Les prestations : 

  • Sarah Bouhaddi : 7/10
  • Marion Torrent : 3,5-4/10
  • Griedge M’Bock : 4,5/10
  • Wendie Renard : 8/10
  • Amel Majri : 6,5/10
  • Amandine Henry : 8/10
  • Elise Bussaglia : 4,5/10
  • Kadidiatou Diani : 6/10
  • Gaetane Thiney : 4,5/10
  • Eugènie Le Sommer : 4/10
  • Valérie Gauvin : 5/10
  • Corinne Diacre : 4,5/10
  • FFF : 4/10
  • COL FIFA : 9/10

Moyenne : 5,64. Correspond bien à un 1/4 de finale. 

Bouhaddi Sarah (7/10) : Une très bonne prestation de la gardienne lyonnaise. A fait ce qu’il fallait comme il le fallait. Sort une balle de (2-0) à la 46′. N’est pas plus responsable sur le premier but que Griedge M’Bock qui fait la faute. Marion Torrent et Amandine Henry qui sont trompées par la course de Julie Ertz devant la balle. Sécurisante avec ses tacles en dehors de la surface. Sur le tournoi, elle a été présente dans son job et pour ses coéquipières. 

Torrent Marion (3,5-4/10) : Marion Torrent a fait le match qu’elle pouvait faire face à une équipe n°1 mondial qui sait aller d’un côté préférentiel à un autre. On ne peut pas lui reprocher ce qu’elle n’est pas. Elle a fait son match mais depuis que le niveau du Mondial monte, elle montre ses limites face à une équipe qui possède la qualité de choisir ses attaques. En plus, elle avait devant elle celle qui sera peut-être considérée comme la meilleure joueuse du tournoi, Megan Rapinoe. Sa prestation au mondial a été correcte sur le premier tour. Sa qualité de ne rien lâcher qu’elle a encore produite, s’est trouvée insuffisante quand le niveau est monté. Les attaques se faisant à plusieurs de son côté. 

M’Bock Nka Griedge (4,5/10) : J’ai trouvé Griedge nettement en-deça de ses prestations habituelles sur ce match. L’un des plus mauvais matches depuis qu’elle joue avec les Bleues (55 sélections). Pourtant en 2016, lors des JO, elle avait eu les mêmes adversaires : Morgan, Heath, seule Rapinoe n’avait pas été du voyage. Mais le fait qu’Alex Morgan ait joué à Lyon lui a donné de la confiance en connaissant les défauts de la jeune joueuse. Elle a utilisé cette connaissance pour la mettre en difficulté. Le contraire, n’a pas été le cas. L’une a de l’expérience, l’autre devra en prendre en notant les défauts des grandes joueuses étrangères qui viennent jouer à l’OL. Les matches couperets ayant plus d’influence que les autres, on ne peut oublier que le Brésil a des joueuses du passé plus que de l’avenir, et face à Morgan, elle a connu des difficultés. Il faut impérativement qu’elle s’impose plus face aux joueuses de très haut niveau, pour aller au-delà de ses capacités.

Wendie Renard (8/10) : C’est la grande satisfaction de ce Mondial et sur le match. D’habitude très propre en défense, elle est allée au combat face aux USA. On l’a vu, lors de France-Brésil. Son csc de la Norvège est tellement surprenant qu’il ne peut être retenu contre Elle. A son avantage, elle est la meilleure buteuse des Bleues (4 buts) dont 3 sur coups de pieds arrêtés. La leader de ces Bleues qui a réussi à appliquer son adage “Forte dans les deux surfaces”.

Amel Majri (6,5/10) : La joueuse de Lyon a apporté tout au long de ses prestations. D’abord en assurant sur le plan défensif dans des duels individuels et en apportant au jeu offensif, par des débordements et surtout des centres qui ont eu leur part de précision. Elle s’est partagée les coups de pieds arrêtés avec Gaetane Thiney et a eu sa part de passes décisives. Elle a su jouer de son couloir avec une Eugènie Le Sommer moins bien. Elle s’est juste faite prendre sur le second but américain, dans un mouvement collectif mal géré par le côté du couloir gauche des Bleues. 

Amandine Henry (cap) (8/10). Lorsque la joueuse lyonnaise s’est exprimée sur le terrain, il y avait de l’état d’esprit américain dans ses montées et percées. Elle a été une excellente capitaine et représentante des Bleues. Sur le terrain, son influence a été énorme. Largement au niveau du Mondial qui s’annonçait. Tout à fait capable d’aller chercher le titre. Buteuse face au Brésil dans les prolongations, heureusement qu’elle était présente sur le match contre les USA, sinon c’était le bouillon assuré. 

