Sonia Bompastor lançait quelques minutes avant le début du match. “On va leur faire vivre un enfer à ces américaines !”. Et tout le public s’est mis à gronder. Près à suivre. mais l’évidence est là, 45′ plus tard, les Bleues sont dans l’enfer de l’élimination à la maison devant 45.595 spectateurs et un peu plus devant leurs écrans.

Sans surprise, les USA lancent le bal à la mode américaine et Julie Ertz pointe un tir dès la première minute, Megan Rapinoe arrivant à s’infiltrer en glissant le long d’une Marion Torrent qui va vivre une mi-temps difficile.

Griedge M’BocK la transformera en délicate, à la lutte avec Alex Morgan trois minutes plus tard. L’américaine et ex-coéquipière sait qu’elle peut passer. Elle s’entête. S’impose. Oblige la lyonnaise à commettre une faute. L’attend. La demande et l’obtient.

Megan Rapinoe, l’américaine qui ne partira pas en vacances avec le Président Trump, arrivée en claquette et en propriétaire à la reconnaissance des joueuses, se pose tranquillement. Place un droit qui ne demande rien mais qui a le malheur de n’être demandé par personne. Et voilà un moment sans saveur devenir le croquemort des intentions françaises. (0-1, 4′). But et problème pour les françaises. La joueuse de 33 ans venant le célébrer en César au féminin.

Il ne s’est rien passé à l’image du temps. Un mur énorme vient de se fixer devant les espoirs français. Un but à l’américaine.

Pourtant les américaines ne proposeront rien de particulier dans le jeu. Des tirs de loin mais rien qui ne mette en sueur les supporters français.

Le problème est que les françaises seront autant inefficaces devant le but de Naesher. Il y a bien des débordements mais ils ne donnent rien. Henry pousse, Majri est au top mais l’équipe ensemble n’avance pas assez vite et bien pour les faire douter et surtout se donner confiance.

Même en second rideau, les Bleues ne trouvent pas la bonne solution pour mettre les américaines sous l’éteignoir. On aura bien une tête cadrée d’Eugènie Le Sommer (13′) au quelle Rapinoe répond par une passe sur Alex Morgan, esseulée qui trouvera la niche de Bouhaddi (14′). On a bien Gauvin qui tente sa chance (15′) mais derrière c’est un contre de Rapinoe qui trouve Mewis. On repense au tir d’Henry sur un deuxième ballon (16′) et on trouve encore Rapinoe qui centre fort du gauche (21′).

Dans le dernier quart d’heure, la présence française est plus manifeste, obligeant Jill Ellis à montrer un panneau 41 dont on cherchera un petit peu la signification ? Pas trop longtemps, s’interrogeant plutôt sur les opportunités des Bleues d’affirmer une présence dans le terrain américain.

Nous sommes à la 29′ et la France touche seulement son premier corner. Un indicateur pas très favorable. Heureusement Kadidiatou Diani sera là pour poser des problèmes physiques à Dunn, mais sans danger pour les buts américains.

A la mi-temps, la chance des française est claire. Elle ne sont menées que d’un but. Tout reste possible.

La France se fait peur mais se relance. Diani perce le côté de Dunn qui subit la loi de la française. 

Tout reste possible. C’est ce que doivent se dire les américaines en poussant fort à la 46′, par un tir d’Ertz suivi d’un poteau de Heath. Corner derrière qui verra une Alex Morgan, seule, s’essayer à un gauche qu’Amandine Henry détournera. On aurait aimé que cela soit du côté des Bleues. Malheureusement, la poussée est américaine.

Enfin la France donne le tournis aux américaines. Elles reculent. Amandine Henry place un boulet contré, qui revient détourné. Sur le corner, Eugènie Le Sommer s’impose. Le décompte des corners commence à passer du côté des Bleues (4 pour 3). Diani intenable, s’impose sur Dunn, remet à Marion Torrent pour un centre qui monte haut idéal car Valérie Gauvin s’impose quand la gardienne se troue. Malheureusement la balle revient dans le jeu et Eugènie Le Sommer la sort dans un angle fermé.

