Le Paris Saint Germain reçoit le Paris FC, samedi soir sous les caméras de Canal Plus, à Jean Bouin. Une affiche qui a été certainement l’intérêt du Président Ferracci à intégrer Juvisy sous ses couleurs en 2017. Maintenant tout cela est loin. Le parcours en Ligue 2 actuel donne peu de chances à ce que le club du PFC retrouve la Ligue 1 et deux années ont certainement donné d’autres réalités au Président parisien quant au football de l’élite féminine.

Il reste qu’une rencontre entre les deux clubs reste une grande affiche. Le Paris Saint germain “nouveau” est tout simplement né en 2012 en battant le voisin juvisien à Maquin, s’accaparant ensuite la 2e place européenne, seul challenger de l’OL. Un truc qui doit être dans la mémoire émotive de Sandrine Soubeyrand, coach actuelle du PFC. 14 ans au club, record de France des sélections en Bleues (198). Capitaine emblématique d’un Juvisy qui dominait l’OL et le PSG. Celle dont je me souviens qui avait lancé, dans les travées d’un Robert Bodin à Bondoufle, “avant, c’était nous qui gagnions” aux lyonnaises, tapant sur les portes de leur vestiaire. Pour fêter et énerver les soeurs de jeu, Thiney et Soubeyrand.

Un message que les deux expérimentées pourraient glisser à leurs “coéquipières”.

La dernière rencontre des joueuses du Paris Fc face à l’Olympique Lyonnais, sévère au score (4-0) mais disputé en contenu laisse penser qu’Olivier Echouafni, le coach du PSG, est légitime à demander un report à la FFF, qu’il n’a pas obtenu pour dimanche. La cause était européenne.

Ayant joué mercredi soir en Islande, même si le contenu a été facile à aborder pour ce 1/8e de finale aller de la WCL (0-4), le temps de déplacement, la récupération met l’ex-sélectionneur des Bleues (2016-2017) sur le grill de l’interrogation face à un adversaire qui pourrait être significatif. Notamment quand on sait que la moindre contre-performance éloignerait le PSG du 14e titre à conquérir pour l’OL et redonnerait un coup d’accélérateur au championnat de France, prêt à dormir sur ses deux oreilles, quant au premier et second du championnat de la D1F Arkema.

Le Paris Fc aura donc de nombreux supporters. Le premier sera lyonnais avec un Président membre du Comex qui ne peut pas oublier le dernier (1-1) au Trophée des Championnes, le second sera juvisien (ex-ParisFC) pour redonner des couleurs à un club qui avait pris un sévère (5-0) à Jean Bouin en 2018, le troisième concernera les poursuivants bordelais et montpelliérain ! Quant au 4e, il n’est pas moins important, puisque le diffuseur, Canal Plus, église du football hexagonal, ne cracherait pas sur un faux pas parisien pour mettre un peu de piments à ce championnat, au goût trop bien connu.

Le Paris Saint Germain va devoir lutter contre cet ensemble.

Pour joueur ce match, les parisiennes vont venir avec un statut et des qualités.

Le Paris FC possède autant d’internationales, sauf qu’elles n’ont pas passé significativement le seuil des A. Camille Pecherman, Julie Soyer, Annaïg Butel, Sophie Vaysse, Oriane Jean-François, Alice Benoit, Clara Mateo, Mathilde Bourdieu, Cindy Ferreira. Toutes des joueuses renommées de la D1F, souvent internationales chez les jeunes, mais parties dans une autre direction. Entre double projet de qualité et dos tourné à la performance pour gérer l’habitude des matches qui se bousculent.

C’est la grande différence entre les deux équipes. Seule Gaetane Thiney (33 ans, 162 matches, 58 buts) présente une carte internationale qui lui donnerait le talent d’un Tiger Woods, autant son jeu est devenu un jeu de passes aussi précis qu’un put sur un green alors que Camille Catala (31 sélections) retrouve une envie de vingt ans, déjà 3 buts à son palmarès. Cela pourrait ne pas être suffisant, même si la mentor du Paris FC a besoin de marquer des points dans ces matches de championnat à fort enjeu si elle ne veut pas se contenter d’une position “de grande soeur” dans une liste de 23 Bleues.

En face le Paris Saint Germain ne devra pas chercher à jouer un match de championnat. L’environnement est si contraire, l’adversaire de qualité qu’un état d’esprit international ne pourra être que la solution au problème.

Dans les buts, soit la meilleure gardienne polonaise, soit la meilleure chilienne. Toutes deux au plus haut niveau européen. et toutes deux, au niveau demandé pour faire un match international. Sur les côtés, la suédoise Glass (3e du mondial), au centre, la capitaine espagnole et du PSG, Irène Paredes, derrière ou au milieu excentré, une excellente défenseuse canadienne devenue quasiment parisienne avec Ashley Lawrence, où pourraient s’insérer Eve Perisset comme Perle Morroni, deux talents déjà en A pour l’une, aux portes des A pour la seconde.

Au milieu du PSG, Grace Geyoro, titulaire en bleue depuis peu. Sara Dabritz, internationale allemande qui pourrait être une des clés à sauter le verrou qui s’annonce avec son expérience de la Mannschaft et de la Bundesliga. Pas loin, Formiga, la joueuse brésilienne qui possède les cartes de visite de tout le football international.

Devant, Kadidiatou Diani, star des journalistes post-mondiaux 2019, Nadia Nadim, la danoise vice-championne d’Europe, Marie Antoinette Katoto, attendue de tout le monde et connue par tout le monde.

Voilà pour les internationales les plus évidentes mais qui pour autant, pourraient ne pas faire partie d’un onze parisien qui tourne. Enfin là, Olivier Echouafni choisira certainement du solide dans les 60′ premières minutes pour faire entrer de la différence sur la durée.

C’est souvent là que le bât blesse pour les adversaires des deux ténors du championnat. Bien que le PSG aime bien renverser dans les premières minutes. Une tendance qui se dessine pour les équipes qui ont la verticalité qui va bien et fait mal à l’adversaire, pas encore échauffé.

C’est dans cet ensemble que le derby se jouera. D’un côté le PSG dont l’environnement attend ou espère l’échec avec des jeunes joueuses à l’avenir international fort dont certaines ont un potentiel mondial face à un Paris FC, tourné vers le double projet, fait de joueuses qui ont déjà donné comme d’autres et qui ont emmagasiné une autre énergie que celle sportive.

Si le Paris Saint Germain joue international. Elles devraient être au-dessus.

Si elles jouent le niveau français, elles ont une chance ou un risque de perdre. En fait, le PSG devra se transformer en Olympique Lyonnais. Un bon test pour elle.

De son côté, le Paris FC ne ratera pas l’opportunité de prendre trois points. Après l’OL, elles sont en droit de penser qu’elles peuvent le faire.

Le dernière fois, c’était à Charlety en 2013 sur un but de Sandrine Bretigny. Le manque du PSG était à cette époque, la difficulté qu’elles avaient à se retourner quand, au milieu, elles recevaient le ballon. Des connexions trop récentes entre Dali, Shirley Cruz et Aurélie Kaci, la force parisienne du PSG à cette époque, pouvait avoir des ratés.

Aujourd’hui, le PSG a une force internationale. Ses projets lui imposent d’avancer et lui interdisent de reculer par rapport à l’OL. Personne ne viendrait pour être second ou troisième du championnat. Le PSG ne peut faire venir des joueuses du Top mondial qu’à la condition de proposer d’entrer dans l’Histoire et prendre les titres à l’OL.

De ce match, sortiront des réponses.

William Commegrain Lesfeminines.fr

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