Elise Bussaglia (4,5/10). Elise a été très correcte dans les matches de groupe mais a commencé à piocher lorsque les 1/8e sont apparus. D’abord face au Brésil, elle a assuré l’essentiel mais a laissé trop de plumes dans l’intensité de la prolongation. Inexistante au niveau demandé par la rencontre contre les USA, elle n’avait plus les jambes et l’esprit assez frais pour délivrer les passes justes qui font une partie des forces françaises. Sa partie contre les américaines lui coute sa moyenne et met en valeur les difficultés de transmission entre elle et Gaetane Thiney. 

Kadidiatou Diani (6/10) : Kadi a enchanté le public français. Elle a été incroyable de combat. Si le football n’était que cela, elle aurait 10/10. Personne n’a autant posé de problèmes à son adversaire direct que la joueuse du Paris Saint Germain. Sauf qu’elle n’a eu quasiment aucune occasion face au but (à part deux têtes dont une contre les USA). Son rôle était de déborder pour centrer. Et là, Kadi a encore des soucis avec sa précision et sa maitrise du moment. Enormément de débordements, de forces et d’impacts mais trop de déchets techniques. A la porte d’être une immense joueuse si elle résoud ce problème.

Gaetane Thiney (4,5/10) : La parisienne a été excellente sur tous les coups de pieds arrêtés. Personne ne tape les corners aussi bien qu’elle. Des passes millimétrées de 35 mètres. Seulement, elle n’a eu aucune présence significative sur le jeu en mouvement des Bleues. Soit parce qu’elle n’a jamais été sollicitée, soit en raison d’une défense adverse qui arrivait à prendre le meilleur sur ses contrôles de balle. Un problème qu’elle a rencontré même en phase de groupe. Son entrée réussie contre le Brésil s’explique aussi par la fatigue adverse et ses capacités intellectuelles à voir de solutions du banc qu’elle a pu appliquer après. Une fraîcheur dont tu ne disposes pas quand tu es sur le terrain. A un poste exigeant qui demande de l’influence, elle n’a pas pu l’imposer d’où une note en-deça de la moyenne. Très bonne partenaire et pas assez leader dans une équipe de France qui en avait besoin. 

Eugènie Le Sommer (4/10). Eugènie est arrivée au Mondial avec deux cartes en mains qui l’obligeaient à une prestation réussie. Très buteuse de l’EDF pendant les matches amicaux et meilleure buteuse en activité de l’EDF, à quelques centimètres du record de Marinette Pichon (81). Buteuse par deux fois dans la compétition, elle a été au niveau de l’attendu contre la Corée du Sud puis s’est vu descendre au fil des matches. Devenant une bonne partenaire, passe, défense, soutien, appui mais plus rien de l’Eugènie buteuse et tueuse. Une joueuse qui carbure au but, elle a dû faire avec les deux mondes. Equipière ? Buteuse ? Pas simple. Cela a rendu la prestation mi-figue et mi-raisin. Comme Gaetane Thiney, quand on est une joueuse avec un tel potentiel, cela la fait passer en-dessous de la moyenne. (0,5) de moins que la parisienne qui a les coups de pieds arrêtés pour elle. 

Valérie Gauvin (5/10) : Valérie Gauvin est un soldat du football. Tout ce qu’elle a gagné, elle le doit à ses efforts. Et ses efforts lui permettent de marquer des buts que personne d’autre ne marquerait. Elle attaque au combat. Défend au combat. A un moment donné, lorsque les adversaires supportent la charge physique ou même l’aiment, il faut autre chose. Et là, il manque à Valérie Gauvin d’avoir un autre jeu. De chercher les erreurs chez l’autre. L’expérience. Valérie Gauvin fait du Valérie Gauvin. Il faut qu’elle apprenne d’autres styles de jeu pour offrir d’autres possibilités à ses partenaires. 

Corinne Diacre (4,5/10) : Corinne Diacre a choisi un style de jeu concentrée sur la qualité défensive, elle s’est appliquée à le conserver. Rien que cela justifierait qu’elle ait au-dessus de la moyenne. Dans ce cadre, elle a mis de côté des joueuses qui auraient pu être dans les 23. Kheira Hamraoui, Claire Lavogez, Aurélie Kaci, et Marie-Antoinette Katoto, Selma Bacha. Ce n’est pas pour cela que je trouve son mondial moyen car ce sont des choix avant la compétition. Ce n’est pas pour autant pour ses conférences de presse dont je pense qu’elles sont le résultat de tensions extérieures.

Pour moi, l’erreur importante de Corinne Diacre se trouve dans l’utilisation des 23. On a eu le sentiment d’aucune concurrence surtout après des matches qui le justifiaient. Ensuite, faute de profils différents, la coach s’est limitée dans la capacité à jouer autrement. Certaines titulaires méritaient le banc et des jeunes comme Geyoro, Tounkara, Perisset, Clemaron, Cascarino auraient dû jouer dans un 11 car elles sont l’avenir de l’EDF. Je pense que c’est une erreur qui a crée une frustration, les mettant en situation de subir un événement sans leur donner la confiance de s’y opposer ou d’agir. Je pense que la gestion des 23 s’est payée sur ce France-Usa, d’autant que les titulaires avaient joué une prolongation contre le Brésil. La veille on avait vu ce que cela avait donné avec la Norvège. Des intentions mais plus le physique pour les terminer.

