Les américains -volontairement ou non- jouent la parité à la tête de la sélection féminine, première mondiale et triple championnes du Monde. Un examen plus approfondi montre que cela n’a pas été très heureux depuis 1999, puisque seules les femmes coaches ont fait grandir le palmarès américain. Les hommes (2) n’ont rien gagné depuis 2000.

Il sera intéressant de voir si le football de très haut niveau américain n’est pas d’abord féminin. La question de la psychologie féminine ou masculine.

Homme : Depuis Tony DiCicco (1994-1999, JO 1996, Mondial 1999), la fédération américaine pratique la parité à la tête de la sélection nationale féminine.

Femme : April Heinrichs (F, 2000-2004), ex-joueuse professionnelle a pris les rênes de l’équipe au lendemain de la victoire au Mondial incroyable 1999 organisé aux USA, avec un bilan mitigé pour les JO de Sidney qui ont vu le sacre de la Norvège et le Mondial 2003 celui de l’Allemagne. Seul, la première place FIFA restait acquise aux américaines. Elle quittera sur la seconde médaille d’Or aux JO d’Athènes (2004).

Homme : Greg Ryan (H), adjoint, prend les rênes (2005-2007) de l’équipe, couvrant le mandat le plus court avec Toni Sermani à venir à la tête de la USWNT. Un Mondial gagné à nouveau par l’Allemagne (2007) le condamnant définitivement.

Femme : Vient la période de Pia Sunghage (F, suède), première étrangère à la tête de la sélection, qui transforme l’essai d’Heinrichs en doublant les victoires aux JO (2008 et 2012), perdant le titre mondial en finale contre le Japon, sur l’épreuve des tab (2-2). Elle redonne des couleurs dorés aux américaines.

Homme : Toni Sermanni (H, 2012-2014) se brisera sur la contre-performance américaine au tournoi de l’Algarve. Une huitième place américaine sera le reflet d’une équipe qui joue sans gagner. Une philosophie américaine impossible à envisager à la veille d’un Mondial 2015 qui se joue chez les cousines et soeurs canadiennes alors que les USA sont au firmament du classement FIFA depuis sa création.

Femme : Viendra Jill Ellis (F, 2015-2019) qui perdra la série gagnante aux JO (quatre titres sur cinq éditions) avec une sortie en 1/4 de finale contre la Suède de Pia Sundhage qui fera grand bruit, largement compensée par un doublé aux Mondiaux de 2015 et 2019.

Homme : C’est au tour de Vlatko Andonovski (H, 43 ans), ex-joueur macédonien du championnat américain, qui a connu sa carrière de coach auprès de Kansas City (2010-2017) avec deux titres pour faire deux saisons au Reign FC (2018-2019) finissant 3e de la NWSL. Une nomination qui s’est faite après un dernier entretien d’une short list qui contenait deux finalistes. Andonovski et Laura Harvey (coach des Utah Royals).

Il sera amené à donner rapidement son “point de vue” puisque deux rencontres amicales s’annoncent face à la Suède et le Costa Rica pour le 7 et 10 novembre à venir. Coach de Megan Rapinoe et Ally Long en club, il a aussi connu Becky Sauerbrunn à Kansas.

Il devra se priver d’Alex Morgan qui vient d’annoncer sa maternité et devra reprendre un titre Olympique qui s’est échappé en 2016 (Allemagne) à Rio et qui sera à jouer en 2020 à Tokyo.

Pour l’instant, il a aussi à montrer que les hommes à la tête de la sélection nationale américaine peuvent obtenir un palmarès. Ce qui n’est plus le cas depuis 1999 et Tony DiCicco.

Ce qui fait poser une question surprenante au quelle je ne m’attendais pas mais qui s’impose par les faits : “Un homme, à la tête de la sélection américaine, est-ce une bonne idée ?”

William Commegrain Lesfeminines.fr