La France (4e fifa) va jouer à Bordeaux son premier match à domicile pour atteindre son objectif 2019-2020 : se qualifier pour le Championnat d’Europe 2021 prévu en Angleterre.

Un groupe qui ne devrait pas poser de problèmes aux Bleues avec la Serbie (41e FIFA), adversaire de Samedi, le Kazakhstan, La Macédoine du Nord et l’Autriche. Seule cette dernière (21e FIFA), peut lui opposer un parcours fait de victoires et donc une qualification directe lors des face-à-face.

Dans tous les cas, une qualification largement offerte aux Bleues bien que les autrichiennes aient terminé devant les Bleues lors du dernier Euro (Pays-Bas en 2017), insérées dans le groupe des françaises. Même dans ce cas éventuel, la plupart des seconds auront une qualification directe, les autres joueront un play-off.

Un bus serbe à renverser

Kenza Dali s’exprimait sur le site footofeminin en disant que l’Automne est une période physique difficile pour les joueuses. Dans ce cadre, avec l’évolution athlétique du football féminin, les “bus” -expression consacrée pour qualifier les équipes très défensives- sont des tactiques qui permettent d’envisager le nul et au mieux, la victoire sur un contre inattendu. Souvent validé par une erreur défensive de l’équipe qui domine d’ailleurs.

La Serbie, à l’évidence, va jouer de cette stratégie pour tenter sa chance contre la 4e équipe mondiale, faite en totalité de professionnelles à l’exception de Gaetane Thiney, la plus expérimentée du groupe des Bleues.

Une situation déjà rencontrée face au Kazakhstan. Les Bleues avaient eu des difficultés à l’extérieur pour leur première rencontre. Pourtant à des années lumières du niveau des françaises, puisque 76′ FIFA. Elles étaient rentrées aux vestiaires avec un très modeste (0-0), finissant quand même par terminer le match sur un (3-0) salvateur. Il avait fallu une tête de Valérie Gauvin reprenant une transversale à la 58′, puis Eugènie Le Sommer, se rapprochant du record de Marinette Pichon (79 pour 81) et enfin le retour de Marie-Antoinette Katoto (90′) pour revenir avec les trois points.

Des absences conséquentes.

Pour cette seconde rencontre de groupe, les Bleues joue à domicile, mais avec les absences d’Amandine Henry, Eugènie Le Sommer et Kadidiatou Diani. Respectivement, Capitaine, meilleure buteuse des Bleues en activité, et la Bleue qui a plus éclaté au Mondial 2019. Un secteur offensif amputé qui amènent moins de garanties. D’autant que ce sont des joueuses qui adorent transpercer les murailles qui se posent devant elles. De plus, dans le groupe, Solène Durand (EA Guingamp), sans surprise après son exploit contre le PSG malgré une blessure reçue dans le match, a dû laisser sa place de 3e gardienne à Laetitia Philippe, revenue ainsi dans le groupe France aux approches de la trentaine.

On peut dire que le groupe des internationales crées par Corinne Diacre est soumise à la question.

Kenza Dali “Exprime-toi !” lui dit son coach anglais et elle le fait avec bonheur

Dans cet ensemble, la carte nouvelle sur le terrain se trouve plutôt auprès de Kenza Dali (29 ans, 24 sélections). Un parcours particulier. Formée à l’OL (2005-2010), partie au PSG (2011-2016), retournée à l’OL (2016-2017). Souvent blessée à partir de ce moment. Nouvelle venue à Dijon (2018-2019) après Lille (2017-2018), elle retrouve l’équipe de France juste avant le Mondial (Août 2018) et le regarde à la TV pour une centrale vapeur qui lui tombe sur le pied … en pleine séance de repassage ! Puis le départ (2019-2020) pour l’Angleterre, au club de West Ham.

Une révélation pour elle, avec une vie nouvelle londonienne et visiblement une nouvelle démarche individuelle. A force d’entendre son coach lui demander de s’exprimer, l’expérimentée lyonnaise d’origine fait la une des tabloïd, et notamment d’un des plus connus outre-manche : The Guardian. Un témoignage direct et franc.

https://www.theguardian.com/football/2019/oct/31/west-ham-kenza-dali-brother-died-mother-cancer-interview

Revenue depuis deux rassemblements avec les Bleues, Kenza Dali s’offre une opportunité de choix faisant découvrir au Monde et certainement à Corinne Diacre un aspect différent de sa personnalité. Une fille touchée par la Vie avec le départ d’un frère et la maladie d’une mère. Quelque chose qui ne peut que rappeler la situation d’Elodie Thomis, ex-joueuse de l’équipe de France, retraitée depuis peu. Certainement un terrain connu pour la sélectionneuse. A l’époque, adjointe de Bruno Bini.

Dans un milieu où les impacts de vie ont le respect des coaches, formant le caractère et l’identité des joueuses. Eux à la recherche de personnalité, la joueuse bientôt trentenaire, vient peut-être de mettre la main sur un billet long terme. Le match de Samedi pourrait lui garantir un voyage sur la durée.

D’autant que, souvent en concurrence avec Gaetane Thiney pour un poste de meneuse de jeu, l’ex-parisienne et lyonnaise aura dans son jeu une proximité d’âge et l’apport de la nouveauté quand la parisienne devra s’affirmer sur la qualité et la performance, après plus de quinze ans en Bleue (34 ans, 162 sélections).

Est-ce une période Bleue pour kenza Dali ? Une analyse qui vaut ce qu’elle vaut, et dont on en connaîtra la qualité dans les mois à venir ?

Les yeux nouveaux sont-ils ceux de la vérité ?

Son excellente intervention sur le site footofeminin exprime une forme d’allégeance au football féminin anglais. Visiblement, des yeux nouveaux qui brillent et c’est tant mieux. Sauf que la nouveauté n’est peut-être pas la vérité. West Ham est 7e de la Barclay’s Women soccer League et les résultats des clubs anglais dans les compétitions européennes sont mitigés. En progression mais limité au 1/4 et 1/2 européennes pour Chelsea, actuellement premier, comme Manchester City ex-champion qui pointe à la 3e place.

Manchester City défait par l’Atletico Madrid (espagne) pour la seconde fois en WCL au stade des 1/8e. Un championnat anglais qui manque donc de performances européennes en club même si l’équipe nationale brille dans les mondiaux (3e du mondial 2015, 4e du mondial 2019).

Il faudra voir ce qu’Arsenal fera en mars au moment des quarts européens ?

Dans ce cadre, A contrario, un mauvais match des Bleues et une performance de Dali en demi-teinte, ramènerait son passage en Angleterre à une autre réalité.

Si Kenza Dali est alignée dans un onze de titulaires, il sera intéressant de voir sa performance pour mieux situer, en parallèle, le niveau de performance des clubs anglais. Une information utile à de nombreuses autres joueuses qui peuvent être intéressées à la vie anglaise comme au PSG qui vient de tirer Arsenal en 1/4 de finale de la WCL

William Commegrain Lesfeminines.fr