D’un autre côté, la sélectionneuse a joué le jeu et l’esprit de jeu. Elle aurait pu choisir la 2e place. Elle a sélectionné pour la 1ere avec le risque de rencontrer le Brésil et les USA. Risques qu’elle assumé.

Avec les trois derniers matches gagnés aux détails, la coach de l’Equipe de France subit mon coeur français : le défaut de match à émotions où la France s’impose sans souci au contenu. Un défaut qui crée de la frustration et certainement un excès dans la note proposée.

FFF (4/10) : En fixant cet objectif de finaliste et de titre alors que les matches de l’EDF en contenus ne valaient pas le niveau demandé, sachant qu’on allait avoir une compétition et pas de série de matches amicaux. J’espère qu’il n’a pas été donné comme un slogan pour donner de la dimension à la campagne de médiatisation du football féminin mais il a certainement contraint Corinne Diacre à s’imposer des choix d’expérience n’ayant pas les moyens de se permettre la découverte de la jeunesse et ses aléas. Un coup bien, un autre moins bien.

Un objectif accepté par la coach répondrait un avocat de la défense. L’accusation ne manquant pas de rappeler qu’il n’avait été demandé à aucune autre équipe de france auparavant. Je le descendrait à (3,5) si on avait à apprendre qu’il avait été donné pour des raisons de couverture médiatique. Médias nationaux qui n’oublieront pas qu’ils ont été utilisé “gratuitement” pour un cinquième quart de suite au final, sans match émotionnel fondateur qui ferait le lien avec l’audience future.

La course aux licenciées quelque soit le prix à payer est un mauvais calcul. Un enfant jouera de 6 à 12 ans au mieux quand il est passionné et puis après il changera. Soit avant, car les parents n’ont qu’une voiture et il faudra choisir entre club de garçons à côté et club de filles éloignés. Soit après, car les filles qui sont bonnes à l’école restent à l’école. Soit car les enfants changent de sport ou le club ferme dès lors qu’une équipe demande 11 joueuses pour jouer. Car les enfants découvrent autre chose. Un choix à court terme, la course à un indicateur qui est trompeur.

Une Coupe du Monde ne reviendra que dans 30 ans. Il aurait fallu privilégier le côté sportif plutôt que celui marketing. Avec quatre 1/4 de suite et maintenant cinq de suite, les Bleues avaient besoin de titres et de succès bien plus que de licenciées féminines.

Si la communication sur les spectateurs est positive. Les médias sportifs nationaux ne sont pas dupes du contenu et de l’émotion reçue. Après, comment réagiront-ils au quotidien ? Cela va dépendre de leur objectivité contractuelle ou non, professionnelle ou sociétale. Ce qui sûr, c’est que l’équité devrait être la mise en valeur d’autres sports féminins qui réussissent. Si bien entendu, le critère est la réussite.

Je cherche encore la raison des 10 à 12 millions d’audimat et je ne les trouve pas autour de moi, tous univers confondus. Même pour 1′. J’espère que ce n’est pas un calcul comme pour les européennes.

Comité d’organisation local (9/10) : La master franchise de la FIFA a fait un très bon travail sur ce Mondial. Vous cherchez les erreurs et vous avez du mal à les trouver. Une organisation stricte imposée par la FIFA mais un état d’esprit ouvert, avec de l’empathie qui a donné à chaque acteur le sentiment d’avoir bien participé à ce qui était bien organisé. Le meilleur indicateur, c’est celui des bénévoles. Tous et toutes ceux que j’ai questionné, aucun ne regrette sa participation. Ils et elles sont très contents d’avoir participé à un évenement mondial et ils n’aspirent qu’à une autre chose. Être présent aux JO 2024. Les spectateurs, inférieurs en nombre aux objectifs fixés, restent tous contents d’être venus. Le rapport prix-spectacle a été très bien étudié et tous les stades de Ligue 2 se frottent les mains quand ceux de Ligue 1 n’ont pas répondu présent (30 à 50% de taux d’occupation). Certainement une volonté.

Pour les remplaçantes, elles ont joué leurs cartes : Delphine Cascarino (182′), Viviane Asseyi (179′), Eve Perisset (117′), Charlotte Bilbault (98′), Sakina Karchaoui (2′), Grace Geyoro (5′). 

N’ont pas été utlisées : les deux gardiennes, Solène Durand, Pauline Peyraud Magnin. Julie Debever, Aïssatou Tounkara, Maeva Clemaron, Emelyne Laurent.

William Commegrain Lesfeminines.fr