La première place, rare, du PSG n’a pas été sans effet dans le passé

Être en tête du championnat de France devant l’Olympique Lyonnais, cela se compte sur le doigt d’une main depuis une dizaine d’années. De mémoire, je ne l’ai vu qu’en décembre 2017 (17 décembre 2017) quand le PSG de Patrice Lair l’avait emporté sur l’OL de Gérard Prêcheur avec un boulet de canon de Marie-Laure Delie (1-0).

Le vestiaire lyonnais avait du trembler. Le coach lyonnais était sorti furax du Camp des Loges, Jean-Michel Aulas avait salué la prestation du coach francilien et ex-lyonnais. Les parisiennes étaient parties en vacances de Noël, le grand sourire aux lèvres. Jean-Michel Aulas avait juste tweeté que tout n’était pas fait. C’était la 11e journée.

Au retour de vacances, au début de la 12e journée, l’Olympique Lyonnais était redevenu premier avec quatre points repris sur le tapis vert. Trois points pour match perdu contre Albi pour le PSG (1ere journée, victoire 3-0) en raison d’une feuille de match électronique défaillante du côté parisien et un point de plus pour la cerise sur le gâteau.

Quatre points, c’est une défaite de plus pour l’OL et un match nul à espérer afin de revenir. Quand vous connaissez les performances des lyonnaises. L’Everest venait de remplacer la Tour Eiffel. Katarzyna Kiedrzynek avait tweeté sa surprise, partie première, revenue seconde.

Le PSG avait craqué ensuite sur une remontada guingampaise lors de la 18e journée début avril. Les bretonnes, menée (3-0) au Camp des Loges, revenues (3-3) sur la seconde mi-temps. A la 22è journée, le PSG perdait pour la première fois sa place européenne de second acquise depuis 2012, troisième avec un (-6) sur Montpellier et (-14) face à l’OL. Championne(s) de France.

On ne prend pas sans risque la première place du championnat à l’Olympique Lyonnais.

Le Paris Saint Germain premier dans la simplicité.

Dans les travées de Jean Bouin, hier, on cherchait la plénitude de Perle Morroni. Depuis 2012 au Paris Saint Germain, 21 ans, titulaire sur le flanc gauche de la défense dans une équipe où il faudra réussir à prendre sa place. Elle répondra avec un sourire et plein de certitudes “C’est long un championnat !”

Olivier Echouafni, avec malice, entamera son intervention ainsi, à la question s’il était heureux ? “On m’a dit que le championnat s’arrêtait ce soir !” Accompagné d’éclats de rire de la presse présente.

Un Paris Saint Germain avec aussi de nouvelles armes.

Sauf que, si les victoires s’additionnent des deux côtés. La différence se fera aux buts marqués et encaissés. Le Paris Saint Germain aurait pu en passer une dizaine à Soyaux. Si les charentaises n’ont pas été là, le PSG a aussi des armes nouvelles. Sara Dabritz, “Elle va être très surprenante dans ce qu’elle fait, dans ce qu’elle apporte. Dans sa maturité. C’est une Top joueuse qui a joué une Coupe du Monde et qui va nous apporter peut-être ce qui nous a manqué l’année dernière en terme de solidité dans l’entre-jeu.”, auteure d’une bonne prestation pour un premier match comme un banc plus conséquent : “Je pense qu’on a plus de qualités que l’an dernier car on a plus de profondeur de banc”. N’oubliant pas de conserver la motivation des joueuses entrantes : “L’apport de celles qui entrent en cours de jeu sera essentielle.” 

Une première place anecdotique pour cette première journée, mais pas sans effet quand on connaît le football féminin et les séries de victoires habituelles des deux clubs.

A supposer que les deux clubs habituellement leaders de la D1F Arkema maintiennent leurs performances, faites de victoires. Je conseille aux futurs adversaires des deux prochains clubs, selon l’expression populaire, “de serrer les fesses”. L’efficacité offensive et la solidité défensive risquent d’être un indicateur qui passerait de “chaud” à “explosif” au fil des journées.

Dans une année sans compétition internationale pour l’équipe de France, cet enjeu pourrait être un “graal” sonnant de plus en plus fort après chaque rencontre.

7-0, pour Sébastien Joseph, ce n’est pas si anodin. 

Sebastien Joseph, le coach de Soyaux, n’oubliait pas d’indiquer, dans le cadre de cette lourde défaite qu’il imputait objectivement à un non-match de son équipe, la motivation du Paris Saint Germain face au match gagné par les lyonnaises (6-0) face à Marseille. “On a fait un non-match d’un bout à l’autre mais Paris a entamé la partie pied au plancher pour être dans ses objectifs et par rapport à ce que Lyon avait fait hier (6-0).”

Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse la saison dernière, auteure d’un doublé. Ada Hegerberg, meilleure buteuse en 2018, auteure d’une doublé, Shaw nouvelle arrivée, auteure d’un doublé.

L’humilité parisienne, au-delà de la 1ere journée, se comprend et s’entend, vu le rappel de 2017. Il y a une règle à connaître en football féminin. Quand quelque chose arrive à l’Olympique Lyonnais, il faut toujours penser au 12e joueur. Jean-Michel Aulas. Dimanche, l’a d’ailleurs confirmé.

Pour seulement la seconde fois en une bonne dizaine d’années, le PSG prend la première place du championnat.

Elle se jouera aussi à l’équilibre défensif et l’efficacité offensive. Cela risque d’être une belle bagarre.

William Commegrain Lesfeminines.fr