Après le Paris Saint Germain qu’elle aura aidé à construire de 2012 à 2016, Kosovare Asllani, 29 ans, dite “la zlatan” au féminin vient de signer pour le Réal Madrid, qui vient juste de reprendre la licence du CD Tacon pour évoluer en Iberdrola, la première division espagnole.

La suédoise, médaillée de bronze au Mondial 2019, passée par Manchester City (2016-2017) et retournée en Suède (2017-2019) est la seule star du mondial, pratiquement libre (6 mois de contrat en cours). Le club de Linköping, sans ambition européenne, ayant accepté de rompre le contrat pour la laisser libre de faire une dernière destination de carrière qui ne se refuse pas.

Milieu offensif, excellente de détermination et d’envies pour les Jaunes et Bleues de son pays, le Real dispose d’une joueuse qui fera tout pour vivre au mieux cette aventure espagnole.

Elle aura du mal à être accompagnée par les meilleures mondiales, pour trois raisons :

. Toutes sont dans des projets européens qui ont des chances de se réaliser (Olympique Lyonnais, PSG, Manchester City, Arsenal, Wolfsburg, Bayern, FC Barcelone, Juventus) alors que le club madrilène doit déjà se qualifier pour l’Europe dans un pays où les deux premières places sont prises depuis plusieurs années par l’Atletico Madrid et le FC Barcelone.

. Les féminines ne changent pas si facilement. Eriksson, excellente sur la gauche de la défense suédoise, ayant, par exemple refusé les propositions de l’Olympique Lyonnais pour racheter son contrat alors que Chelsea n’est pas qualifiée pour la prochaine Coupe d’Europe (Women’s Champions League).

. Il existe un plafond de verre entre les clubs qui fait que les contrats ne se rachètent quasiment jamais ou très peu. D’autant moins qu’il n’y a pas de ressources suffisantes pour remplacer la joueuse significative partie.

Le football se jouant à onze, les pays nombreux étant demandeurs. Construire une équipe en quelques mois comme l’avait fait Farid Benstiti au PSG en 2012 demande des réseaux de très grande qualité pour connaître les joueuses disponibles dans un temps rapide et ouvertes à un projet compliqué : être la 3e équipe d’un pays qui n’a que deux équipes européennes à qualifier.

Il y a de la place auprès des joueuses qui pensent qu’un projet madrilène vaut un 1/4 ou une 1/2 de la WCL et plus facilement une 3e place d’un championnat national. Il sera intéressant de voir comment cela va se mettre en place et à quel prix, pour quel intérêt.

William Commegrain Lesfeminines.fr