20 matches seront diffusés sur la toute nouvelle Sport en France (lancée le 28 mai), la chaîne gratuite du CNSOF alors que les phases finales seront sur l’Equipe.

Dans ce cadre illuminé mais sans spectateur (moyenne de 200 à 800 spectateurs) , le club qui a réalisé la plus belle performance est sans contexte le Dijon Football Côte d’Or.

Surprise sportive : l’exploit du Club de Dijon Football Côte d’Or

Il y a douze clubs en D1F. Un est exclusivement ouvert aux féminines, Soyaux, et donc totalement amateur. Un autre a été fusionné récemment avec un club “promotionnel”, Fleury FC 91 qui évolue en National 2. Tous les autres font partie intégrantes -même si les structures juridiques sont différentes- des clubs de la Ligue 1 ou 2 masculine.

Le club bourguignon a pris le relais de l’AJ Auxerre dans l’élite depuis peu (2016) chez les hommes. Pour les féminines, c’est tout autant récent (2019) après de nombreuses tentatives de montées infructueuses, vissé en D2F depuis 2008.

Pour leur seconde saison dans l’élite, elles ont réalisé l’exploit de faire un match nul face à l’Olympique Lyonnais (0-0, 6eJ) alors qu’elles pointaient à la dernière place du championnat après avoir dû batailler contre le Paris Fc, Bordeaux, PSG et Montpellier.

Pourtant, avant de mettre à mal toutes les attaques du Ballon d’Or 2018, Ada Hegerberg et ses coéquipières, internationales classées au plus loin dans le Top 10 mondial, les chevalières de la Bourgogne avait buté contre le tout nouvel arrivant de la D1F, le Stade de Reims à domicile (1-1) la journée précédente. Pas facile d’avoir confiance en soi après un tel parcours.

Réaliser un tel score face aux championnes d’Europe en titre, 13 fois championne de France et dont le passeport de chacune est tatoué de visas quand celui des bourguignonnes reste souvent rangé, bien sagement, au fond d’un tiroir, … Cela vaut plus que des applaudissements. De la reconnaissance. De l’identification et de la mémoire. Il y a celles qui l’ont fait et il y aura les autres.

D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas. Il est celui qui suit le plus “ses féminines”. Pas loin du millier à chaque confrontation et pour cette réception princière, 5.064 étaient au stade de Gaston Gérard, nous précise le site footofeminin.fr

Une performance qui a fait perdre la première place au classement de la D1F aux lyonnaises. Un truc qui n’arrive que tous les quatre ans. Un phénomène rare, une tête de championnat rapidement reprise par les lyonnaises d’ailleurs.

La performance est d’autant plus à saluer qu’elle s’est renouvelée au match retour.

Il a fallu attendre la 75′ pour que Wendie Renard ouvre la marque et la 93′ (Shanice Van de Sanden) pour que la décision définitive se fasse pour l’Olympique Lyonnais à domicile.

Ne prendre que deux buts sur les deux rencontres. Il faut le faire. Seul le PSG est en voie de le réaliser avec son (1-0) de l’aller.

Le DFCO, avec ses joueuses expérimentées D1F Arkema, avec Elise Bussaglia, seconde au panthéon des sélectionnées françaises (192 sélections, 34 ans), auteure de quatre buts -un exploit pour la milieu de terrain de l’histoire des Bleues, distributive plus que réalisatrice – a fait l’exploit de cette première partie de saison.

Pour l’instant première non-relégable avec 11 points, à cinq points de l’Olympique de Marseille (6) dont seul le réveil pourrait donner des couleurs d’angoisse aux bourguignonnes. Le FC Metz butinant la dernière place avec 1 seul point au compteur.

Surprise sportive : Guingamp prend très peu de buts. 

Les jeunes bretonnes n’ont pris que 16 buts sur cette première partie de saison. Avec un score totalement équilibré de 4 victoires, 4 nuls et 4 défaites, elles auraient pu avoir le résultat de Soyaux (20 buts encaissés) ou de Dijon (22 buts).

Une défense de moins de 25 ans d’âge avec la danoise Gevitz, la française Hoarau, l’américaine Hudson et la plus jeune Mansuy (22 ans) qui réalise cette performance grâce au concours de Solène Durand (capitaine depuis la blessure d’Oparanozie), excellente gardienne, convoquée chez les Bleues et dont la performance défensive des bretonnes justifient sa présence à Clairefontaine.

Un système défensif qui commence devant. Il faut juste avoir vu le match du PSG face à Guingamp à Jean Bouin pour comprendre le travail des ailières excentrés à la récupération et aux duels des joueuses parisiennes qui venaient en percussion.

Deux grande et belles surprises : cette performance de Dijon (il faut revenir quasiment à 2014 pour voir un tel doublé). et celle de Guingamp.

William Commegrain Lesfeminines.fr

Equipe aller de Dijon. : elle l’ont fait (0-0)

Dijon : 1-Emmeline Mainguy, 4-Léna Goetsch, 22-Amanda Chaney, 24-Océane Daniel, 15-Noémie Carage, 20-Élodie Nakkach (8-Léa Declercq 72′), 29-Élise Bussaglia ©, 7-Solène Barbance, 14-Tatiana Solanet (5-Marie-Aurelle Awona 90′), 13-Coline Stephen, 9-Laura Bouillot (6-Carol Rodrigues 85′), Entr.: Yannick Chandioux

Non utilisées : 16-Mylène Chavas, 17-Rose Lavaud, 21-Élise Bonet, 32-Alicia Soleilhet

face à Lyon.

Lyon : 16-Sarah Bouhaddi, 23-Janice Cayman, 29-Griedge Mbock Bathy Nka, 3-Wendie Renard ©, 15-Alex Greenwood (4-Selma Bacha 83′), 5-Saki Kumagai (17-Nikita Parris 64′), 6-Amandine Henry, 20-Delphine Cascarino (11-Shanice van de Sanden 79′), 10-Dzsenifer Marozsán, 9-Eugénie Le Sommer, 14-Ada Hegerberg, Entr.: Jean-Luc Vasseur

Non utilisées : 1-Lisa Weiß, 8-Izzy Christiansen, 19-Jéssica Silva, 21-Kadeisha Buchanan

Le retour des lyonnaises :

Lyon : 16-Sarah Bouhaddi, 2-Lucy Bronze, 29-Griedge Mbock Bathy Nka, 3-Wendie Renard ©, 15-Alex Greenwood, 10-Dzsenifer Marozsán, 5-Saki Kumagai (9-Eugénie Le Sommer 59′), 7-Amel Majri, 20-Delphine Cascarino (11-Shanice van de Sanden 68′), 14-Ada Hegerberg, 17-Nikita Parris (6-Amandine Henry 68′), Entr.: Jean-Luc Vasseur

Non utilisées : 1-Lisa Weiß, 4-Selma Bacha, 21-Kadeisha Buchanan, 23-Janice Cayman

Dijon au retour.

Dijon : 16-Mylène Chavas, 4-Léna Goetsch, 2-Alexia Trevisan, 10-Ophélie Cuynet, 5-Marie-Aurelle Awona, 20-Élodie Nakkach, 17-Rose Lavaud, 7-Solène Barbance (13-Coline Stephen 57′), 29-Élise Bussaglia ©, 21-Élise Bonet (14-Tatiana Solanet 73′), 9-Laura Bouillot (18-Inès Barrier 80′), Entr.: Yannick Chandioux

Non utilisées : 30-Camille Pinel, 6-Carol Rodrigues, 22-Amanda Chaney, 23-Pauline Dechilly