Après la victoire de la France sur la Serbie, assez éloignée sur le plan Fifa (41e), c’est le bonheur de Corinne Diacre qui me reste en mémoire. Elle semble rayonnante au micro de Carine Galli (W9), tant à la mi-temps qu’au terme de la rencontre. Le même visage épanoui transparait sur le résumé vidéo de sa conférence de presse d’après-match, estampillée FFF. Corinne Diacre est heureuse, je dirais même plus, elle est radieuse. Et cela fait plaisir à voir.

Un bonheur partagé par les 23 Bleues, faisant un bilan d’une année 2019 exceptionnelle : la Coupe du Monde, un engouement ressenti par les joueuses, 21.211 spectateurs au Matmut Atlantique, frôlant le précédent record avant la Coupe du Monde 2019, à Rennes (plus de 25.000). Proche de la moyenne des matches lors de la Coupe du Monde (21.756, source FIFA).

Un bonheur de voir que les consignes demandées ont été appliquées. Presser haut et fort dès les premières minutes du match après un (0-0) au Kazakhstan qui avait duré 58′ minutes. Un peu trop longtemps face à la 71e équipe FIFA. “Scorer dans le premier quart d’heure” dira Marion Torrent, capitaine du soir en rappelant les consignes de la sélectionneuse. Amel Majri (7′) s’y collera pas deux fois (12′).

Un bonheur de voir que les liaisons avec Delphine Cascarino sont excellentes entre les deux lyonnaises. Deux fois servies par sa coéquipière lyonnaise. “Amies dans la vie”, glissera Camille Abily au micro de W9. Un bonheur de voir que le clean sheet continue avec le sauvetage de Sarah Bouhaddi sur un contre incroyable serbe, voire immanquable (29′). Un bonheur de voir le triplé d’Amel Majri (7′, 12′, 63′

Un bonheur d’avoir pu faire porter le capitanat de l’équipe de France à Marion Torrent (27 ans). La découverte et le soldat de Corinne Diacre. Lancée en Septembre 2017 par la sélectionneuse, pour un premier match en Bleue pour les deux. L’une joueuse, l’autre sélectionneuse. Deux ans plus tard, 30 sélections au compteur, la voilà porteuse du brassard en raison des défections d’Eugènie Le Sommer et Amandine Henry. Avec pourtant un 1/4 de finale face aux USA où Megan Rapinoe lui avait fait la misère. Un brassard qui aurait pu être porté par Sarah Bouhaddi (148 sélections). Sabrina Delannoy (PSG) avait connu le même parcours avec Philippe Bergerôo. Une entrée chez les Bleues sur le tard et le capitanat quelques fois. Jessica Houara D’Hommeaux, l’avait porté à Angers.

Un bonheur d’avoir vu son équipe marquer six buts. Particulièrement une praline de Grace Geyoro, excellente dans le jeu avec ses initiatives offensives et qui fait “gamelle” devant 21.000 spectateurs. La gardienne adverses se retournant pour aller chercher la balle, se demandant où elle est.

Un bonheur d’avoir vu la concurrence s’installer dans la complémentarité. Notamment une Marie-Antoinette Katoto buteuse (52′) et joueuse d’appui permettant au jeu de s’exprimer pour qu’il arrive dans les trente mètres adverses, donnant à la coach française une carte à jouer quand l’impact de Valérie gauvin n’est pas suffisant pour l’affirmer au poste d’avant-centre. Tout autant sur la qualité de l’entrée de Gaetane Thiney, excellente dans ses déviations, actions, participations ne butant que sur des appuis délicats ou une envie excessive de bien faire. A 34 ans, mais avec une telle expérience et surtout connaissance du jeu de haute compétition, qu’elle impose à Kenza Dali de travailler pour jouer avec plus d’envergure au poste de meneuse de jeu.

Corinne Diacre est peut-être aussi heureuse du simple fait de se revoir fin février 2020. Quatre mois plus tard. Avec un regard positif sur ce qu’elle a vécu en 2019. Une pointe de regret lors du 1.4 de la Coupe du Monde présent chez elle, loin de notre regard réservé sur la prestation française lors de ce Mondial. Une différence qui restera toujours.

Corinne Diacre est heureuse. Cela se voit et pourquoi pas. Cela ne doit pas être le cas pour Phil Neville. Alors on peut oublier sans souci les difficultés des Bleues à cadrer pour intensifier la marque après le premier quart d’heure (14′, 17′, 19′, 20′, 25′, 27′). On peut oublier les difficultés de transmission dans le jeu pour certaines joueuses. On peut oublier la différence incroyable de statuts, d’entraînements, de moyens et de forces entre les deux équipes d’hier soir.

Corinne Diacre et ses joueuses sont heureuses en cette fin d’année. Et c’est là, l’essentiel à retenir pour ce deuxième match qualificatif du prochain championnat d’Europe.

Une victoire qui a rendu le groupe France heureux. De là, à dire “qu’il y avait une belle équipe serbe en face”. Là, c’est quand même un peu fort comme message. Trois tirs cadrés. Deux contres. Bon, je veux bien mais quand même. Les statistiques de l’UEFA annoncent 11 corners à 1 pour les Bleues ; 13 tirs non cadrés à 2 ; 15 cadrés à 3 ; 37 tirs à 6.

William Commegrain Lesfeminines.fr