Les américaines commencent à craquer et Dunn subit le sort de Torrent. Les françaises cherchent Diani qui la met à l’index. L’américaine sur une profondeur trouve la force de tacler (59′). On voit bien que son réservoir commence à signaler la panne. Les françaises sont en mode conquistador.

Le trio d’attaque américain envoie les USA en 1/2 finale

Les américaines au-dessus doivent le sentir. Le trio d’attaque redoutable ne se rate pas d’autant que Megan Rapinoe avait un message à envoyer au Président Trump. Voilà que sur une balle déposée par Alex Morgan, le trio d’attaque se trouve avec Tobin Heath qui donne en retrait, croisé, pour servir l’américaine, 33 ans, ( 65′, 0-2) et co-meilleure buteuse avec 5 buts du Mondial 2019.

Là, le but fait mal. Un temps fort français que le trio trentenaire vient de transformer en un temps faible.

Les françaises cherchent des solutions pour être devant les buts mais n’arrivent pas à créer le moindre danger pour les américaines. Eugènie Le Sommer tentera une reprise, à l’image de la France, pas assez forte. Pas assez déterminée.

Wendie Renard, de la tête. 

C’est de Wendie Renard que viendra la solution. Un superbe coup franc de Thiney que la martiniquaise dépose pour battre Naeher (1-2). Il reste une quinzaine de minutes et le public sifflera longtemps l’arbitre et la VAR qui ne réagira pas à la main d’O’Hara dans la surface. Une main qui avait éliminé le Japon face aux Pays-bas en 1/8e de finale. 

En contrepartie, l’arbitre proposera 5′ de temps additionnel, mais les françaises n’y pourront rien. Ce seront les USA qui se qualifieront.

La France est éliminée en 1/4 comme toujours depuis 2013. Elle ne sera pas qualifiée pour les JO de Tokyo et subira la même mésaventure que l’Allemagne en 2011. Comme de nombreux pays-hôte, elle n’a pas gagné la compétition qu’elle a organisé. Un constat simple d’inefficacité offensive avec comme meilleure buteuse, Wendie Renard, 4 buts dont 3 de le tête sur coup de pied arrêté.

La prochaine compétition sera celle de l’Euro 2021. Entretemps, on aura vu les larmes des Bleues en zone mixte. Puis l’analyse de Corinne Diacre. Viendra celle de tout le monde et les décisions qui viendront avec.

La France sort d’un mondial sans y être réellement entrée à la hauteur des espérances créées pour ce Mondial.

1/4 de finale Mondial 2019. 28 Juin 2019. FRANCE ( 1-2 ) USA. Parc des Princes – Paris. Arbitres : MONZUL Kateryna (UKR). Assistantes : STRILETSKA Maryna UKR, ARDASHEVA Oleksandra UKR. Arbitre VAR : Danny MAKKELIE NED. Arbitre HJ : Chantal BOUDREAU CAN. 45.595 spectateurs.

  • . (0-1, 4′) But Megan Rapinoe qui bénéficie d’un coup franc, marqué direct. il passe dans une masse de joueuses sans être touché.
  • . (0-2, 65′) But Megan Rapinoe vient en 2e rideau crucifie Sarah Bouhaddi.
  • . (1-2, 81′) But Wendie Renard sur un coup franc de Thiney.

FRANCE : Bouhaddi – Torrent, Mbock, Renard, Majri – Henry (cap), Bussaglia – Diani, Thiney, Le Sommer (82′ Asseyi) – Gauvin (75′ Cascarino). Coach : Corinne Diacre.

USA : Naeher – O’Hara, Sauerbruun, Dahlkemper, Dunn – Ertz, Lavelle (63′, Horan), Mewis (82′, Lloyd)- Heath, Morgan (cap), Rapinoe (87′ Press). Coach : Jill Ellis.